07012022Headline:

En Tunisie, le limogeage de deux femmes juges pour « outrage aux mœurs » indigne les féministes.

Une affaire d’adultère, que le président Kaïs Saïed a invoquée pour justifier la révocation d’une magistrate, a opportunément ressurgi sur les réseaux sociaux.

Au limogeage s’est ajoutée l’opprobre. Révoquée par le président tunisien Kaïs Saïed mercredi 1er juin avec 56 de ses collègues magistrats, Keira Ben Khelifa est l’objet, depuis le début du mois, d’une campagne de harcèlement en ligne. La juge a vu sa vie privée déballée sur les réseaux sociaux, et notamment la liaison hors mariage, qui lui a valu d’être accusée d’« outrage aux mœurs ». Un motif invoqué par le président Kaïs Saïed lui-même.

L’affaire dont s’est emparée la Toile remonte à 2020. La juge, qui s’est confiée depuis à des médias locaux, explique avoir accueilli chez elle un soir un homme avec lequel elle avait une liaison. L’épouse de ce dernier, qui cherchait à prouver l’adultère de son mari, a prévenu les forces de police. Une intervention qui a eu des conséquences judiciaires et obligé Keira Ben Khelifa à se soumettre à un test de virginité. En Tunisie, l’adultère est passible de cinq ans d’emprisonnement et l’outrage aux mœurs d’un an selon le Code pénal.

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