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Côte d’Ivoire/Burkina: Du nouveau dans le dossier Soro-Diendéré/Ce qui va se passer

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axe Abidjan-Ouagadougou: Ce qui va se passer dans le dossier Soro-Diendéré

Pourquoi le Procureur a été dessaisi du dossier

Le chef du Parlement ivoirien, Guillaume Soro, cite dans les écoutes téléphoniques au Burkina, pourrait trouver son compte dans les changements intervenus à Ouagadougou

Que va-t-il advenir des mandats d’arrêt contre l’ex-président burkinabé Blaise Compaoré, et Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, après les événements qui se sont succédé ces dernières semaines à Ouagadougou ?

C’est la question que beaucoup se posent sur ces dossiers judiciaires en cours, mais quelque peu en suspend au pays des hommes intègres. Que de rebondissements en l’espace d’une dizaine de jours dans la gestion de ces dossiers.

Le 25 avril dernier, en effet, Interpol, la force de police chargée d’exécuter les mandats d’arrêt émis par la justice militaire, aurait annoncé son incompétence dans l’affaire. Une attitude de Ponce Pilate adoptée par la police internationale qui dénonce le « caractère politique » du dossier. Comme si Interpol avait vu venir les choses, à peine elle a jeté l’éponge que, le 28 avril, la Cour de cassation de Ouagadougou a annoncé l’annulation desdits mandats d’arrêt au motif de vice de procédure. Quelques jours auparavant, en effet, l’ambiance a été au quiproquo entre le procureur militaire, le lieutenant-colonel Norbert Koudougou, et le juge d’instruction à charge de l’affaire, Sébastien Rapadnaaba.

Le premier cité, commissaire du gouvernement, reprochait au magistrat à charge de l’instruction de ne l’avoir pas informé avant d’émettre les mandats d’arrêt. La position du procureur militaire était plus ou moins connue sur la pertinence de la procédure engagée. L’officier militaire ayant déclaré, quelques temps après l’émission de ces mandats d’arrêt que les bandes incriminant certaines des personnalités visées, notamment le chef du Parlement ivoirien, Guillaume Soro, n’était pas encore authentifiée.

C’est dans cet imbroglio juridico-politique que, le vendredi 5 mai, le nouveau président burkinabé, qui aura hérité de ce dossier gênant sur l’axe Abidjan-Ouagadougou, a décidé de jouer pleinement sa partition. Roch Kaboré a procédé à un nettoyage dans l’appareil judiciaire. Par décret, il a révoqué sans état d’âme le procureur militaire pour le remplacer par son premier substitut, Alioune Zanré. Dans le même temps, le juge d’instruction, Sébastien Rapadnaaba, a été dessaisi des dossiers en cours à la justice militaire. Un changement total d’acteurs pour mettre fin à l’imbroglio politico-judiciaire et donner une nouvelle impulsion au traitement du dossier.

Et après ?

Qu-est-ce que ce changement d’hommes va induire dans la conduite de cette affaire ?

Conformément aux procédures préalablement engagées, il est consommé que les mandats d’arrêts émis par le juge Rapadnaaba ne sont plus d’actualité. A moins qu’un acteur saisisse la juridiction supérieure, la Cour Suprême en a matière -, qui serait la dernière à trancher sur la question. Si ce n’est le cas, l’on peut le dire sans risque de se tromper que le dossier est remis à plat entre les mains des nouveaux magistrats commis. Dans ce cas, il appartient au nouveau juge d’instruction d’examiner les procédures antérieures et de juger de l’opportunité ou non de les poursuivre. Ce dernier aura toute latitude d’apprécier les mandats d’arrêt émis et annulés et de prendre d’éventuelles dispositions qui s’imposerait.

Au niveau du Parquet militaire, l’on peut dire a priori qu’il n’y a pas grand changement. Le premier substitut du procureur, aujourd’hui procureur titulaire, ne devrait pas être étranger au dossier. Alioune Zanré doit bien connaître ce dossier sur lequel il aura pu travailler avec son prédécesseur. On pourrait même lui prêter les mêmes orientations sur la gestion de l’affaire que le lieutenant colonel Koudougou.

Finalement, de changement, il n’y aura pas eu grand chose. Sauf qu’avec ces nouveaux acteurs, les choses pourraient évoluer autrement. Certainement, dans le sens du respect des procédures du droit qui pourraient se faire à l’avantage des mis en cause. En l’occurrence le chef du Parlement ivoirien et d’autres acteurs cités dans le coup d’Etat manqué du Gal Gilbert Diendéré, en septembre 2014. Guillaume Soro peut déjà se frotter les mains de n’être plus sous le coup d’une poursuite judiciaire du Burkina Faso. Mais en plus, s’il devrait l’être à l’avenir, il pourrait bénéficier de plus d’égard qu’il ne l’aura été dans la gestion de ce dossier sous la transition du Premier ministre Isaac Zida, et de ceux qui auraient poursuivi son action.

L’engagement, du reste, des présidents Kaboré et Ouattara à privilégier la voie de la diplomatie dans la gestion de l’affaire, donne de réels espoirs au n°2 ivoirien qui, lui-même, ne s’en cache pas. « Le président Ouattara s’est élevé contre une certaine manière de faire, qui viole les us et coutumes diplomatiques, et bafoue l’excellence des relations entre nos deux États. Il a réaffirmé sa volonté de régler ce différend entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso par la voie diplomatique. C’est également notre position », répondait Guillaume Soro dans un entretien accordé au magazine français, ”Le Point”. Une réaction qui annonce de nouveaux présages dans le sens du réchauffement des l’elations de bon voisinage sur l’axe Abidjan-Ouagadougou.

F.D.BONY

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