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[En direct] – Gabon : le QG du candidat malheureux Jean Ping pris d’assaut, au moins un mort et 200 arrestations

foule greve

Au lendemain de la réélection contestée d’Ali Bongo Ondimba pour un second septennat avec 49,80% des voix, le Gabon est toujours sous haute tension. Plusieurs émeutes et pillages ont éclaté dans la capitale Libreville, où l’Assemblée nationale a été incendiée. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le QG de Jean Ping a été pris d’assaut par les forces de sécurité.il

Selon l’opposition, au moins deux personnes ont été tuées dans l’assaut. Jean Ping, annoncé perdant avec 48,23% des suffrages, a accusé les forces de sécurité d’empêcher les services de secours de prendre en charge les blessés. L’assaut, lancé en milieu de nuit, était toujours en cours jeudi 1er septembre aux premières heures de la journée.

Le déroulé des événements, minute par minute, heure de Libreville. Pour rafraîchir votre page,cliquez ici ou appuyez sur F5.

12h37 – « Six policiers ont été blessés », a précisé le commandant de la police nationale gabonaise auprès de l’AFP. « Parmi les civils, il y a très vraisemblablement des blessés vu la violence avec laquelle ils nous ont assaillis », a-t-il ajouté.

Il n’a toutefois pas pu confirmer s’il y avait des morts. Pour rappel, Alain-Claude Bilie-By-Nze, porte-parole du gouvernement, a confirmé dans la matinée la mort d’au moins une personne.

12h31 – Selon le procureur de Libreville, contacté par Jeune Afrique, il est encore trop tôt pour donner les identités des personnes interpellées.

12h25 – « Nous avons arrêté plus de 200 pillards depuis hier soir. Ils sont dans les locaux de la police judiciaire mais aussi dans les commissariats de la ville. Les pillages continuent maintenant dans les quartiers populaires », a affirmé le commandant en chef de la police nationale, Jean-Thierry Oye Zue.

12h05 – Alors que des arrestations ont été rapportées jeudi matin à Libreville, le chef de la police nationale affirme à l’AFP que « 200 pillards » ont été arrêtés.

11h59 – Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, estime à nouveau que la confiance dans les résultats du scrutin « ne peut être restaurée que par une vérification transparente, bureau de vote par bureau de vote ». Une demande également formulée par les États-Unis, la France, et l’opposition gabonaise.

11h55 – Sur RFI, Alain-Claude Bilie-By-Nze, porte-parole du gouvernement, a accusé Jean Ping d’être responsable des débordements suite à l’annonce de la réélection d’Ali Bongo Ondimba. Pour lui, les événements actuels sont « la mise en œuvre d’un plan qui a été préparé par Monsieur Jean Ping et annoncé de longue date ».

« Il avait indiqué qu’il ne reconnaîtrait pas les résultats et qu’il appellerait les Gabonais à descendre dans la rue. C’est exactement ce qu’il a fait », a-t-il poursuivi. « Nous avons tous intérêt à ce qu’il y ait de l’apaisement, parce que le Gabon n’est pas une dictature. Le Gabon est une démocratie avec des lois. S’il y a une contestation des résultats, il y a un contentieux qui peut être ouvert auprès de la Cour constitutionnelle », a ajouté Alain-Claude Bilie-By-Nze.

11h40 – Des images des manifestations mercredi à Libreville. Sur cette photographie prise par l’AFP, des partisans de Jean Ping évacuent un blessé après des heurts dans la capitale.

MARCO LONGARI/AFP

 

11h21  « Je déplore ce qui arrive sans être étonné », réagit Casimir Oyé Mba, ancien Premier ministre qui avait annoncé son ralliement à la candidature de Jean Ping le 16 août dernier. « Je pense que Jean Ping a gagné l’élection et qu’Ali Bongo veut passer en force dans des conditions encore plus flagrantes qu’en 2009 », poursuit l’ancien candidat depuis son domicile.

« Tous les jeunes qui sont descendus dans la rue expriment leur déception de ne pas avoir vu leur vote respecté », poursuit l’ancien Premier ministre et membre de l’Union nationale (UN, opposition). Ce dernier assure par ailleurs ne pas avoir eu de contacts récents avec Zacharie Myboto et Paul-Marie Gondjout, membres de l’UN et présents aux QG de Jean Ping lors de l’intervention des forces de l’ordre, selon des sources concordantes.

11h10 – L’Union européenne appelle au calme face à « une situation de crise profonde ».

11h – Le boulevard Triomphal, la grande artère qui traverse le centre de la capitale gabonaise et dessert les grandes institutions comme l’Assemblée nationale et plusieurs ministères, affiche jeudi matin les stigmates des violences, rapporte l’AFP.

Des barricades y sont encore fumantes, et des voitures calcinées et des bâtiments attaqués y sont également visibles.

10h45 – Selon notre correspondant sur place, un conseil des ministres aura lieu à 11 heures.

10h25 – Selon des sources concordantes, Internet est actuellement inaccessible au Gabon.

9h43- Selon Pierre-Claver Maganga Moussavou, candidat du Parti social-démocrate (PSD), il est impossible de prédire la suite des événements. « Dans le passé, nous avons déjà connu des réactions éruptives comme celles-ci », explique-t-il à Jeune Afrique.

« Il convient désormais à l’équipe de Jean Ping, si elle le souhaite, de porter recours auprès de la Cour constitutionnelle. Encore faut-il que cela serve à quelque chose », ajoute Pierre-Claver Maganga Moussavou, en allusion aux accusations de proximité entre le pouvoir et la Cour.

« C’est un coup dur pour ceux qui pensaient que les choses allaient enfin changer. Personnellement, j’aurais aimé que Jean Ping soit proclamé vainqueur », explique l’ancien candidat, qui avait refusé se ranger derrière la candidature de l’ancien patron de l’Union africaine.

9h35 – Des heurts ont également éclaté à Mouila, chef-lieu de la province du Ngounié, dans le centre du Gabon. C’est ce que rapporte Pierre-Claver Maganga Moussavou, maire de Mouila et candidat malheureux à l’élection présidentielle du 27 août.

« Des jeunes ont érigé des barricades hier dans la ville. Une maison liée au PDG (parti au pouvoir) a également été incendiée », rapporte le maire de la ville, contacté par Jeune Afrique.

« Je condamne ces violences et j’appelle les forces de sécurité à contenir les foules pacifiquement », rajoute Pierre-Claver Maganga Moussavou.

09h18 – Le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze, confirme la mort d’une personne, en marge de l’intervention des forces de l’ordre au sein du QG de l’ancien patron de l’Union africaine.

« Nous n’avons pas d’information sur les circonstances de la mort de cette personne, dont le corps a été découvert près du QG de Jean Ping », a-t-il indiqué.

Interrogé sur les arrestations en cours, Alain-Claude Bilie-By-Nze n’a pas précisé  le nombre d’interpellations. « Des arrestations de casseurs sont en cours », a-t-il déclaré.

9h07 – Une vue du chaos à Libreville, cette nuit :

8h55 – Selon des sources concordantes, les communications par SMS sont impossibles. D’après ces mêmes sources, il s’agirait d’éviter la propagation des rumeurs.

L’accès à Internet est également rendu difficile.

8h33 – « Nous avons connu une nuit folle, l’Assemblée nationale a été partiellement incendiée, plusieurs magasins ont été pillés », indique Aurélien Ntoutoume, député du Parti démocratique gabonais (PDG, pouvoir) à Libreville. Selon ce dernier, ces saccages sont l’oeuvre de « voyous ».

Toujours selon Aurélien Ntoutoume, un immeuble appartenant à Paul Biyoghé Mba,ancien Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba de  juillet 2009 à janvier 2012, a été incendié à Libreville dans la nuit.

8h01 – Après avoir demandé, comme l’opposition, les États-Unis et l’Union européenne un décompte des voix « bureau par bureau », le ministère français des Affaires étrangères a exprimé sa  « plus vive préoccupation ».

Dans son communiqué, la France évoque des victimes. « J’appelle, en conséquence, toutes les parties à la plus grande retenue, afin d’éviter de nouvelles victimes. Il faut que la confrontation cesse au plus vite et que la sécurité des personnes soit assurée », a ainsi déclaré le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

7h45 – Le directeur de campagne de Jean Ping, Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, contacté par Jeune Afrique, est revenu sur l’assaut mené dans la nuit de mercredi à jeudi contre le QG de Jean Ping. « Ils ont saccagé le QG. Je me trouvais juste à côté, dans le QG consacré à l’équipe de communication. À l’heure où je vous parle, les forces de l’ordre sont en train de procéder à des arrestations », a indiqué Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi.

Selon lui, plusieurs responsables de l’opposition sont en ce moment au QG de l’ancien patron de l’Union africaine. Parmi eux, Zacharie Myboto, figure de l’opposition et président de l’Union nationale.

jeuneafrique

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