09302022Headline:

La Gambie plante un millier d’arbres dans le cadre de la grande muraille verte africaine.

En Gambie, les premiers arbres de la grande muraille verte, un projet de reforestation de grande ampleur de l’Union africaine, ont été plantés hier par une communauté du nord du pays. 15 ans après le lancement de ce projet pharaonique qui devait relier Dakar à Djibouti et lutter contre la désertification, les objectifs ont été réadaptés, comme ici en Gambie. Un pays qui est justement au cœur du trafic international de bois rare comme le bois de rose, et où la découpe du bois reste une des principales sources de revenus pour certaines communautés.

Après quelques coups de pelle, Mariama Sallah, institutrice de 23 ans, enfonce une pousse de baobab dans le sol et tasse la terre. Pour cette bénévole issue d’une famille de fermiers, planter des arbres est devenu indispensable pour limiter l’impact de la sécheresse sur les récoltes.

« Dans ma famille, la plupart des gens sont des fermiers, et à cause du changement climatique certains n’ont pas un bon rendement pendant la saison des pluies. La façon dont ils produisaient avant et maintenant, c’est totalement différent. »

Parmi les jeunes pousses, on retrouve des eucalyptus, des nérés, des acajous des Antilles, des kapokiers, des baobabs et même une espèce en voie d’extinction : le bois de rose ou bois de veine. Pour Mariama, c’est aussi une façon de sensibiliser les communautés à ne pas découper ce bois rare en particulier, qui fait l’objet de trafics illégaux dans le pays.« Si vous faites partie de ceux qui plantent des arbres, je ne pense pas que vous ayez envie de les détruire ensuite, ou même si vous voyez des gens qui détruisent des arbres, vous ne les encouragerez pas. »

Mais le principal objectif de cette séance de plantation d’arbres, c’est de participer à la grande muraille verte, un vieux projet de l’Union africaine qui visait initialement à restaurer 100 millions d’hectares de terres sur le continent sur une distance de 8000 kilomètres, entre l’Ouest et l’Est de l’Afrique, principalement pour lutter contre la désertification. Mais en septembre 2020, la Convention des Nations unies pour la lutte contre la désertification publie un rapport dans lequel elle pointe que seuls 4 millions d’hectares ont été restaurés, soit 4 % de l’objectif pour 2030.

Pour sa toute première participation à ce projet démarré en 2007 par l’Union africaine, la Gambie sert de projet pilote pour impliquer plus directement les communautés locales en leur permettant de repenser par elles-mêmes l’utilisation des ressources forestières de manière durable. Une réorientation déjà observée ailleurs sur le tracé de la muraille. Maimuna Jabbie, coordinatrice de l’ONG Green Up Gambia, explique l’importance de participer à un tel projet pour la Gambie, et le potentiel impact pour d’autres pays.

« Cela représente beaucoup pour nous, d’être capable de réaliser l’un des projets les plus ambitieux en termes de changement climatique, la grande muraille verte. Bien sûr, étant donné notre taille (NDLR: la Gambie est le plus petit pays d’Afrique continentale), si nous pouvons le réaliser complètement en Gambie, cela veut dire que n’importe quel pays en Afrique peut y arriver. »

Bilan de cette première journée : 1000 arbres plantés pour cette communauté issue du village de Kerewan, au nord de la Gambie. 6000 autres pousses vont suivre cet été dans cette même province et le pays s’est fixé l’objectif ambitieux de 32 millions d’arbres d’ici à 2030.

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