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Le leader du Mapar, Andry Rajoelina, s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle organisée à la fin de l’année à Madagascar

Le leader du Mapar, Andry Rajoelina, s’est déclaré mercredi candidat à l’élection présidentielle organisée à la fin de l’année à Madagascar. Il entend notamment abolir le Sénat s’il est élu.

L’insoutenable suspense a enfin pris fin. Après plusieurs mois d’attente, Andry Rajoelina s’est enfin déclaré candidat à l’élection présidentielle organisée à la fin de cette année à Madagascar. Le leader du Mapar, le principal parti d’opposition, a attendu l’ouverture officielle des dépôts de candidature le 1er août pour confirmer la sienne, devant plusieurs milliers de supporters réunis pour l’occasion dans les gradins du palais des sports d’Antananarivo.

Alors que la veille encore, le camp présidentiel exerçait des pressions sur le responsable de la plus grande salle couverte du pays pour éviter que l’événement n’ait lieu, le premier meeting de campagne du candidat Rajoelina dans la capitale a pu se tenir sans encombre. Et c’est une véritable marée orange, la couleur du Mapar, qui a fondu sur la ville, en provenance des quatre coins de l’île. Personne ne voulait manquer le spectacle annoncé et les 6 000 places disponibles ont rapidement trouvé preneur. Des écrans géants ont même dû être installés en dehors de l’enceinte pour que la foule puisse voir et écouter son champion qui n’a pas lésiné sur les moyens pour offrir à ses sympathisants un show digne des plus grandes conventions américaines.

Vaste clameur de la foule
Et ces derniers n’ont pas été déçus, puisque pendant plus de deux heures, se sont succédé sur scène discours et concerts, devant une assistance en transe. Avant que les décibels ne montent encore d’un cran vers 17 heures, au moment où Andry Rajoelina faisait enfin son entrée. Souriant, le pas décidé et la poignée de main facile, le premier opposant du pays a pris son temps pour remonter le long tapis rouge qui l’emmenait jusqu’à la scène sur laquelle il est monté pendant qu’une vaste clameur descendait des gradins. Il n’a eu aucun mal à séduire davantage un auditoire déjà conquis d’avance et au premier rang duquel se trouvaient ses proches, à commencer par sa femme, Mialy, et ses trois enfants.

Olivier Caslin pour JA

L’état-major et les principaux élus du Mapar étaient bien entendu de la fête, ainsi que les responsables, au grand complet, des différents partis de l’Alliance républicaine de Madagascar (Armada), et les représentants des principaux corps constitués de l’État, de l’armée et des Églises. Seuls manquaient à l’appel les ministres de l’actuel gouvernement de coalition, qu’Andry Rajoelina n’avait pas convié pour éviter de les mettre en difficulté, alors que s’engage le sprint final vers les élections dont le premier tour est programmé pour le 7 novembre.

AUJOURD’HUI, JE SUIS PRÊT », A AFFIRMÉ ANDRY RAJOELINA

En un peu plus d’une heure de discours, l’actuel favori d’un scrutin qui reste encore très incertain, s’est surtout évertué à montrer qu’il a bien changé et que ses quatre années d’exil volontaire lui ont permis de mûrir. « Aujourd’hui, je suis prêt », a affirmé Andry Rajoelina, après avoir reconnu ses propres insuffisances en tant que président de la Transition entre 2009 et 2014. Plutôt que de taper sur un pouvoir qu’il n’a jamais cité durant son allocution, il a préféré égrener son programme politique et économique, s’appuyant sur l’Initiative pour l’émergence de Madagascar (IEM), qu’il avait déjà présenté en grande pompe, en mai, dans la capitale malgache. « Une véritable solution pour le pays », assure son initiateur, alors que la Grande Île n’arrive toujours pas à sortir de la crise qu’elle traverse depuis bientôt dix ans.

Andry Rajoelina ne promet pas de raser gratis, mais il veut redonner espoir à une population en souffrance. N’hésitant pas à prendre des accents de prédicateur pour mieux convaincre, il veut « montrer le chemin à suivre vers la lumière pour sortir le pays des ténèbres ». Une feuille de route entièrement résumée dans son logo de campagne, constitué de la seule initiale de son prénom, traversée par un soleil levant.

Mais le candidat du Mapar n’en est pas resté au stade des vœux pieux, puisqu’il a dévoilé certaines des premières mesures qu’il entend prendre une fois installé au palais présidentiel, concernant la sécurité alimentaire, la production énergétique ou encore la création d’emplois destinés à la jeunesse, pour laquelle celui qui fut chef d’entreprise à dix-neuf ans veut être une source d’inspiration.

LES COÛTS DE FONCTIONNEMENT ANNUELS D’UNE TELLE INSTITUTION NOUS PERMETTRAIENT DE CONSTRUIRE SIX UNIVERSITÉS », A ASSURÉ RAJOELINA

Seule nouveauté annoncée hier, Andry Rajoelina entend abolir le Sénat s’il est élu. « Les coûts de fonctionnement annuels d’une telle institution nous permettraient de construire six universités », assure le candidat, qui voit également là un moyen de se débarrasser à bon compte d’une chambre haute, dernière instance aux mains du parti présidentiel, le HVM.

L’actuel président sera-t-il candidat ?
En se déclarant officiellement, Andry Rajoelina rejoint la longue liste des candidats déjà connus, dont certains anciens Premiers ministres, ainsi que son prédécesseur, Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009 et qui a annoncé sa candidature dès janvier. Ne manque donc à l’appel que l’actuel chef de l’État, Hery Rajaonarimampianina qui, selon les dernières rumeurs, hésiterait à se présenter à sa propre succession.

Pour respecter les délais imposés par la Constitution, il doit démissionner, au plus tard le 6 septembre, s’il veut être candidat. Le départ de Rivo Rakotovao, annoncé le 27 juillet, de la présidence du HVM laisse penser que ce dernier se positionne, en tant que président du Sénat, pour assurer l’intérim présidentiel jusqu’aux résultats de l’élection. Confirmant ainsi la volonté d’Hery de concourir une seconde fois à la magistrature suprême. Réponse dès les prochains jours.

 

jeune afrique

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