10052022Headline:

En RDC, des manifestations contre la mission de l’ONU à Goma tournent au pillage.

Protesters set fire in front of United Nations Mission for the Stabilisation of Congo (MONUSCO) Headquarters in Goma, on July 25, 2022. – Protesters stormed a United Nations base in the eastern Congolese city of Goma on Monday, an AFP journalist said, demanding the departure of peacekeepers from the region. Hundreds of people blocked roads and chanted anti-UN slogans before storming the headquarters of the UN peacekeeping mission in Goma, as well as a logistical base on the outskirts of the city. (Photo by GLODY MURHABAZI / AFP)

Présente depuis vingt-deux ans dans l’est du pays, la Monusco est accusée d’inefficacité dans sa lutte contre les groupes armés.

Des centaines de manifestants en colère ont saccagé et pillé, lundi 25 juillet à Goma, les installations de la mission des Nations unies, accusée d’inefficacité dans sa lutte contre les groupes armés de l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Après avoir barricadé les grandes artères de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, ces manifestants scindés en deux groupes ont pris d’assaut le siège local de la Monusco ainsi que sa base logistique, située hors du centre-ville.

Au quartier général de la mission onusienne, les manifestants ont brûlé des pneus et du plastique devant le portail, avant d’escalader et de vandaliser l’enceinte, a constaté un correspondant de l’AFP. Ils ont ensuite cassé des vitres, des murs et pillé des ordinateurs, des chaises, des tables et des objets de valeur. Des agents de la Monusco présents sur le site ont été évacués à bord de deux hélicoptères. De l’autre côté de la ville, des scènes similaires se sont produites sur la base logistique de la Monusco, où un élève en uniforme a été atteint à la jambe par une balle tirée de l’intérieur du site.

La police onusienne a usé de bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants, avant l’intervention des militaires des forces armées congolaises. Plusieurs manifestants ont été interpellés. Le gouvernement « condamne fermement toute forme d’attaque contre le personnel et les installations des Nations unies. Les responsables seront poursuivis et sévèrement sanctionnés », a écrit sur Twitter Patrick Muyaya, porte-parole de l’exécutif congolais.

« La Monusco dénonce vigoureusement l’attaque de ses locaux à Goma […] perpétrée par un groupe de pilleurs en marge d’une manifestation qui, de surcroît, a été interdite par le maire », écrit la mission dans un communiqué, se disant « très préoccupée par ce très grave incident qui intervient au lendemain de propos hostiles et de menaces non voilées émis de la part d’individus et groupes à l’encontre des Nations unies ».

Lors d’un meeting le 15 juillet à Goma, le président du Sénat, Modeste Bahati, avait demandé à la Monusco de « plier bagage » après vingt-deux ans d’une présence qui a échoué à rétablir la paix dans l’est de la RDC, déstabilisé depuis près de trois décennies. Lundi, la manifestation avait été organisée à l’appel des organisations de la société civile et de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti du président Félix Tshisekedi.

« Ils ont dit qu’ils n’ont pas la force pour combattre le M23 [Mouvement du 23-Mars, un groupe rebelle], maintenant qu’est-ce qu’ils font encore chez nous ? », s’interroge Shadrac Kambale, chauffeur de taxi-moto à Goma. Plusieurs manifestants reprochent à la Monusco son impuissance à enrayer les violences et les attaques de la centaine de groupes armés actifs dans l’est du pays. Comme Christian Kambale : « Depuis que cette guerre a commencé au Congo, nous n’avons jamais vu une seule preuve que la Monusco ait éradiqué un groupe armé », déplore-t-il. « On ne veut plus voir la Monusco marcher dans les rues de Goma, on ne veut même plus voir ses avions survoler l’espace aérien de la République », ajoute Sankara Bin, un autre manifestant.

Présente en RDC depuis 1999, la Monuc (Mission de l’ONU au Congo), qui est devenue la Monusco (Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC) avec l’évolution de son mandat en 2010, est considérée comme l’une des plus importantes et des plus coûteuses missions de l’ONU au monde, avec un budget annuel d’un milliard de dollars. La mission compte actuellement plus 14 000 soldats de la paix.

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