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Burkina :Roch Marc Christian Kaboré investi président/ Voici ces grandes promesses

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Burkina : Roch Marc Christian Kaboré investi président

Roch Marc Christian Kaboré, le nouveau président élu du Burkina Faso a été investi mardi, mettant ainsi fin à la transition qui a suivi la chute en octobre 2014 de l’ex-président Blaise Compaoré.

À 58 ans, Roch Marc Christian Kaboré, ancien bras droit de Blaise Compaoré avant de passer dans l’opposition, prend la tête de ce pays, ce 29 décembre,  pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. « C’est le triomphe de l’alternance, de la démocratie et de la liberté» a salué Michel Kafando, le président de la transition.

Son élection, le 29 novembre au premier tour avec 53,46% des voix, avait été saluée par la communauté internationale. Roch Marc Christian Kaboré devient ainsi le troisième chef d’État civil sur les neuf qu’a connus ce pays d’Afrique de l’Ouest depuis son indépendance en 1960.

Conformément au calendrier, le parlement intérimaire et le gouvernement de transition ont rendu lundi leur démission.  Les chefs d’État de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal, et le président Alpha Condé de Guinée sont arrivés dès dimanche à Ouagadougou pour assister à  la cérémonie de prestation de serment et d’investiture organisée au Palais des Sports de Ouaga 2000. Plus de cinq mille officiels et partisans du nouveau régime étaient également attendus pour assister à cette cérémonie.

Jeune Afrique

 

Burkina Faso : les grandes promesses de Roch Marc Christian Kaboré

C’est l’une des mesures les plus attendues par les Burkinabés : enterrer la IVe République née en 1991 par l’instauration d’une nouvelle Constitution. « Elle sera très probablement adoptée durant le premier semestre 2016 », indique Mathias Somé, membre du bureau exécutif national du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) et coordinateur du programme électoral de Roch Kaboré.

La nouvelle loi fondamentale prévoit de limiter les pouvoirs du chef de l’Etat au profit de ceux du Parlement et de supprimer le Sénat. Autre disposition phare : la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux, proposition déjà entérinée par le Conseil national de la transition (CNT).

  • Priorité santé

Le président s’est engagé à « rendre accessible à tous des services de santé de qualité ». Un vaste chantier qui commencera par la normalisation des structures sanitaires burkinabées. Centres de santé, chirurgicaux et hospitaliers : en cinq ans, 401 établissements devraient être remis à niveau et 240 centres de santé et de promotion sociale construits.

La refonte est censée aller de paire avec le recrutement de médecins, d’attachés de santé, d’infirmiers, de sages-femmes et d’agents itinérants pour résorber les déficits actuels. Combien ? On l’ignore. Des comptoirs de recrutement seront créés dans chacune des treize régions du pays afin d’embaucher en priorité les personnes acceptant de travailler en zones rurales, là où le manque de médecins est le plus criant.

Pour que l’amélioration de la qualité des soins profite aux Burkinabés, encore faut-il qu’ils leur soient financièrement accessibles. L’accent devrait être mis sur la gratuité pour les femmes et les enfants de moins de cinq ans avec la création d’un « pacte national pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle et infantile et pour la promotion de la santé des adolescents ». En 2015, le taux de mortalité infantile au Burkina Faso restait l’un des plus élevés au monde avec 61 enfants décédés avant l’âge d’un an pour 1 000 naissances.

  • Normaliser les écoles

« Notre première mesure sera de normaliser toutes les écoles sous paillotes pour que, lors de la prochaine rentrée scolaire, tous les élèves étudient dans de vraies salles de classe », rappelle Mathias Somé. La mesure concerne 3 600 classes dans le pays. L’exécutif vise, d’ici la fin du mandat de Roch Christian Kaboré, l’implantation d’une école dans chacun des 8 000 villages burkinabés. Dans certains, les classes comptent jusqu’à 120 enfants, alors que le seuil officiel est de 50 enfants par salle. La promesse, plus qu’ambitieuse sur le papier, s’accompagne d’une volonté d’accroître annuellement le personnel enseignant d’au moins 13 %.

En parallèle, Roch Christian Kaboré compte s’attaquer à l’analphabétisme, en rendant effective l’obligation d’aller à l’école jusqu’à seize ans et en organisant des cours du soir pour les travailleurs. Selon la Banque mondiale, seuls 28,7 % des jeunes Burkinabés savaient lire et écrire en 2010.

  • Objectif « zéro corvée d’eau »

Près de 36 % des personnes vivant en milieu rural et 23 % des citadins burkinabés n’ont pas accès à de l’eau potable. « Dans cinq ans, il faut que personne n’ait à marcher plus de cinq minutes pour avoir accès à de l’eau potable », soutient Mathias Somé. Pour y parvenir, le nouveau pouvoirmise sur la construction de 4 000 kilomètres de réseaux d’adduction d’eau et de 30 réservoirs pour les villes ainsi que sur la réhabilitation de 2 500 forages dans les campagnes.

  • Moderniser le secteur agricole

De 30 à 45 % du PIB burkinabé dépend encore des activités agricoles du pays. Roch Kaboré a promis de créer une banque dédiée aux financements des petites et moyennes entreprises, pour inciter les agriculteurs qui font de l’économie informelle à créer leur société.

« Il faut aussi que nous créions de la valeur ajoutée en transformant nous-mêmes nos produits », ajoute Mathias Somé. Quasiment inexistante au Burkina Faso, l’industrie de transformation pourrait se développer avec l’implantation d’au moins 500 unités de production à échelle industrielle, capables de traiter au minimum dix à vingt tonnes de produits par jour.

Le coût des réformes promises par Roch Marc Christian Kaboré
● budget: 2 889,70 milliards de Francs CFA
SOURCE : MOUVEMENT DU PEUPLE POUR LE PROGRÈS (MPP)

Tout un programme que les Burkinabés suivront de près dans les prochains mois. Car si la situation politique s’est calmée, beaucoup de Ouagalais affirment avoir encore « un pied dehors », près à redescendre dans la rue au cas où les promesses électorales du nouveau président restaient sur le papier.
lemonde.fr

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