11142018Headline:

Burkina: Saidou Lankoandé reconnait, avoue avoir porté main à un manifestant.

Le caporal Saidou Lankoandé, trente-et-unième accusé interrogé dans le cadre du procès du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina, a reconnu lundi avoir porté des coups à un manifestant près de la place de la Nation de Ouagadougou, lors des événements.

Poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtres, coups et blessures volontaires, Saidou Lankoandé a spontanément admis avoir “involontairement frappé” un manifestant près de la place de la Nation de Ouagadougou.

Le caporal de 28 ans, père de deux enfants, a relaté que le 17 septembre, il s’est rendu en début de matinée à moto avec le sergent Jean Martial Ouédraogo à la place de la Nation, où ils ont essuyé des jets de pierres de manifestants.

C’est là qu’il a “intercepté” l’un d’eux, l’a mis à plat ventre, avant de le frapper avec sa cordelette.

“Je regrette sincèrement d’avoir frappé ce manifestant”, a déclaré Lankoandé qui dit être “triste” chaque fois qu’il y repense.

Par ailleurs, Saidou Lankoandé qui avait affirmé en phase d’instruction avoir effectué des tirs en l’air pour disperser les manifestants, est revenu sur ses déclarations à la barre, soutenant n’avoir effectué le moindre tir lors de ses deux sorties au cours des événements.

Mais selon Me Guy Hervé Kam, avocat des parties civiles, il existe des images où un témoin a “formellement identifié” l’accusé en train d’effectuer des tirs.

Dans l’après-midi du 17 septembre, le caporal dit avoir été désigné par le lieutenant Boureima Zagré pour l’accompagner à Cincansé, à la frontière entre le Burkina et le Togo, où ils sont allés récupérer des choses qu’il ignore.

Il est établi que ce jour-là, des éléments de l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP, corps dont est issu le caporal et la plupart des acteurs du putsch) sont allés récupérer a Cincansé du matériel de maintien de l’ordre.

Le 16 septembre 2015 des soldats du RSP ont interrompu le conseil des ministres qui se tenait à la présidence et retenu de force le président de la transition Michel Kafando, l’ex-Premier ministre Isaac Zida, et les ministres Réné Bagoro et Augustin Loada.

84 personnes (dont neuf en fuite) sont poursuivies pour “attentat à la sûreté de l’Etat”, lors du putsch avorté qui a résulté des arrestations des autorités.

Parmi les accusés figurent le général Gilbert Diendéré, chef de l’ex-RSP (garde rapprochée de l’ancien président Blaise Compaoré chassé du pouvoir en octobre 2014) et le général Djibril Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré.

La résistance populaire à la tentative de coup d’Etat a officiellement fait 14 morts et une quarantaine de blessés.

 

afrique-sur7.fr

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