05252022Headline:

L’Afrique de l’Est face à sa pire sécheresse depuis 40 ans

La région de l’Est et de la Corne de l’Afrique pourrait vivre l’un des pires épisodes de sécheresse de son histoire. Depuis 1981, les températures n’avaient jamais été aussi élevées et les précipitations aussi faibles. Les conséquences pour la population sont déjà graves et pourraient s’intensifier.
Au Kenya, en Ethiopie et en Somalie, des millions de personnes souffrent déjà des conséquences du réchauffement climatique. La saison des pluies approche, mais les prévisions ne sont pas bonnes. Pas plus que les quatre dernières années.

Quatre ans de sécheresses qui ont mis l’Est du continent à sec, appauvri ou détruit les cultures, anéanti des troupeaux de bétails, réduit les réserves d’eau.

“Entre 15 et 16 millions de personnes ont déjà besoin d’une aide alimentaire immédiate”, estime l’Éthiopien Workneh Gebeyehu, secrétaire exécutif de l’Autorité intergouvernementale du développement.

Et le nombre de victimes de la sécheresse devraient encore augmenter : “selon les dernières estimations des experts, environ 29 millions de personnes sont confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire.”

En Ethiopie, l’hôpital Gode a vu la situation se dégrader en six mois. Le nombre de patients a été multiplié par trois, la grande majorité souffrant de sous-nutrition. Et parmi les premières victimes, les enfants.

“La sécheresse a affecté toute la communauté, en particulier les enfants, surtout les enfants de moins de cinq ans. Nous recevons donc beaucoup d’enfants souffrant de malnutrition, plus que les enfants que nous avons vus il y a six mois. Le nombre d’admissions est passé de cinq patients par jour à 15 patients par jour.”, témoigne Dr Mahamed Shafi, directeur de l’hôpital de Gode avant de rajouter, ” cette sécheresse est la pire que nous ayons connue au cours des 20 dernières années”.

Ainsi, six millions de Somaliens, soit 40 % de la population, font face à des niveaux extrêmes d’insécurité alimentaire et à “un risque très réel de famine dans les mois à venir”, s’inquiète le Programme alimentaire mondial.

Au Kenya, 500.000 personnes se dirigent vers une crise alimentaire, particulièrement au sein de communautés du nord qui vivent du bétail.

Le Programme alimentaire mondial avait réagit en début d’année en lançant un appel à financements. Seul 4% de la somme avait été réunie. Le montant vient d’être revu à la hausse : il faudrait 473 millions de dollars (soit 438 millions d’euros) pour apporter une aide rapide et efficace dans la région.

“Nous savons d’expériences passées que pour éviter une catastrophe humanitaire, réagir rapidement est vital, mais notre capacité à enclencher la réponse a été limitée par un manque de financements à ce jour”, a déclaré Michael Dunford, le directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Est.

La crainte de ne pas savoir régir à temps. La crainte surtout de voir la catastrophe humanitaire de 2011 en Somalie se reproduire : 260 000 personnes étaient mortes de faim dont la moitié étaient des enfants âgés de moins de six ans.

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