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En Libye, au moins 32 morts et 159 blessés dans des combats samedi à Tripoli

Les combats, qui ont éclaté dans la nuit de vendredi à samedi 27 août à Tripoli, ont fait 32 morts et 159 blessés, selon un bilan communiqué dimanche par le ministère de la santé. Six hôpitaux de la capitale ont été touchés dans ces combats qui font craindre une nouvelle guerre en Libye, déjà en plein chaos avec deux gouvernements rivaux.

Les affrontements entre milices concurrentes, à l’arme légère et lourde, ont éclaté dans plusieurs quartiers de Tripoli (Ouest) où des rafales de tirs et des bombardements ont retenti toute la nuit de vendredi à samedi. Ils se sont prolongés samedi soir, gagnant de nouveaux quartiers, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Le calme était revenu dimanche dans la capitale libyenne, qui restait marquée par les conséquences des combats : voitures calcinés, bâtiments incendiés…

Mais des médias locaux ont affirmé qu’une alliance de milices favorables à Fathi Bachagha, chef du gouvernement rival de celui de Tripoli, qui était en route vers la capitale depuis Misrata, à 200 kilomètres à l’est de Tripoli, serait sur le chemin du retour.

Deux gouvernements rivaux

Ces combats sont d’une ampleur sans précédent depuis l’échec, en juin 2020, de la tentative du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est, de conquérir militairement la capitale, au plus fort de la guerre civile ayant suivi la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Le gouvernement basé à Tripoli a imputé la responsabilité des affrontements au camp du gouvernement rival, soutenu par M. Haftar, alors même que « des négociations devaient avoir lieu pour éviter une effusion de sang dans la capitale ». Ce gouvernement, dirigé par Abdelhamid Dbeibah, a accusé le premier ministre rival, Fathi Bachagha , basé provisoirement à Syrte (Centre), de « mettre à exécution ses menaces » de s’emparer de la ville.

Le bureau des médias de M. Bachagha a, en retour, accusé le gouvernement de Tripoli de « s’accrocher au pouvoir », l’accusant d’être « illégitime ». Il a aussi démenti toute négociation avec son rival en vue d’un accord.

Les tensions se sont exacerbées

Depuis sa désignation, en février, par le Parlement siégeant dans l’Est, M. Bachagha tente, sans succès, d’entrer à Tripoli pour y asseoir son autorité, menaçant dernièrement de recourir à la force pour y parvenir. M. Dbeibah, à la tête d’un gouvernement de transition, a assuré à maintes reprises qu’il ne céderait le pouvoir qu’à un gouvernement élu.

Les tensions entre groupes armés fidèles à l’un ou l’autre des deux dirigeants se sont exacerbées ces derniers mois à Tripoli. Le 22 juillet, des combats y avaient fait seize morts, dont des civils, et une cinquantaine de blessés.

L’ambassade américaine à Tripoli s’est dite « très préoccupée », tandis que la mission de l’ONU en Libye a appelé à « un arrêt immédiat des hostilités » en dénonçant des « affrontements (…) dans des quartiers peuplés de civils ». De son côté, le Qatar a appelé « toutes les parties à éviter l’escalade et l’effusion de sang et à régler les différends par le dialogue ».

Le gouvernement en place à Tripoli est né, début 2020, d’un processus parrainé par l’ONU, avec comme mission principale l’organisation d’élections en décembre dernier, mais elles ont été reportées sine die en raison de fortes divergences sur la base juridique des scrutins. La Libye a sombré dans le chaos après le soulèvement ayant entraîné la chute du régime de Kadhafi en 2011. En onze ans, le pays d’Afrique du Nord a vu passer une dizaine de gouvernements, deux guerres civiles, et n’est jamais parvenu à organiser une élection présidentielle.

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