07202017Headline:

Devoir de memoire/incroyables révélations de L’Eléphant déchaîné / Gbagbo avait versé 12 milliards à Compaoré /les raisons

gbagbo et compaore

APO: Gbagbo a versé 12 milliards à Blaise Compaoré qui…donnait 20 millions/mois au FPI (incroyables révélations de L’Eléphant déchaîné)

Sacré Blaise Compaoré! Il avait prophétisé, à la suite de la marche réprimée de l’opposition à Laurent Gbagbo en mars 2004, que «Laurent Gbagbo finira au TPI comme Milosevic».

Ça a presque failli se réaliser à 100%. Puisque Gbagbo n’a pas fini au TPI (Tribunal Pénal International «pour la Côte d’Ivoire») mais plutôt à la Cour Pénale Internationale où il est actuellement jugé avec Blé Goudé pour plusieurs faits qualifiés de «crimes contre l’humanité».

Mais pour arriver devant cette cour, Gbagbo en a fait du parcours avec Blaise Compaoré. D’abord, en tant qu’opposant à Félix Houphouët-Boigny, puis à Bédié jusqu’en 1999.

Une longue période au cours de laquelle le FPI a bénéficié d’un financement mensuel provenant des poches de Blaise Compaoré à hauteur de près de 20 millions par mois.

Mais dès que Gbagbo accède au pouvoir dans des circonstances particulières (Coup d’Etat, violences après l’élection de 2000, charnier de Yopougon, etc.), les rapports entre les deux hommes sont exécrables.

C’est que les faiseurs du Coup d’Etat, pour la plupart, fuyant les exploits des hommes du général Guéi, s’étaient réfugiés au Burkina Faso où il leur avait été offert le gîte et le couvert. Au vu et au su du régime Gbagbo dont les «sécurocrates» juraient être au courant du moindre mouvement de ceux qui, quelques mois plus tard, viendront faire le coup de feu à Abidjan, avant de s’incruster, à travers une rébellion, les zones Centre, Nord et Ouest du pays. Coupant le pays en deux parties.

 

Après avoir fait le tour du monde à la recherche de la paix avec des Accords qui n’apporteront pas la paix et le désarmement des ex-Forces Nouvelles, Laurent Gbagbo, paraît-il, aura une idée de génie. Discuter directement avec ses «ennemis» dans le cadre du fameux «Dialogue Direct».

Mais il faillait trouver un chef d’Etat ayant suffisamment d’influences sur les ex-Forces Nouvelles afin de les convaincre de s’asseoir avec lui ou ses émissaires pour discuter des conditions de leur «dépôt des armes».

TAGRO DESIRE EST ENVOYE A OUAGADOUGOU

Considéré par le régime Gbagbo comme le soutien multiservices des «Rebelles» à son régime, Blaise Compaoré sera choisi comme le facilitateur idéal pour conduire les négociations.

Pour ce faire, Désiré Tagro, ex-Ministre de l’Intérieur de Laurent Gbagbo, est envoyé auprès de Blaise Compaoré pour le convaincre d’accepter de présider les négociations directes. Mais lorsque Tagro Désiré expose l’objet de sa visite, l’ex-homme fort de Ouagadougou pose une condition financière lourde. Il exige, ni plus ni moins, le versement intégral de la somme de 12 milliards de FCFA avant de donner son accord, et promet que si Gbagbo satisfait à cette condition, il mettra tout en œuvre pour lui permettre de dormir tranquille en amenant les ex-Forces Nouvelles à accepter de signer un accord avec lui, accord qui aboutirait à la fin de la crise, au désarmement des combattants et à l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle où il aurait son soutien. Quand Tagro rentre à Abidjan pour faire le point à Gbagbo, ce dernier, avant de prendre une décision au sujet de la condition posée par Blaise Compaoré, décide de réunir son cercle de fidèles comprenant les caciques qui ne voulaient d’aucune faveur faite aux ex-Forces Nouvelles. L’idée de verser 12 milliards de FCFA à Blaise Compaoré ne fait pas l’unanimité au cours de la réunion.

L’attention de Gbagbo est attirée sur le rôle présumé joué par Blaise Compaoré dans la naissance de la rébellion, et ce que cette rébellion avait déjà coûté au pays en termes de dépenses et de dégâts matériels.

«J’AI ACHETE TOUS LES CHEFS REBELLES, SI JE PEUX ACHETER LEUR PARRAIN»

«Si je savais qu’on pouvait acheter les hommes avec de l’argent, je n’aurais pas dépensé autant d’argent pour acheter des armes». Ils sont nombreux, les Ivoiriens qui se souviennent de ces étranges paroles prononcées par Laurent Gbagbo, juste quelques jours après la signature de l’Accord de Ouagadougou. Il savait de quoi il parlait, l’intrépide Laurent Gbagbo. Depuis 2003, juste après le foireux accord de Linas-Marcoussis en France, secrètement, Laurent Gbagbo versait à tous les chefs, les plus en vue de l’ex-rébellion, la somme de cinq millions par mois. Et, par cet acte, il s’était persuadé qu’il pouvait les avoir tous dans la poche. Son idée, d’une certaine manière, avait fonctionné.

Aussi, lorsque certains de ses camarades attirent son attention sur l’erreur qui consisterait à verser 12 milliards à Blaise Compaoré pour présider les négociations, Gbagbo balaie tous les arguments du revers de la main. Quelques jours après la réunion, convaincu que c’était le prix à payer pour avoir la paix, il verse, naïvement, l’entièreté des 12 milliards de FCFA à Blaise Compaoré.

Quelques jours plus tard, débutent les négociations entre les parties, précisément, le 3 février 2007. Elles dureront jusqu’au 3 mars 2007. 24 heures plus tard, l’Accord de Ouagadougou portant sur le processus électoral, le désarmement et la réunification du pays est signé.

Soro Guillaume, le leader politique de l’ex-rébellion est nommé par Gbagbo Laurent à la Primature, en qualité de Premier ministre, le 29 mars 2007. Deux semaines plus tard, le même Gbagbo prend une mesure d’amnistie pour l’ensemble des ex-combattants.

Croyant avoir, à coups de milliards, acheté tous les ex-rebelles, leur ex-chef, et Blaise Compaoré considéré par son régime comme leur parrain, Gbagbo n’entend pas les réserves de ses camarades qui lui déconseillent, trois ans plus tard après la signature de l’Accord de Ouagadougou, d’aller à l’élection présidentielle sans que les ex-rebelles aient été entièrement désarmés.

La suite, on la connaît…

DANIEL SOVY, in L’Eléphant déchaîné n°454

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