03282020Headline:

Coronavirus: la police Sénégalaise accusée de violences pendant le Couvre-feu

Des défenseurs sénégalais des droits humains ont dénoncé mercredi les excès de violence imputés sur les réseaux sociaux aux policiers chargés de faire respecter le couvre-feu entré en vigueur dans la nuit contre le coronavirus.

Des vidéos circulant abondamment sur les réseaux sociaux montrent des policiers en uniforme distribuer dans la nuit des coups de matraque à des passants isolés, frapper un chauffeur de taxi, faire tomber le conducteur d’un scooter ou se lancer, matraque à la main, à la poursuite d’un jeune homme dans la rue.

Alioune Tine, fondateur du think-tank Afrikajom Center et ancien directeur régional d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, estime que les forces de l’ordre peuvent veiller au respect du couvre-feu “dans le respect des droits humains”. “Pas de tortures, de traitements inhumains et dégradants. Pas d’usage excessif de la force”, a-t-il tweeté.

Des Dakarois ont souligné sur les réseaux sociaux que rentrer avant 20H00 n‘était pas toujours possible, à plus forte raison quand les transports en commun sont limités et que des urgences nécessitent parfois des déplacements nocturnes.

Les lieux de ces brutalités n’apparaissent pas clairement. La police n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

Une ONG, le Forum du Justiciable, juge que “ces comportements assimilables à la torture violent gravement la dignité de ces citoyens”, selon un communiqué cité par les médias sénégalais. Elle demande aux autorités de “recadrer” rapidement les policiers fautifs.

Certains internautes sénégalais saluent toutefois les méthodes de la police, les justifiant par “l’indiscipline” qui caractérise selon eux nombre de leurs compatriotes.

Le président Macky Sall a déclaré lundi l‘état d’urgence, assorti d’une interdiction stricte de circuler de 20H00 à 06H00 du matin pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Treize nouveaux cas de coronavirus ont été officiellement confirmés mercredi, portant le total à 99 depuis l’apparition du virus dans le pays le 2 mars. Neuf patients ont été déclarés guéris et aucun décès n’est à déplorer.

africanews.com

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