12092016Headline:

L’Afrique du Sud informe l’ONU de son retrait de la Cour pénale internationale

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CPI: L’Afrique du Sud informe l’ONU de son retrait de la Cour pénale internationale

L’Afrique du Sud a mis sa menace à exécution en annonçant vendredi son retrait de la Cour pénale internationale (CPI) un an après la polémique causée par son refus d’arrêter le président soudanais Omar el-Béchir, un camouflet pour la justice internationale.

Conformément à la procédure, Pretoria “a annoncé par écrit au secrétaire général de l’ONU son retrait” de la CPI, a déclaré le ministre sud-africain de la Justice, Michael Masutha.

Cette décision prendra effet dans un an “à compter de la date de réception” de la lettre adressée mercredi aux Nations unies, a précisé M. Masutha lors d’une conférence de presse.

Entré en fonction depuis 2003, la CPI est le premier tribunal international permanent chargé de poursuivre les auteurs présumés de génocides, crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Neuf des dix enquêtes lancées par les magistrats de La Haye visent actuellement des pays africains. L’Union africaine (UA) a vivement dénoncé cette priorité, la qualifiant de “sorte de chasse raciale”.

L’Afrique du Sud menaçait depuis plus d’un an de dénoncer le traité de Rome instituant la CPI. Elle pourrait devenir le tout premier pays au monde à la quitter.

En 2015, elle s’était retrouvée au coeur d’une vive polémique à l’occasion de la visite à Johannesburg d’Omar el-Béchir pour un sommet de l’Union africaine (UA).

Les autorités sud-africaines avaient alors refusé d’arrêter le chef de l’Etat soudanais, recherché pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour, une région de l’ouest du Soudan en proie à une guerre civile depuis plus de dix ans.

L’Afrique du Sud s’était défendue en expliquant que M. Béchir bénéficiait, de part sa fonction, d’une immunité.
C’est précisément cette affaire qui a justifié la décision de Pretoria de se retirer de la CPI.

“L’application du Statut de Rome est en conflit et en contradiction avec la loi sur l’immunité diplomatique” sud-africaine de 2001, a expliqué vendredi le ministre de la Justice.

– ‘Mépris’ pour la justice –

Cette annonce a suscité l’indignation immédiate des défenseurs des droits de l’Homme.

Elle “démontre un mépris surprenant pour la justice de la part d’un pays longtemps vu comme un leader mondial en matière de justice pour les victimes des crimes les plus graves”, a réagi Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué.

“Il est important à la fois pour l’Afrique du Sud et la région de ralentir ce train incontrôlable et de restaurer l’héritage chèrement acquis par l’Afrique du Sud de prendre le parti des victimes des atrocités de masse”, a ajouté l’ONG.

Le principal parti d’opposition sud-africain, l’Alliance démocratique (DA), a dénoncé une décision “anticonstitutionnelle et irrationnelle”, dans la mesure où le Parlement n’a pas été consulté sur le sujet, et décidé de saisir la justice pour obtenir son annulation.

Le refus du gouvernement d’arrêter M. el-Béchir a déjà fait l’objet d’une plainte devant la justice sud-africaine.

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