09282022Headline:

Il y a 60 ans, l’Algérie fêtait pour la première fois son indépendance.

Overlooking Muslims waving the Algerian national flag and playing traditional music instruments while celebrating the July 1st Independence Day. | Location: Boulevard du Front De Mer, Algiers, Algeria.

« On nous a demandé de nous préparer pour un défilé, on est monté dans un bus sans savoir où on allait » : en 1962, le conservatoire de musique de Cherchell entame une tournée inoubliable.

Ce passage de flambeau, Mohamed Batache l’attend depuis soixante ans. Sa patience sera enfin récompensée sous le ciel nocturne de Tipaza, cité côtière située à près de 70 kilomètres à l’ouest d’Alger. La troupe de jeunes musiciens, qu’il a recrutés et formés, est invitée à participer lundi 4 juillet à la parade dans les rues de l’ancienne ville romaine, qui donne le coup d’envoi des célébrations du 60anniversaire de l’accession de l’Agérie à l’indépendance.

Depuis des semaines, l’orchestre, affilié aux scouts de Cherchell et auréolé du prix de la deuxième meilleure fanfare du pays, répète d’arrache-pied les chants militaires choisis par l’enseignant. « La relève est assurée », sourit Mohamed Batache, avec la satisfaction du devoir accompli.

Il avait presque leur âge quand il a participé aux festivités organisées lors de la proclamation de l’indépendance du pays. Aux avant-postes, comme ses élèves aujourd’hui. L’opération avait été montée dans le plus grand secret par des officiers de l’Armée de libération nationale (ALN), alors que les Algériens se rendaient aux urnes pour le référendum sur l’autodétermination, tenu le 1er juillet 1962.

A l’époque, Mohamed Batache fréquente le conservatoire national de musique de Cherchell où il apprend à jouer du saxophone. « On nous a demandé de nous préparer pour un défilé. On est monté dans un bus sans savoir où on allait. On n’avait à peine eu le temps de faire un sac », se souvient le cadet de la fanfare, qui venait de souffler ses quinze bougies.

L’entraînement se déroule dans le quartier général de la wilaya IV, un régiment de l’armée révolutionnaire, suspendu sur les pentes escarpées de l’Atlas tellien. Les conditions sont rudimentaires, la discipline de fer. Sous une chaleur à faire fondre l’asphalte, les musiciens en herbe munis de leur instrument font des allers-retours en tête d’un cortège dans lequel les maquisards, en ordre serré, apprennent à marcher au pas. « C’était tout nouveau pour eux. Ils n’avaient encore jamais fait ça », souligne le saxophoniste de la bande.

Après trois jours de répétition, au matin du 3 juillet, ils entament une tournée inoubliable. D’abord Médéa, ensuite Blida. A chaque escale, une foule en liesse, qui fait voler en éclats carcans et contraintes imposés par une longue domination coloniale. « Tahia El Djazaïr »« Istiklal »… Les cris déchirant l’air résonnent encore dans les oreilles du concertiste. « On était hébergé chez des familles. L’accueil était chaleureux. C’était un moment de communion et de retrouvailles », se souvient Mohamed Batache.

Comments

comments

What Next?

Recent Articles