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L’attentat à Mogadiscio est le plus meurtrier qu’a connu la Somalie/plus de 230 morts et 300 blessés

Le président somalien, Mohamed Abdullahi Mohamed, s’est rendu dimanche au chevet des victimes du double attentat à la voiture piégée qui a ébranlé samedi le centre de Mogadiscio, la capitale somalienne. Ces attaques ont fait plus de 230 morts, selon diverses sources médicales et de sécurité.

RADIO-CANADA AVEC AGENCE FRANCE-PRESSE, REUTERS ET ASSOCIATED PRESS

L’explosion, tout d’abord, d’un camion garé devant un hôtel dans le quartier K5, un secteur très fréquenté de la capitale qui abrite édifices officiels, hôtels et restaurants, a aussi fait quelque 300 blessés, dont au moins 100 souffrent de blessures graves.

La déflagration a fortement endommagé plusieurs bâtiments et mis le feu à des dizaines de véhicules.

Deux heures plus tard, un autre véhicule piégé a explosé dans le quartier de Medina.

Ce double attentat, le plus meurtrier jamais survenu dans cette nation de la Corne de l’Afrique, n’a pas été revendiqué, mais porte la marque des islamistes du groupe Al-Shabab, qui multiplient ce genre d’attaques depuis des mois à Mogadiscio.

Le président a annoncé un deuil national de trois jours.

« C’est une attaque horrible menée sur des civils innocents, qui ne visait pas des responsables gouvernementaux somaliens spécifiques. Cela montre combien ces éléments violents sont sans pitié, pour viser sans distinction des gens innocents qui ne faisaient que s’occuper de leurs affaires », a ainsi déclaré le président lors d’un discours retransmis à la télévision.

Ils n’ont aucune considération pour les vies des Somaliens, les mères, les pères, les enfants.

Hassan Ali Khaire, premier ministre somalien

« Tous les hôpitaux de Mogadiscio sont remplis des victimes de l’explosion. Ce qui s’est passé hier [samedi] est une tragédie sans précédent », mentionne de son côté Abdukadir Haji Aden, directeur du plus important service d’ambulances de Mogadiscio.

Une Somalienne pleure sur le lieu du double attentat à Mogadiscio. Photo : Reuters/Feisal Omar

Condamnations

L’envoyé spécial des Nations unies pour la Somalie a parlé d’attentats « révoltants ».

Dans un communiqué, Michael Keating dit ainsi être « choqué et horrifié par le nombre de vies perdues dans ces explosions et l’ampleur des destructions provoquées ».

De leur côté, les États-Unis ont indiqué que « de telles attaques lâches renforcent l’engagement des États-Unis à venir en aide à nos partenaires somaliens et de l’Union africaine pour combattre la menace terroriste ».

Washington a renforcé cette année les frappes de drones et d’autres gestes visant à traquer et détruire les milices shebab.

À Ankara, la capitale turque, on « condamne fermement » le double attentat, le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu écrivant sur Twitter que « nous soutenons la Somalie dans la lutte contre le terrorisme et nous continuerons inlassablement à l’aider à se remettre d’attaques aussi atroces ».

La Turquie a également fait parvenir de l’aide médicale à Mogadiscio, et a fait connaître son intention de s’occuper des blessés, a indiqué dimanche un porte-parole du président turc.

Celui-ci n’a toutefois pas précisé le nombre de blessés qui seraient transportés par avion ambulance.

Attentats sur fond de dissension

Parmi les victimes du double attentat, on compte le chargé d’affaires du Qatar, blessé dans les explosions, et dont la mission diplomatique a été endommagée par les bombes.

L’Union nationale des journalistes somaliens pleure quant à elle la mort d’Ali Nur Siyaad, caméraman pigiste tué dans les attentats. Quatre autres journalistes ont été blessés.

L’organe médiatique Voice of America déplore de son côté un blessé.

Le Comité international de la Croix-Rouge a annoncé que quatre bénévoles travaillant pour la Société du Croissant-Rouge somalien avaient été tués.

Le double attentat de samedi a eu lieu 24 heures seulement après la démission, non expliquée, du ministre de la Défense et du chef de l’armée, et deux jours après le passage du chef du commandement américain pour l’Afrique à Mogadiscio pour y rencontrer le président somalien.

Une journée après l’attentat, des protestataires ont envahi les rues de la capitale pour dénoncer l’attaque.

Le double attentat dans la capitale somalienne correspond aux méthodes employées par les intégristes Shabab. Photo : Reuters/Feisal Omar

Situation instable

Les djihadistes, qui ont été contraints de se retirer de Mogadiscio en 2011, cherchent depuis 10 ans à renverser le gouvernement soutenu par les pays occidentaux et à imposer en Somalie une version stricte de l’islam.

Privés de leurs principaux bastions, ils contrôlent néanmoins toujours d’importants territoires ruraux, d’où ils lancent des opérations de guérilla et des attentats-suicides, que ce soit dans la capitale ou contre des bases militaires somaliennes ou étrangères.

L’Union africaine a déployé une force de 22 000 hommes dans le pays pour maintenir la paix et lutter contre les djihadistes.

ici.radio-canada

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