09222017Headline:

Guerre des mots entre le Président du Tchad Idriss Déby et le president ivoirien Alassane sur le Franc CFA/ce qu’ils disent

Panafricanistes et collaborationnistes, appellons ainsi les groupes d’acteurs qui occupent la scène politique et économique ces derniers mois en Afrique. Les panafricanistes sont des masses populaires guidées par des intellectuels du continent africain qui ne comprennent toujours pas la mainmise de la France sur l’économie de ses anciennes colonies. Quant aux collaborationnistes, c’est une coterie d’élites noirs de peau mais occidentalisés, ils pensent et disent haut et fort que sans la France les anciennes colonies n’auraient jamais été des Etats modernes.
A la faveur de la résurgence de la lutte contre le franc Cfa, le dernier acte à Dakar au Sénégal a poussé l’activiste Kémi Séba à brûler un billet de banque de cinq mille francs Cfa. Parmi les défenseurs de la souveraineté économique les enrôlements se poursuivent. Ainsi des sommités africaines dont la mégastar du reggae l’Ivoirien Alpha Blondy et le chef de l’Etat tchadien se sont récemment érigés en véritables défenseurs d’une monnaie propre aux Africains qui ne serve pas les intérêts d’une puissance étrangère fut-elle la France. Le premier qui a appelé à la libération de Kémi Séba arrêté le vendredi 25 août puis relaxé trois jours est l’artiste ivoirien. Alpha Blondy a même mobilisé les partisans de la monnaie souveraine à signer la pétition pour la libération du président de l’Ong Urgences Panafricanistes. Mais la star mondiale du reggae n’a fait qu’entrer dans une porte entrebaillée. Avant lui le président du Tchad Idriss Déby Itno s’était déjà signalé sur le terrain d’une monnaie souveraine africaine.
« Il y a 3 français qui siègent au conseil d’administration de la banque centrale et qui ont le droit de véto. » A déclaré le chef de l’Etat tchadien.

Idriss ne s’est pas arrêté là ; après avoir pointé un point accusateur sur la France ancienne puissance colonisatrice des Etats membres des zones Uemoa (Afrique de l’Ouest) et Cemac (Afrique centrale), il est vivement monté au créneau. « Nous ne voulons plus que notre monnaie soit gérée par le trésor français. Comment voulez vous qu’on avance dans ses conditions ? Il faut la renégocier afin qu’elle devienne réellement notre monnaie. » S’est élevé Idriss Déby Itno. Un discours qui tranche avec les usages dans les relations franco africaines.
En pareille situation, la France qui sait que ses intrusions sont très mal perçues sur le continent africain se garde bien d’intervenir par elle-même. Très souvent l’ancienne métropole pousse dans le dos un de ses affidés locaux. Cette donne s’est encore vérifiée sans coup férir.
Alors que le Président du Tchad Idriss Déby Itno se pose en défenseur des intérêts africains et que la grande Afrique s’attend légitimement à un soutien massif de ses paires, c’est tout le contraire qui se produit. La voix discordante est venue, non pas de la France mais d’un pays africain notamment de la Côte d’Ivoire.
Alassane Dramane Ouattara le chef de l’Etat ivoirien s’est voulu plus royaliste que le roi. « J’ai été gouverneur de la banque centrale je n’ai jamais vu un français dans mes bureaux. »
A indiqué Ouattara à l’issue d’une audience avec Emmanuel Macron le président de France dont on imagine aisément le menu. Et Alassane Dramane Ouattara de poursuivre : « Le CFA est une monnaie indépendante gérée par les africains » . A ajouté le chef de l’Etat ivoirien.
Comment donc comprendre que des Africains dénoncent la politique d’asservissement de la France en Afrique et que ce soit un autre Africain qui s’érige en défenseur de l’oppresseur ? En tout cas si c’était la mission qui lui était assignée par la France après ses deux réceptions en deux mois à l’Élysée, Alassane Dramane Ouattara aura montré que les panafricanistes ne font pas l’unanimité.
Simplice Allard G
Source: letempsinfos.com

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