07212024Headline:

Ghana: le Nigeria en colère suite aux traitements de ses ressortissants

Le gouvernement nigérian a fortement dénoncé le traitement et le harcèlement dont sont sujets ses ressortissants vivants au Ghana. Des allégations aussitôt démenties par Accra. La situation illustre les tensions persistantes entre les deux pays.

Les autorités ghanéennes ont réagi aux allégations du gouvernement du Nigeria concernant le traitement réservé aux citoyens nigérians vivant au Ghana. Ces protestations font suite entre autres à la fermeture de centaines de commerces appartenant à des Nigérians dans le pays.

A travers un communiqué publié le 28 août et signé du ministre de l’Information, Lai Mohammed (photo), le gouvernement nigérian accuse les autorités du Ghana de saboter les relations diplomatiques avec le Nigeria. Il dénonce le harcèlement, les arrestations, les expulsions incessantes de ses citoyens sur le sol ghanéen.

Le communiqué évoque notamment la fermeture récente de magasins appartenant à des Nigérians au Ghana. « Plus de 300 magasins de Nigérians ont été fermés pendant quatre mois à Kumasi en 2018 ; plus de 600 en 2019, et plus de 250 actuellement », s’indignent les autorités nigérianes. Relevant également les conditions d’établissement de permis de résidence pour lesquels le service d’immigration du Ghana a imposé des frais énormes, bien plus élevés que les frais appliqués par le service d’immigration nigérian.

« Il s’agit notamment de la carte d’identité de non-citoyen obligatoire (120 $ et 60 $ pour le renouvellement annuel) ; d’examens médicaux, y compris celui de la covid-19 qui a été récemment introduit, environ 120 $, et le paiement du permis de séjour (400 $ contre les 7000 nairas – environ 18 $ – payés par les Ghanéens pour la carte de séjour au Nigeria) », a déclaré le ministre Lai Mohammed.

Les autorités ghanéennes se défendent

Niant toute intention de harcèlement des citoyens nigérians au Ghana, les autorités ghanéennes ont pour leur part affirmé leur « attachement au maintien des relations chaleureuses avec toutes les nations sœurs, y compris le Nigeria ».

Le gouvernement ghanéen par le biais du ministre de l’Information, Kojo Nkrumah, s’est défendu en soutenant que « la fermeture des magasins est le résultat d’infractions aux lois ghanéennes. Même dans ce cas, les personnes touchées qui ne sont pas seulement des Nigérians ont eu suffisamment de temps pour régulariser leurs documents ».

Au sujet « des frais exorbitants » pour le permis de séjour, Kojo Nkrumah a indiqué que tous les étrangers qui demandent le permis au Ghana payent les mêmes frais et qu’ils ne sont pas spécifiques aux Nigérians.

Enfin, les autorités ghanéennes ont expliqué que les 700 Nigérians qui avaient fait l’objet d’expulsion en 2019 l’avaient été suite à leur implication dans des activités criminelles telles que la fraude, la prostitution, le vol à main armée.

Des incidents qui se multiplient

Les tensions qui persistent actuellement entre ces deux pays d’Afrique de l’Ouest sont la conséquence d’une série d’événements. Dans un entretien réalisé le 15 août, le président de l’Union des commerçants nigérians au Ghana, Chukwuemeka Nnaji, a affirmé que les magasins appartenant à des commerçants nigérians à Accra ont été fermés par les autorités ghanéennes qui leur ont exigé un paiement en espèces d’un million $ avant leur réouverture.

Plus tôt au mois de juin, la destruction des locaux du Haut-commissariat du Nigeria au Ghana avait créé un incident diplomatique entre les deux pays.

Par ailleurs, en 2019, les autorités ghanéennes avaient mal vécu la fermeture sans préavis des frontières du Nigeria sous le prétexte de combattre la contrebande et protéger ses industries locales. « Bien sûr, cette décision a fini par nuire aux exportateurs ghanéens et a mis bon nombre d’entre eux à genoux sur le plan financier alors que des camions étaient bloqués à la frontière de Sèmè Kraké pendant des mois », a déclaré la ministre ghanéenne des Affaires étrangères, Shirley Ayorkor Botchwey.

Melv Sage

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