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En campagne à Mopti, dans le centre du Mali, le chef de file de l’opposition a promis « la paix » dans cette région du pays où les violences intercommunautaires se multiplient depuis trois ans.

En campagne à Mopti, dans le centre du Mali, le chef de file de l’opposition a promis jeudi « la paix » dans cette région du pays où les violences intercommunautaires se multiplient depuis trois ans.
Dans le stade de Mopti, surnommée « la Venise du Mali », rallié par quelque 10 000 personnes, Soumaïla Cissé, principal rival du président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, est arrivé avec plusieurs heures de retard, à la tombée de la nuit, traversant en souriant, mais presque discrètement, la foule de ses partisans.

Dans sa profession de foi, celui qui avait été largement battu au second tour en 2013 par « IBK », dénonçait un « centre du pays qui s’embrase », avec des « violences intercommunautaires qui se déroulent dans un silence coupable ».

« Dialogue » et « unité »

« Il y aura la paix ici », a promis le candidat à Mopti, ville où il a passé son enfance, sur un ton quelque peu professoral. Face à un public attentif mais peu expansif, cet ingénieur de formation a dit miser sur « le dialogue » et « l’unité ».

« Notre pays, le Mali, se meurt, est en difficulté. Notre pays a besoin de réactions vives et rapides », a ajouté celui qui a fait carrière dans de grandes entreprises, IBM, Péchiney ou la Compagnie malienne pour le développement textile (CMDT) avant de diriger plusieurs ministères, dont celui des Finances, et de présider de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) de 2004 à 2011.

« Il nous faut des institutions fortes, une armée à hauteur des nos ambitions », a-t-il ajouté, en rendant un hommage aux « femmes maliennes, toujours en première ligne » et en promettant la suppression des vignettes sur les motos et de taxes sur le bétail.

Lors de son intervention d’une trentaine de minutes, le candidat de 68 ans a aussi plaidé pour « un président qui se lève le matin », en allusion à la réputation de lève-tard d’Ibrahim Boubacar Keïta.

Polémique sur le fichier électoral

Soumaïla Cissé, qui se présente pour la troisième fois à la présidentielle, a également réclamé la « vigilance » face à des « manipulations » du fichier électoral par le pouvoir, qui pourraient déboucher selon lui sur des fraudes.

Le 20 juillet, l’Union pour la république et la démocratie (URD) du principal challenger d’Ibrahim Boubacar Keïta annonçait en effet l’existence d’un fichier électoral « parallèle » qui comporterait près de 1,2 millions de voix fictives – sur 8 millions d’électeurs inscrits. Pour le parti de Soumaïla Cissé, le fichier publié sur internet ne correspond pas à celui audité en avril par des experts de l’OIF et des partis politiques de la majorité et de l’opposition

Mercredi, dans le village de Soména, près de Djenné, à une centaine de km au sud de Mopti, une attaque attribuée à des chasseurs traditionnels ont fait au moins trois morts parmi les civils peuls.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. Malgré un accord de paix signé en mai-juin 2015, les violences ont persisté et se sont propagées depuis vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins.

 

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