09202018Headline:

Jacob Zuma : « Pourquoi nous ne laisserons pas Gbagbo en prison »

Jacob-Zuma gbagbo

Les Noirs Sud-africains qui ont lutté pendant des décennies contre l’Apartheid retrouvent en Laurent Gbagbo les valeurs dont ils ont fait preuve pour faire changer les choses. Et ce n’est pas l’actuel chef de l’exécutif sudafricain Jacob Zuma qui nous dira le contraire.

 

L’Afrique du sud réaffirme son soutien sans faille à Laurent Gbagbo et se dit prête à prendre les devants du combat pour sa libération. « Nous ne laisserons pas Gbagbo en prison. C’est une Valeur africaine inestimable ». Cette déclaration a été faite par le président sud-africain, Jacob Zuma au cours d’une rencontre qu’il a eue avec le président américain à Pretoria lors de sa tournée africaine effectuée du 26 juin au 3 juillet derniers.

 

Face à Barack Obama, Zuma a clairement exprimé son engagement à oeuvrer à la libération du président Laurent Gbagbo. Selon les sources du « Quotidien d’Abidjan », l’Afrique du Sud qui dit avoir une dette morale vis-à-vis de l’ancien président ivoirien, fait corps pour obtenir sa libération de la Cour pénale internationale (CPI), où il est injustement détenu depuis deux ans. A l’étape sud-africaine de cette tournée du président américain, Jacob Zuma et son prédécesseur Thabo MBéki ont fini par faire tomber avec des preuves tangibles et troublantes à l’appui, les écailles des yeux d’Obama sur la crise ivoirienne. Une véritable « évangélisation » qui a édifié le président des Etats-Unis sur le complot international ourdi contre Laurent Gbagbo.

 

A en croire nos sources, Thabo MBéki, médiateur dans la crise ivoirienne de 2004 à 2008, a fait comprendre à Barack Obama qu’en Côte d’Ivoire, on a mis l’innocent, la victime à la place du bourreau. Il a signifié à son interlocuteur que dans les douloureux évènements que la Côte d’Ivoire a connus depuis l’éclatement de la rébellion armée, le 19 septembre 2002 jusqu’à la crise postélectorale de 2010-2011, c’est bien Laurent Gbagbo qui a raison. Et que « c’est bien lui qui a en réalité gagné l’élection présidentielle de novembre 2010 ». MBéki ne se serait pas arrêté à de simples déclarations en l’air. Il a également invité Obama à visionner des cassettes vidéo sur la crise ivoirienne.

 

Successivement, il a regardé la cassette vidéo des massacres des dizaines de jeunes Ivoiriens par l’armée française à l’hôtel Ivoire en novembre 2004 ; la cassette sur les fraudes massives lors des élections présidentielles de 2010 au nord de la Côte d’Ivoire contrôlée à l’époque des faits par la rébellion des Forces nouvelles acquise à la cause de son adversaire Alassane Ouattara.

Une autre cassette qui montre comment les observateurs de l’Union africaine amenés par Joseph Koffi Goh ont été exfiltrés par hélicoptère de cette zone d’insécurité contrôlée par les rebelles; le bourrage des urnes avec la passivité des forces dites impartiales de l’ONUCI. Le tour d’horizon a été bouclé par la cassette des bombardements de la résidence présidentielle pendant une dizaine de jours par les avions de guerre de l’armée française et l’ONUCI en avril 2011. Au cours de cette même rencontre qui présentait le caractère d’une véritable séance de « désenvoutement» du président américain de tous les clichés dégradants et mensongers des médias de propagande contre Gbagbo, MBéki a fait, selon nos sources, une révélation de taille. Il a expliqué à Obama qu’il était au départ contre Laurent Gbagbo qu’il ne connaissait pas du tout. Mais il été amené à laisser tomber son ami Alassane Ouattara au profit de Gbagbo à cause de ses qualités humaines et sa grande valeur africaine.

 

L’ancien président sud africain a également ajouté que c’est lui qui a demandé au président Gbagbo de faire d’Alassane Ouattara un candidat exceptionnel à l’élection présidentielle une seule fois. Ce que Gbagbo a accepté en utilisant l’article 48 de la Constitution. L’ancien médiateur dans la crise ivoirienne a indiqué qu’il a demandé ce sacrifice à Gbagbo pour préserver la paix dans le pays. Le successeur de Nelson Mandela qui dit n’avoir pas misé sur le scénario contraire qui s’est produit en Côte d’Ivoire, a dénoncé devant Barack Obama la guerre injuste livrée à Séplou à cause d’une élection. C’est pour toutes ces raisons que les autorités sud-africaines n’entendent pas renoncer au combat de la libération du père de la démocratie en Côte d’Ivoire.

 

Pour elles, audelà de la dignité africaine, c’est une dette morale qu’elles ont vis-à-vis de Laurent Gbagbo qui leur a fait confiance au nom de la paix. Et d’autres actes diplomatiques se poursuivent pour la libération de celui qui avait préconisé le recomptage des voix rejeté au profit de l’usage de «la force légitime» préconisée par Alassane Ouattara et Guillaume Soro. Une injustice contre laquelle Jacob Zuma, l’UA et tous les dirigeants et citoyens de l’Afrique digne comptent se dresser jusqu’au bout. Ils demandent de ce fait le soutien de toute la communauté noire américaine. La rencontre entre Barack Oboma et cette communauté conduite par Jesse Jackson en novembre au sujet de Gbagbo constitue l’un des résultats de la séance d’exorcisme subie à Pretoria par Obama.

Serge A. Badet

Source: Le Quotidien d’Abidjan N°1050

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