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Cameroun -La prostitution des hommes à go,go dans un lieu-dit “Carrefour, j’ai raté ma vie”.

 

Si vous débarquez à Douala, la capitale économique du Cameroun, il est une curiosité qui n’est pas à rater: un lieu-dit “Carrefour, j’ai raté ma vie”. L’endroit grouille de monde, de jour comme de nuit, et les petits bistrots alentour diffusent continuellement une musique rendue encore plus assourdissante par la chaleur moite de la ville. Personne ne sait d’où vient ce nom. Mais ce que l’on peut voir, c’est que le “Carrefour-j’ai raté ma vie” est un haut lieu de débauche. Une journaliste du quotidien Le Jour a fait une incursion dans cet univers, à la rencontre des prostitués gays de Douala.

La journaliste raconte que, à première vue, on l’impression d’avoir à faire à de jeunes femmes. C’est le cas de Bertrand, 26 ans, et qui se fait appeler Aurélie. La description est hallucinante:

“Le jeune homme porte une perruque harmonieusement coiffée. Son visage est maquillé: fond de teint, rouge à lèvres, fard à paupières, faux cils. Il a les ongles longs, bien manucurés. Il arbore une généreuse poitrine que bien des filles lui envieraient. Mais, en fait, ces seins sont des préservatifs remplis d’eau et habilement fixés dans des soutiens-gorge. Un cache-sexe aplatit ses organes génitaux et l’illusion est parfaite.”

Ce déguisement, explique le quotidien Le Jour est pratiquement le même pour tous les homosexuels travailleurs du sexe à Douala. Un phénomène encore mal connu dans ce pays, mais qui ne semble plus surprendre personne.

Adonis Tchoudja, le président d’une association de lutte contre le sida, fait savoir que la prostitution masculine au Cameroun a pourtant démarré il y a une dizaine d’années :

 “Les acteurs qui se livrent à cette activité se considèrent comme filles libres pour les prostituées femmes, le phénomène n’ayant pas encore d’appellation courante pour les hommes.” Il ajoute que si leur nombre n’est pas encore bien déterminé, tout porte à croire qu’il s’agit d’une population à très haut risque d’exposition au VIH.

Une menace qui ne semble pas prise au sérieux par ces jeunes hommes, qui vendent leurs charmes dans les rues Douala. Big Mami, un autre jeune homme, 27 ans, qui a accepté de se confier à la journaliste du Jour, le dit sans détour :

“Quand quelqu’un me plait, s’il veut utiliser des préservatifs, on le fait ; s’il ne veut pas, on ne les utilise pas. Mais quand je n’aime pas une personne, j’utilise toujours le préservatif.”

Bien souvent d’ailleurs, le tarif est doublé pour une passe sans capote: 4.000 ou 5.000 francs CFA (entre 3 et 5 euros) au lieu de 2.000.

 

“Dès qu’on finit les rapports, je me nettoie et ça va”, explique Big Mami, certain de pouvoir éviter, par ce simple geste, d’être contaminé par le VIH.

Mais les gays qui se prostituent au Cameroun, n’offrent pas leurs charmes qu’aux hommes. Le Jour indiquent qu’ils satisfont aussi les plaisirs des femmes, souvent très âgées et délaissées ou de personnes à la santé fragile. Comme Marie-Ange, devenue paraplégique à la suite d’une crise cardiaque. Ou encore Albert, épileptique, que ses copines quittent chaque fois qu’il fait une crise. Alors, pour être sûr d’avoir du plaisir, il vient le prendre chez les garçons-filles du “Carrefour j’ai raté ma vie”.

 

Source : slateafrique.com

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