05162021Headline:

Le Parcours politique d’Idriss Déby ex président Président de la République du Tchad

Idriss Déby (en arabe : إدريس ديبي), dit Idriss Déby Itno (IDI)est né le 18 juin 1952 à Berdoba et mort le 20 avril 2021 à N’Djaména.

En 2020, il est nommé maréchal du Tchad à la suite d’une offensive victorieuse contre Boko Haram. Moins d’un an plus tard, juste après l’annonce de sa cinquième réélection, il est blessé au front face à une rébellion du Front pour l’alternance et la concorde venue de Libye ; il succombe à ses blessures à 68 ans et après plus de trente ans passés au pouvoir. Son fils Mahamat Idriss Déby prend aussitôt la tête d’un Conseil militaire de transition.

Tchad : Idriss Déby Itno, le chef de guerre devenu "gendarme du Sahel"

Président de la République
Présidence par intérim
Lors de son investiture, il promet la tenue d’une conférence nationale ayant pour tâche principale l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Il fait adopter dès février 1991 une Charte nationale qui pose les principes directeurs de l’État tchadien et les bases d’une réforme institutionnelle. La charte servira de loi fondamentale jusqu’à la promulgation de la Constitution le 14 avril 1996
Il est parallèlement promu général de corps d’armée en 1995.

Dès le début des années 1990, il se rapproche de Hissein Hassan Abakar, président du Conseil supérieur des affaires islamiques du Tchad de 1991 à 2018

Premier mandat (1996-2001)
Il est élu président de la République pour un premier mandat en 1996 lors du premier scrutin pluraliste au suffrage universel depuis l’indépendance (du pays) en 1960 et ouvre alors son gouvernement à une partie de l’opposition

En octobre 2000, Idriss Déby lance officiellement les travaux de construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun à Komé (Tchad) et Kribi (Cameroun)

Deuxième mandat (2001-2006)
Le 20 mai 2001, Idriss Déby est réélu président dès le premier tour avec 63,17 % des voix
Idriss Déby considère le nord de la Centrafrique comme stratégique du fait de ses ressources pétrolières

En 2003, il a contribué à la prise de pouvoir de François Bozizé
En 2003, il annonce la fin de la construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun et le début de la production de pétrole pour le pays. Le Tchad adhère en 2005 à l’Association des producteurs de pétrole africains (APPA).

Le 26 mai 2004, les députés adoptent une modification constitutionnelle qui lève la limitation des mandats présidentiels auparavant fixée à deux.

Si cette disposition particulière a focalisé l’attention des médias, la réforme constitutionnelle a fait évoluer les institutions du pays, au premier chef desquelles la suppression du Sénat, qui n’a jamais véritablement joué son rôle institutionnel.

En mai 2005, les rebelles sont sur le point de renverser le régime mais les forces françaises présentes sur place permettent le retour précipité d’Idriss Déby qui se trouvait en visite en Guinée équatoriale pour un sommet de la CEMAC. La proposition de réforme constitutionnelle de 2004 est adoptée par référendum le 6 juin 2005, 77,8 % des votants s’étant prononcés pour. La participation s’est élevée à 71,61 %. Le 13 avril 2006, les rebelles du FUC (Front Uni pour le Changement) entrent dans N’Djaména et manquent de peu de renverser le régime soutenu par les Français qui tireront sur les

Troisième mandat (2006-2011)
Il est réélu pour un troisième mandat le 3 mai 2006 avec 64,67 % des suffrages exprimés, , un mois après l’attaque manquée menée par le Front uni pour le changement (FUC) du capitaine Mahamat Nour sur N’Djaména le 13 avril.
Un accord est signé le 13 août 2007 entre le régime et les différents partis de l’opposition visant à commencer un processus de démocratisation.Le 3 février 2008, lors de l’assaut des rebelles dirigé par Mahamat Nouri et les frères Tom et Timane Erdimi, l’un de ses principaux opposants, Ibni Oumar Mahamat Saleh, est enlevé à son domicile par les militaires tchadiens.
Le gouvernement français appelle à une « clarification »
En février 2012, deux des fils de l’opposant disparu déposent plainte en France, et en 2013, un juge d’instruction français a décidé d’enquêter sur sa disparition. C’est contre l’avis du parquet de Paris que ce juge d’instruction avait décidé de le mener. Le ministère public avait donc fait appel de cette décision. Mais, finalement, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a donné raison au juge et considéré que les critères juridiques étaient réunis pour autoriser son enquête sur cette disparition.Début 2013, peu d’informations significatives sont disponibles sur le sort d’Ibni Saleh depuis les jours qui ont suivi son enlèvement, malgré les efforts d’hommes politiques ou d’organisations venues au soutien de l’opposant et de ses proches. En février 2008, les rebelles tchadiens du Commandement militaire unifié (CMU) qui est composé du RFC de Timan Erdimi, de l’UFDD de Mahamat Nouri et du CNT de Hassan Al Djineidi lancent une seconde offensive pour prendre N’Djaména. Début février 2008, il a donc de nouveau à faire avec des attaques rebelles sur la capitale N’Djaména qui entraînent le rapatriement des expatriés français vers le Gabon et la France. Il subit un revers à la bataille de Massaguet le 1er février et doit repousser l’assaut sur la capitale du 2 au 4 février. Trois fois plus nombreux à s’élancer du Soudan, une fois en ville, les rebelles cernent le palais présidentiel le 2 février. Encerclé dans son palais, le président tchadien appelle plusieurs fois dans la journée le président français. Celui-ci lui propose l’exil en territoire français. Grâce au soutien militaire total de la France, incluant aide logistique (livraison de munitions depuis la Libye), renseignement militaire et combat de troupes françaises contre les rebelles, Idriss Déby parvient à se maintenir au pouvoir et les rebelles se replient.
Le 7 février 2008, il échappe à une tentative de renversement dans la capitale, il reçoit le soutien de la France qui accuse le Soudan. Il demande à l’Union européenne de dépêcher au plus tôt la force de paix EUFOR, dont le contingent principal est français.

Quatrième mandat (2011-2016)
Son parti remporte 133 sièges sur 188 aux élections législatives du 13 février 2011.
Le 25 avril 2011, il est réélu pour un quatrième mandat dès le premier tour de l’élection présidentielle par 88,7 % des voix, face à Albert Pahimi Padacké (6 %) et Madou Nadji (5,3 %). Les principaux opposants avaient décidé de boycotter l’élection contestant les conditions dans lesquelles les élections allaient se dérouler et dénoncant une « mascarade électorale ». Le taux de participation s’élève à 64,2 % selon la commission électorale mais les opposants expriment aussi des doutes quant au taux véritable de la participation qu’ils estiment à 20 %. Il s’oppose à l’intervention militaire occidentale durant la guerre civile libyenne de 2011, position que de nombreux médias décrivent alors comme un soutien au général Mouammar Kadhafi, certains assurent d’ailleurs qu’il aurait envoyé des éléments de la garde tchadienne dans le pays. Il déclare de son côté vouloir que le dictateur libyen quitte le pouvoir, mais en douceur et non à la suite d’une intervention armée qui « laissera des traces » selon lui.
En 2012, il se rend en Centrafrique avec l’ancien président burundais Pierre Buyoya, médiateur en Centrafrique pour le compte de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF)3. Sa visite fait l’objet d’une polémique.car il aurait soutenu le mouvement rebelle de la Seleka. De son côté, Idriss Déby affirme y être allé pour encourager François Bozizé et insister pour qu’il libère Jean-Jacques Démafouth, chef d’un mouvement politico-militaire.Au mois de mai 2012, Idriss Déby lance une vaste opération anti corruption dans le pays, baptisée « opération Cobra ». L’État perd alors un montant estimé à 300 milliards de francs CFA (soit 460 millions d’euros) par an à cause de détournements d’argent public. Le but est de sécuriser les circuits de recettes et de dépenses et de contrôler les procédures de préparation, de passation et d’exécution des marchés publics. Après un an et 23 missions de contrôles effectuées à N’Djaména et 22 en province, environ 25 milliards de francs CFA ont été recouvrés.En janvier 2013, le Tchad envoie des troupes au nord du Mali pour participer à l’opération Serval. Idriss Déby décrit alors ce qui se passe dans le nord du Mali comme la conséquence de « la dislocation de la Libye » et de la « dissémination de son arsenal » Cette action au Mali, ou encore en Centrafrique et au Nigeria contre Boko Haram valent à Idriss Déby de recevoir un soutien fort de la France et des États-Unis.

Durant ce mandat, Idriss Déby lance une diversification économique d’envergure, l’économie du pays étant jusqu’alors principalement basée sur l’industrie du pétrole, Alors que le Tchad compte en 2001 parmi les pays les moins avancés (PMA) du continent africai,; , il occupe en 2015 la troisième place de l’Africa Performance Index (API), outil de notation et de classement des institutions du secteur public en Afrique.Idriss Déby débloque cette même année 4,57 millions d’euros pour venir en aide à la région du lac Tchad, en proie à la désertification et fertile au développement de groupes terroristes tels que Boko Haram. Le Tchad étant une cible stratégique pour le groupe terroriste Boko Haram, Idriss Déby tourne une partie de sa politique de ce mandat vers la lutte contre le terrorisme.Devant faire face à la menace grandissante de Boko Haram, un groupe terroriste rallié à l’État islamique dans le nord du Nigeria, Idriss Déby augmente la participation du Tchad à la Multinational Joint Task Force (MNJTF), une force armée composée du Niger, du Nigeria, du Bénin et du Cameroun. En août 2015, Idriss Déby déclare à ce sujet dans un entretien que la MNJTF a « décapité » Boko Haram. Le 1er décembre 2015, à l’occasion du sommet « Défi climatique et solutions africaines » en marge de la Conférence de Paris sur le climat (COP 21), Idriss Déby alerte la communauté internationale sur le besoin de financement pour l’avenir du lac Tchad, dont la surface a été divisée par huit depuis 1973 : : « La question du lac Tchad est ancienne. À toutes les rencontres sur le climat depuis 20 ans, ce dossier a été évoqué […] depuis Copenhague, Rio et aujourd’hui Paris. Je ne suis pas sûr que jusqu’à aujourd’hui, nous ayons trouvé des oreilles, tout au moins des actions concrètes »

Cinquième mandat (2016-2021)

Début 2016, l’affaire Zouhoura (une jeune fille violée par des fils de dignitaires du régime) soulève des manifestations. Dans le contexte politique qui a vu se développer les contestations en Afrique subsaharienne, Idriss Déby fait interdire les manifestations et appréhender les auteurs du crime

En février 2016, Idriss Déby annonce sa candidature à l’élection présidentielle d’avril 2016.Il fait alors figurer dans son programme l’instauration d’une limite des mandats dans la Constitution, déclarant qu’en 2005, la réforme de la Constitution était menée dans un contexte où « la nation était en danger » tandis qu’en 2016, le Tchad « ne peut pas se concentrer sur un système qu’un changement de pouvoir mettrait en difficulté ». En avril, sans opposition solide,, il est réélu dès le premier tour avec 59,9 % des voix. Lors de son discours d’investiture, Idriss Déby développe les nouvelles priorités de ce mandat, parmi lesquelles la diversification de l’économie tchadienne, jusqu’ici trop centrée sur le pétrole.
. Il déclare notamment que « le salut ne viendra jamais des ressources pétrolières » avant d’annoncer compter sur l’agriculture et l’élevage et miser sur l’exploitation minière.
Il s’engage également à élargir la couverture en eau potable à 83 % et renouvelle sa promesse de construire 3 000 km de routes bitumées ainsi qu’un grand réseau ferroviaire pour relier le Tchad au Soudan, au Cameroun et au Nigeria
Le 12 octobre 2016, Idriss Déby effectue une visite diplomatique en Allemagne et rencontre le lendemain la chancelière allemande Angela Merkel. Cette visite fait suite à une invitation de la chancelière formulée lors du dernier sommet du G20 en Chine68. C’est la première visite officielle d’un président tchadien en Allemagne. En 2016, il annonce l’aménagement d’environ 250 000 hectares de terres sur le territoire national, le renforcement des microcrédits pour les producteurs ruraux ainsi que la construction de nouvelles infrastructures de transport et d’énergie. Il signe également l’Agenda 2030 de l’ONU et la déclaration de Malabo pour la croissance et la transformation de l’agriculture en Afrique.Le 2 février 2017, alors que les élections législatives tchadiennes devaient avoir lieu en 2016, il annonce qu’elles n’auront pas lieu avant 2019 faute de moyens.
En septembre 2017, un rapport d’Amnesty International dénonce une vague de répression au Tchad, sous le mandat d’Idriss Déby. Certes, l’organisation reconnaît que cela n’est pas du même niveau que sous son prédécesseur Hissène Habré (une répression implacable qui fit des dizaines de milliers de morts dans les années 1980) mais elle note que le président Déby, qui effectue son cinquième mandat, n’a pas tenu ses engagements initiaux en matière de respect des droits de l’homme. Elle note qu’Idriss Déby « réduit au silence les voix de ceux qui s’élèvent contre le gouvernement et ses politiques », au moyen d’un harcèlement juridique, administratif et policier continu contre ses opposants. Depuis 2016, 65 manifestations ont été interdites par les autorités et on refuse toute existence légale à plusieurs plateformes d’opposition.
Le 4 mai 2018, il promulgue la Constitution tchadienne de 2018, adoptée le 30 avril 2018 par le Parlement. Le jour même, il annonce une amnistie pour les rebelles, et appelle les exilés politiques à rentrer au Tchad. Pour Djimet Arabi, ministre de la Justice, « quand on parle de l’amnistie, c’est une loi qui efface toutes les infractions qui ont été commises, et ça le fait d’une façon rétroactive. Même ceux qui ont détourné de l’argent, ceux qui ont tué, ceux qui ont pillé. Une fois qu’il y a cette loi d’amnistie, elle efface toutes les infractions et ils peuvent tranquillement rentrer chez eux ». Le 7 mai 2018, il forme un nouveau gouvernement de 22 membres, dont 9 femmes.

Le président Déby et ses proches se sont considérablement enrichis : les Panama Papers indiquent que le « clan » au pouvoir a détourné 10,76 milliards de dollars pour les placer dans des paradis fiscaux. Au contraire, les très faibles investissements dans les services publics (écoles, centres de santé, etc) maintiennent l’immense majorité de la population dans une grande pauvreté. Le Tchad est classé 186e sur 189 à l’indice de développement humain des Nations unies. En 2018, l’État tchadien est au bord de la faillite et Déby réagit en réduisant le salaire des fonctionnaires d’un tiers.

En août 2020, Idriss Déby est nommé maréchal par l’Assemblée nationale après une offensive victorieuse en avril contre des djihadistes.

Réélection de 2021 et mort
En février 2021, le Mouvement patriotique du Salut investit Idriss Déby comme candidat à l’élection présidentielle d’avril 2021

Dans une « mascarade démocratique de plus », écrit Le Monde, Déby est réélu président avec 79,32 % des voix, après avoir « écarté, légalement ou par la violence et l’intimidation, les ténors d’une opposition divisée ». Le jour même de l’élection présidentielle, les rebelles du FACT lancent depuis la Libye une offensive dans le nord-ouest du Tchad. L’armée tchadienne réplique alors par une contre-offensive et de violents combats éclatent dans les environs la ville de Mao, dans la région du Kanem. Le président Idriss Déby se rend sur le front mais il est mortellement blessé entre le 17 et le 19 avril. Il succombe le 20 avril à 1 h du matin, à N’Djamena, à l’âge de 68 ans. L’armée annonce sa mort de la façon suivante : « Le président de la République, chef de l’État, chef suprême des armées, Idriss Déby Itno, vient de connaître son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille ».

Un conseil militaire de transition dirigé par un de ses fils, Mahamat Idriss Déby, commandant de la garde présidentielle, est chargé de le remplacer. Un deuil national de quatorze jours est décrété, un couvre-feu est instauré et toutes les frontières terrestres et aériennes sont fermées.

Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président, en passe de devenir le  nouvel homme fort du Tchad

Le 30 janvier 2016, Idriss Déby Itno est élu président de l’Union africaine lors de la cérémonie d’ouverture du 26e sommet, succédant au Zimbabwéen Robert Mugabe. Il est choisi par les présidents de la région Afrique centrale. Son mandat est d’un an.

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