05252017Headline:

Constitutions ” violées “, élections truquées – le ” club ” des Présidents Africains jubile

president africains

Situations tendues. Mais inchangées. Peuples et Présidents se regardent en chiens de faïence. Mais les rapports de force ne sont pas les mêmes. En Afrique, les présidents ont tous les pouvoirs pour percer la seule bulle de contre pouvoir qui les empêcherait de respirer. Elections truquées, constitutions bafouées, politiques inadaptées, tout y passe pour rester au pouvoir. En plus, une solidarité parfaite symbolisée par l’Union Africaine, la CEDEAO et autres, constitue le n’ud de leur ” entreprise “, qui condamne quand un des leurs est menacé, et reste muette quand ” une forfaiture ” contre la constitution est dénoncée.

RD Congo, Guinée Conakry, Burundi, Côte d’Ivoire, Congo Kinshasa, Burkina Faso, Bénin, Gabon, Rwanda, Sénégal, liste non exhaustive. Tous ces pays Africains cités ou pas, ont récemment été indexés (ou en phase de l’être) par leurs peuples, dans une série sans fin de ” tripatouillages de constitutions ” et de ” fraudes dans des élections “. 2015 aura été une ” bonne année ” le ” club ” des présidents d’Afrique en ” danger “, menacés soit par la constitution (troisièmes mandats), ou par des peuples qui ont soif de changement.

Alpha Condé (Guinée), vient de remporter les élections haut la main, ” au vol ” selon opposition et observateurs internationaux. De graves irrégularités ont teinté le processus électoral, mais cela n’a pas empêché l’Union Africaine d’applaudir et de féliciter Alpha Condé à la tête d’une Guinée qui saigne de ses ressources, à cause de la pauvreté qui lui colle à la peau.

Denis Sassou-Nguesso vient de réussir un coup de poker digne d’un cowboy expérimenté. Il y aurait d’autres cartes sous son manche donc un ” référendum scandaleux” selon l’opposition et une partie du peuple, qui assiste impuissant à un OUI ” truqué ” 92,96 %, un boulevard pour l’actuel président de filer droit vers un autre mandat. Là aussi, l’Union Africaine trinque à son honneur.

Blaise Compaoré. Lui n’est plus président. Mais son éjection du pouvoir n’a visiblement pas enchanté ses compatriotes présidents. Il voulait lui aussi ” retoucher ” la constitution Burkinabè, mais le peuple a fait volte-face. Une victoire de la démocratie saluée par tous les peuples d’Afrique sauf le ” club des Présidents “. Compaoré a même tenté de revenir ” en force ” via son ami et sosie idéologique le général Diendéré. Un coup d’état que l’Union Africaine n’a toujours pas condamné, contrairement à ce que dit Barack Obama dans une lettre de félicitations adressée à Macky Sall, pour son leadership dans la crise Burkinabè. Cette tentative ” ratée ” de replacer Compaoré dans l’échiquier politique africain a réveillé des consciences. Du coup, le ” club ” des présidents aurait-il jugé sage de réserver un autre destin à Compaoré ? Pour l’instant l’heure est à l’observation.

Pierre Nkurunziza. Il a déjà réussi son forcing. Il s’est assis sur des morts pour briguer un autre mandat. Tout le monde s’est accordé à condamner cette manière sanguinaire de conserver le pouvoir. Les Etats Unis ont même décidé de refuser toute aide au ” Président tricheur “. Mais là , aucune réaction des présidents africains. Qui ne dit rien consent ?

Joseph Kabila. Chez lui, personne n’ose parler. En tout cas pas du futur coup d’état constitutionnel qui le replacerait au pourvoir. Il semble avoir tiré la ” leçon Burkinabè “, pas dans le sens espéré par une partie de son peuple. Les quelques mouvements citoyens africains, artistes ou opposants qui ont osé lever la voix en ont fait les frais : Membres du Filimbi emprisonnés, Y?en A Marre arrêtés, détenus puis renvoyés chez eux, Tiken Jah Fakoly (artiste) refoulé etc. Silence radio du ” club ” des présidents d’Afrique.

Ali Bongo, Yayi Boni et récemment Alassane Ouattara sont tous passés avec mention ” premier tour ” dans des élections truffées d’ ” irrégularités ” selon bon nombre d’observateurs. Des recours sont souvent déposés, mais sans suite. La technique est simple. Faire le ” job ” et observer la réaction du peuple. Si rien ne se passe (contrairement au Burkina ou au Sénégal), la ” victoire écrasante ” est proclamée et le ” club ” des Présidents envoie des lettres de félicitation.

Jean Paul Kagamé du Rwanda sourit lui aussi, applaudi par ses pairs. Une récente bonne nouvelle relayée par un site d’information en ligne lignedirecte.sn, qui aime bien suivre les ” affaires africaines ” :

” Le parlement rwandais a donné mardi son feu vert à une réforme constitutionnelle qui permettrait au président Paul Kagame de briguer un troisième mandat en 2017, affirmant n’avoir recensé qu’une dizaine d’électeurs, sur les 6 millions que comptent le pays, opposés à une telle réforme ” pouvait-on lire dans un article sur le Rwanda.

Macky Sall, le Président Sénégalais ne souffre pas de menace ” constitutionnelle “, mais de promesse non tenue. Une faute grave dans la culture de son pays. En effet, il s’était engagé devant son peuple à réduire son mandat de 7 à 5 ans, une fois élu président. C’est déjà fait. Et pour prouver sa bonne foi, il annonce un référendum sur la question, comme pour déléguer sa promesse au peuple, qui devra décider à sa place. Mais son camp se prépare déjà à la campagne pour le ” OUI ” (pour les 7ans), un doute sur son engagement personnel à réduire son mandat. Et comme au Burkina, le Sénégal s’est opposé au tripatouillage de la constitution que l’ancien Président Wade voulait adopter à l’assemblée nationale le 23 juin 2011. Là aussi, aucune réaction du ” club ” des présidents d’Afrique.

L’Afrique est connue pour ses sociétés où la solidarité est au centre des relations sociales. Mais plus qu’à ce niveau, une entente ” irréversible “, ” loyale ” et ” calculée ? ” unit les Chefs d’Etat du continent. Une fraternité qui exige à tous ses membres confiance et solidarité devant toute sorte de situation, parfois même ” contre leurs peuples “.

O.DIOUCK

Source :sen360.com

 

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