05252017Headline:

Exclusive : Alpha Barry depuis New York : fait de nouvelle révelation sur les écoutes« Le Burkina ,la Côte d’Ivoire ,Hamed Bakayoko , Soro et moi »

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Interview exclusive : Alpha Barry ministre des Affaires étrangères depuis New York : « Le Burkina , la Côte d’Ivoire , Hamed Bakayoko , Soro et moi »

Son Excellence Alpha Barry , ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Burkinabè de l’Extérieur, fait de nouvelles révélations sur la gestion de l’affaire des écoutes téléphoniques dans laquelle était cité le Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro. Une affaire qui avait été réglée par voie diplomatique entre Abidjan et Ouaga. L’Intelligent d’Abidjan l’a rencontré à New York, en marge de la 71ème Session de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Interview exclusive.

Excellence , le thème de la 71ème Session de l’Assemblée Générale de l’ONU était : « Les objectifs du développement durable, une impulsion universelle pour transformer notre monde ». Quelle était la position du Burkina Faso sur ce thème ?

La position du Burkina Faso est la position commune de beaucoup de pays africains, surtout les pays sahéliens que nous sommes. Vous savez, le Burkina Faso est un pays aux ressources limitées, un pays où les populations se battent au quotidien pour s’assurer un repas par jour. En tous cas, ce sont des millions de personnes qui sont dans cette situation. Ce n’est pas du tout facile. Donc la résilience des populations est à saluer. Du coup, nous faisons face à des problèmes d’environnement, d’agriculture, d’eau, de santé…Donc toutes sortes de difficultés qui rendent la vie quotidienne difficile pour ces populations. Et aujourd’hui, on est pour qu’il y ait réellement de vrais partenariats avec des investissements massifs dans nos pays pour véritablement changer les choses. Jusque-là, on a essayé plusieurs schémas dont les résultats restent limités. Donc la meilleure solution, ce sont des plans Marshal pour nos pays. Et on plaide pour cela.
Le Président Roch Marc Christian Kaboré a présidé la rencontre de haut niveau sur « L’autonomisation des femmes et dividende démographique au sahel ». Qu’a-t-il dit en ce qui concerne ce thème ?

Justement , vous connaissez le rôle de la femme au Burkina. Elle a un rôle pivot dans la famille , c’est elle qui se bat au quotidien pour nourrir les enfants, elle aide beaucoup le mari dans les tâches quotidiennes en plus du ménage. Et aussi elle assure également l’économie familiale. Mais en même temps, les femmes burkinabè sont reconnues comme des femmes qui s’organisent et qui sont dans des associations, dans des organisations de la société civile et dans des activités de production et de commercialisation pour le bien-être de la famille. Nous voulons que les femmes soient dans des positions où elles sont autonomes dans leurs activités, où elles ne dépendent pas forcement des hommes. Par exemple, l’accès à la terre pour les femmes dans nos pays n’est pas évident. Parfois ce sont les hommes qui ont accès à la terre. Donc c’est là qu’il faut qu’on travaille. Évidemment, le dividende démographique ne se limite pas seulement aux femmes, il y a aussi la jeunesse. Le Burkina est caractérisé par une jeunesse combattante, celle qui a fait ses preuves pendant les moments de lutte, de révolution et autres. Donc comment capter cette énergie qui est générée par cette jeunesse-là, pour la transformer en une énergie de développement. Cette jeunesse à qui il faut offrir des emplois, des jeunes qui vont créer, qui vont se prendre en charge à travers leurs propres entreprises. C’est tout ça la problématique du dividende démographique à la fois pour les femmes, mais aussi pour toute cette jeunesse qui est assez importante au Burkina.

Excellence, le Président Alassane Ouattara était en campagne et en lobbying ici à New York, car son pays, la Côte d’Ivoire, est candidat à un siège de membre non-permanent au Conseil de sécurité. Que pense le Burkina Faso de cette candidature ?

La Côte d’Ivoire, c’est notre pays voisin, notre pays frère et allié. Si la Côte d’Ivoire est candidate à un siège non-permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, le soutien du Burkina Faso est naturel. Il y a des accords qui nous lient avec ce pays, on se soutient mutuellement. C’est une évidence.

Comment se porte le Burkina, un an après le putsch manqué, que certains observateurs ont qualifié de coup d’État le plus bête du monde ?

Le Burkina se porte bien. Et le Burkina essaye de se relancer après les élections. Il y avait eu deux années d’agitations politiques, plus l’année de la transition, donc on peut dire qu’il y a eu trois années de crise qui ont plombé l’économie et les activités dans le pays. Nous sommes donc dans un processus de relance de l’économie. Mais on a tout de suite fait face aux attentats du 15 janvier 2016 à Ouagadougou et il y a quelques attaques qui continuent à cause de notre proximité avec le Mali. Tout cela ne facilite pas ce processus de relance de l’économie, mais il ne faudrait pas que l’aspect sécuritaire prenne le pas sur cette relance. C’est pourquoi le Burkina organise une Table ronde les 7 et 8 décembre 2016 à Paris en France, pour mobiliser davantage de ressources additionnelles pour financer le Plan national de développement économique et social que nous avons élaboré récemment.
Rentré récemment de son exil d’Abidjan, le dernier Premier ministre de Blaise Compaoré, a été arrêté et inculpé au Burkina Faso. Pourquoi ? N’y a-t-il pas une véritable chasse aux sorcières qui se poursuit au Burkina ?

D’abord, il faut savoir que c’est une question qui relève de la justice. Aujourd’hui, il y a une nette séparation entre la justice et le pouvoir. Et cela a été consacré par des lois prises sous la transition. Désormais, il n’y a aucune emprise du gouvernement sur la justice. Donc on ne peut pas parler de chasse aux sorcières de la part du gouvernement burkinabé. D’ailleurs le gouvernement a reçu l’opposition. Je ne sais pas quelles sont les raisons au niveau de la justice burkinabé en ce qui concerne l’incarcération de l’ancien Premier ministre Luc-Adolphe Tiao. Le ministre de la Justice lui a rendu visite en prison pour voir les conditions dans lesquelles il était détenu. Selon les informations que nous avons reçues, il a dit qu’il n’avait pas de problèmes en tant que tel. Qu’il était bien traité. Ceci est donc le témoignage de la bonne volonté du gouvernement, le fait que le ministre de la Justice rende visite à l’ancien Premier ministre Tiao à la prison.

Guillaume Soro, le Président du parlement ivoirien, est un ami à vous. Vos relations personnelles se sont-elles distendues, détériorées, depuis l’affaire dites des écoutes téléphoniques ?

Non, non ! Vous savez, moi je suis ami à tout le monde. Guillaume Soro est un ami. Évidemment nous sommes chacun dans des positions un peu différentes dans nos pays respectifs. Donc nous sommes amenés à défendre certaines positions et à gérer certaines situations. Sinon nous demeurons des amis.
Le ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité de Côte d’Ivoire Hamed Bakayoko, est également un ami à vous. Que vous a-t-il dit au sujet de Guillaume Soro, puisque vous êtes très proches tous les trois ? A-t-il partagé avec vous, en privé, son amertume vis-à-vis de ce scandale dans lequel il a été cité ?

Je peux avouer une chose, c’est que Hamed Bakayoko a beaucoup travaillé pour régler le problème de Guillaume Soro. Lui et moi avions beaucoup échangé durant cette période. Il était notre principal interlocuteur sur ce dossier. Je parle du règlement diplomatique des conséquences nées de cette affaire. Hamed Bakayoko a énormément travaillé sur ce dossier. On a travaillé en tout cas ensemble sur ce dossier.
Des élections présidentielles ont eu récemment lieu au Gabon, où deux candidats revendiquent la victoire. Dites-nous pour qui roule le Burkina Faso ? Pour Ali Bongo ou pour Jean Ping ?

Vous savez très vite le Président de la République du Burkina a appelé à l’apaisement et a demandé une intervention de l’Union africaine pour pouvoir calmer le jeu. Il a eu raison très tôt puisqu’effectivement après, l’Union africaine s’est impliquée et aujourd’hui il y a des observateurs de l’UA pour aider la Cour constitutionnelle du Gabon. Les présidents sont choisis par le peuple gabonais , et le Burkina ne peut pas être en soutien à un quelconque candidat en particulier.

Réalisée par Joël Touré , envoyé spécial à New York

lintelligentdabidjan.info

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