05262022Headline:

Les Comores: souvenirs d’une première participation à la CAN de football

À l’image de la Gambie, les Comores participaient à leur toute première Coupe d’Afrique des nations lors de cette 33e édition au Cameroun. Si les Scorpions gambiens se sont hissés jusqu’en quart de finale, les Cœlacanthes se sont eux arrêtés en huitième face au pays-hôte, au terme d’un parcours haletant fait de nombreux rebondissements. Retour à tête reposée sur une première fois enivrante avec les joueurs d’Amir Abdou.

Il y a d’abord eu des premiers pas timides face au Gabon, puis le temps de l’affirmation contre le Ghana, la joie inouïe d’une qualification in extremis pour le deuxième tour et enfin la sensation irréelle de rivaliser face au Cameroun (avec un joueur en moins et sans gardien de métier). Une première fois riche en émotions, que résume en un souvenir Ben Boina, gardien d’Endoume en 5e division française, révélé face au Maroc lors de la 2e journée (défaite 2-0 des Comores) :

« Le moment le plus fort pour moi, ça a été cette 85e minute du match Guinée équatoriale-Sierra Leone », se souvient-il. En effet à ce moment-là, les Comores sont virtuellement qualifiées pour les 8e de finale, mais peuvent encore être doublées par la Sierra Leone en qualité de meilleur 3e si les Leone Stars marquent face à la Guinée équatoriale (qui mène à ce moment-là 1-0).

« On est passé de la joie à la déception… Puis retour à la joie ! », poursuit le gardien. « Émotionnellement, je n’avais jamais vécu ça. Ça a été horrible ! Quand on voit le penalty sifflé pour la Sierra Leone, qui peut se qualifier et nous éliminer, on était tous abattus. On n’y croyait plus, enfin presque plus. C’était très dur. Et quand Jesús Owono, le gardien équato-guinéen, a arrêté le penalty, ça a été la libération ! C’était grandiose, vraiment », se rappelle-t-il, un sourire éclatant dans la voix.

Ce petit coup de pouce de Jesús Owono permet aux Cœlacanthes de rallier les 8e. Une qualification fêtée comme il se doit, mais les joueurs de l’archipel ne sont pas au bout de leurs surprises. La CAN des Comores prend alors un tournant surréaliste pour le milieu Youssouf M’Changama et les siens :

« Je me souviens très bien du samedi qui précédait le 8e de finale contre le Cameroun. On était sur le point d’aller à l’entraînement et on a eu les résultats de nos tests Covid. À ce moment-là, on savait qu’on n’allait pas avoir de gardien ! », hallucine le numéro 10 comorien.

Ben Boina blessé, et les deux autres gardiens disponibles positifs au coronavirus, il faut alors désigner en urgence un portier de fortune pour affronter le Cameroun ! C’est ainsi que débutent des exercices et entraînements d’un genre nouveau :

On a commencé à se poser des questions, “Qui va aller aux cages ?” “Qui peut y aller ?” Ceux qui étaient positifs au Covid sont restés à Garoua, nous on est partis à Yaoundé… Sans gardien ! On a commencé à rigoler, à tous mettre les gants pour essayer. On a fait un entraînement de fous, on allait tous dans la cage pour s’entraîner aux prises de balle

Une situation ubuesque qui n’empêchera pas les Comores de tenir la dragée haute aux Camerounais (défaite 2-1). Et à Youssouf M’Changama d’inscrire l’un des buts du tournoi : « Je me souviendrai aussi longtemps de ce match face au Cameroun, de l’espoir qu’on a eu quand on a marqué, enfin quand j’ai marqué (rires). On sentait vraiment qu’on pouvait revenir ! Ça a donné un incroyable élan à l’équipe. Et on voyait que le Cameroun n’était pas bien. Nous garderons de grands, grands souvenirs de cette CAN », confie l’intéressé.

Melv

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