06232024Headline:

Éthiopie : deux employés humanitaires tués, dans une région en proie à des troubles

L’organisation humanitaire Catholic Relief Services (CRS) a annoncé mardi 11 avril la mort de deux humanitaires par balles au cours du week-end en Amhara, région au nord de l’Éthiopie, en proie à des troubles depuis plusieurs jours.

Des manifestations et blocages de routes en Amhara sont rapportés depuis jeudi, après que le gouvernement fédéral a entamé le processus de désarmement et de réaffectation dans l’armée fédérale ou la police de membres d’unités militaires sous autorité régionale.

Des circonstances «inconnues»
Appelées «forces spéciales» en Éthiopie, ces unités ont été mises sur pied hors de tout cadre légal depuis une quinzaine d’années par certains États régionaux.

«Chuol Tongyik, un responsable de la sécurité, et Amare Kindeya, un chauffeur, ont été tués par balles dans un véhicule du CRS dans la région de l’Amhara sur leur trajet de retour vers Addis Abeba après une mission», explique le CRS.

«Les circonstances de leur meurtre», survenu dimanche, «sont inconnues», précise l’ONG catholique basée aux États-Unis.

Selon son site internet, le CRS travaille en Éthiopie depuis près de 60 ans. La situation est difficile à évaluer en Amhara, interdite d’accès à la presse «pour des raisons de sécurité».

Ce lundi, des restrictions, notamment de circulation nocturne et de réunions, ont été imposées à trois des principales villes d’Amhara : Gondar, Dessie et Debre Birhan.

Ces règles ont été édictées par le «poste de commandement» militaire de chacune des villes, laissant supposer que l’armée fédérale est désormais en charge de leur sécurité.

Abiy Ahmed, premier ministre éthiopien
Dimanche 9 avril, le premier ministre Abiy Ahmed a assuré que le processus de désarmement irait à son terme «quel qu’en soit le prix» et averti «que la loi s’appliquerait contre ceux jouant délibérément un rôle déstabilisateur».

Le gouvernement assure que le processus se déroule dans toutes les régions et pour l’heure les troubles sont limités à l’Amhara, dont les «forces spéciales», puissantes, ont apporté une aide cruciale à l’armée fédérale durant les deux ans de conflit armé contre les autorités de la région du Tigré.

Un accord signé en novembre a mis fin à cette guerre, mais l’Éthiopie reste déchirée par de multiples conflits locaux, souvent liés au réveil de revendications identitaires et foncières depuis la nomination de Abiy Ahmed en 2018, après trois décennies de régime d’une coalition dominée par la minorité tigréenne.

Deuxième peuple d’Éthiopie en nombre, les Amhara en ont longtemps constitué l’élite politique et économique du pays. Des conflits territoriaux les opposent aux Tigréens, mais aussi aux Oromo, le peuple le plus nombreux d’Éthiopie.

 

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