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Les métis dans la vie politique africaine/en savoir plus…

 – Il y a des problèmes que nous pensons avoir résolu et qui nous reviennent à la figure pour rappeler à notre conscience que nous avons héritée des animosités et des susceptibilités d’hier qui comme des mutants sont capables de nous empoisonner le présent et l’avenir.

La république des métis, cette phase de Barnabé Kikaya, conseiller diplomatique du président Congolais Joseph Kabila avait provoquée un émoi considérable, dans un Congo, qui porte encore dans son corps social les stigmates de l’héritage du mobutisme. En Afrique du sud, les métis se plaignent de leur statut, car selon eux la fin de l’apartheid n’a rien changer pour eux, ils se disent ségréguer, dans l’emploi, l’attribution des logements etc.

Dans de nombreux pays européens être métissé suscite encore aujourd’hui de la curiosité. Au japon la victoire d’une métisse au concours de miss fut considérée comme un scandale de même que dans certain pays arabes ou le métis est considéré comme un hybride ce qui est l’équivalent du mot bâtard, en arabe classique.

En réalité l’aspiration à l’ouverture ou la fermeture à l’autre, varie selon les époques ainsi que le climat politique et économique actuel. Il y a aujourd’hui en France des dirigeants politiques qui font une nette différence entre les français de souche et les autres membres de leur propre communauté nationale. La manière dont les anciens combattants africains des deux guerres furent traités nous suffit pour avoir une nette opinion de ce qu’est la France, pays dont la couleur de peau et l’origine déterminent votre destin.

Pour préciser notre pensée, nous parlons des personnes nées de parents de races différentes. Le métissage peut être aussi entendu au sens culturel, mais ce n’est pas ce dernier point qui nous préoccupe le plus. La dernière campagne électorale pour la présidentielle béninoise, fut houleuse le second tour opposait le candidat Lionel Zinssou, né d’un père béninois et d’une mère française.

Il fut confronté à la couleur de sa peau et on lui reprocha plusieurs fois et avec véhémence sa non connaissance de la réalité béninoise du fait de sa vie en France. On a eu l’impression que face à son adversaire Patrice Talon, le choix de nombreux béninois était déjà fait face à un Lionel Zinssou, incapable de dire bonjour en mina ou en fon, qui est la langue du royaume Ajafon de Porto-Novo.

Ni blancs ni noirs, considérés – sous l’administration coloniale à la fois comme inférieurs aux blancs mais supérieurs aux noirs, les métis dans de nombreux pays d’Afrique noire vivent une double exclusion : éloignés du milieu indigène et des blancs, ils étaient relégués dans le cercle des mulâtres. Considérés à cause de leur sang mêlé, blancs et noir comme un danger pour les intérêts de la métropole et alliés pour la propagation de l’idée de liberté auprès de populations autochtones qualifiées d’indigènes.

Le danger qui se dessine à l’horizon aujourd’hui est suffisamment grave pour attirer notre attention afin de comprendre les motivations de cette méfiance et du rejet qui l’accompagne dans une communauté humaine qui par essence se veut solidaire. Tout le drame des métis se trouve dans cette image : Si Barack Obama s’était présenté à la présidence de la république du Kenya, le pays de son père, il y a fort à parier qu’il n’aurait pas eu une majorité de Kenyans pour le porter par le vote à la présidence de leur pays.

II – L’expérience sénégalaise

C’est le lieu ici de saluer des pays africains comme le Sénégal. Par tradition dans la période coloniale, les ressortissants des quatre communes de plein exercice, de Saint Louis, Rufisque, Dakar et Gorée, étaient des citoyens français de plein droit. La loi Diagne du 13 septembre 1916 est encore la pour confirmer notre affirmation.

Il y a eu donc au Sénégal une réalité de cohabitation entre blancs, noirs et métisses. Sous la troisième république française, les députés du Sénégal au parlement français, furent des blancs ou des métisses avant l’élection de Blaise Diagne entre 1914-1934 et de Galandou Diouf entre 1934 et 1940.Alfred Gasconi ainsi que François Capot tous deux métis furent désignés par le vote d’une majorité noire représentant du Sénégal à l’assemblée des députés français.

André Peytavin, un français fut ministre des finances et plus tard ministre des travaux publics dans le gouvernement du président Senghor. Jean Collin, un autre français surnommé le Toubab, fut Secrétaire général du gouvernement Sénégalais, maire et ministre d’Etat dans les gouvernements des présidents Senghor et Abdou Diouf. Son fils un métis du nom de François Collin est aujourd’hui inspecteur général de l’Etat Sénégalais.

De nombreux métis sont présents dans la vie économique, culturelle et publique du Sénégal sans que cela ne pose un problème au fonctionnement de l’état. Nous relevons ici le caractère hautement positif de l’expérience sénégalaise ou la présence des métis ou des blancs à des responsabilités d’état ne se pose pas comme problème au reste de la société.

III – Les métis dans le Zaïre de Mobutu

Le monde entier se rappelle des métis qui occupaient des postes clés dans la direction des affaires de l’état. Les « sangs mêlés » ou les bâtards de la colonisation, comme les appellent les journaux de Kinshasa, n’ont pas su être utile aux cotés du peuple en souffrance. Occupés à la prospérité de leurs affaires, Ils regardaient les autres zaïrois de haut. A leurs yeux, il y avait une sorte de condescendance proche de la pitié pour le peuple qui tirait le diable par la queue, sous l’une des dictatures criminelles la plus cynique et sordides du continent.

Léon Kengo Wa Ndondo, ministre des finances puis premier ministre, Jean Seti yalé à la sécurité, Kikunda Ombala, commandant de l’armée de l’air, directeur général d’Air Zaire et de la RVA, la régie des voies aériennes. Jeannot Bemba Salona, président du Patronat zaïrois, Raymond Ramazani Baya, Ambassadeur du Zaire en France, Les Ndongo et tant d’autres ont été utilisé comme des paravents par Mobutu face à ses faux amis occidentaux. Dont-il s’en vantait le soutien.

En échange d’avantages juteux que leur offrait Mobutu, ils se sont coupé des masses zaïroises. Ils étaient en réalité perçus par le bon peuple comme des vulgaires petits bandits, des opportunistes à la petite semaine et des affairistes notoires aux cotés du dictateur sanguinaire et corrompu qu’était joseph Désiré Mobutu, le maréchal omnipotent du Zaïre qui n’existe plus aujourd’hui.

Quand les caisses de l’état étaient vides par l’effet de la prédation mobutiste, les fonctionnaires n’étaient pas payés depuis des mois et que Léon Kengo Wa Ndondo, utilisait une grande partie du peu d’avoir de l’état pour payer les créanciers du zaïre, on lui reprocha son manque de patriotisme.

« Il est l’enfant des blancs, il rembourse l’argent de ses parents, car un vrai zaïrois n’aurait pas fait un pareil choix de gestion.» Le bon peuple considère les métis zaïrois comme des chevaux de Troie dans la vie publique de leur pays, ils étaient plus fidèles aux intérêts des occidentaux, qu’aux souffrances du pays dont-ils étaient les représentants.

Les métis Zaïrois se mariaient entre eux, habitaient les mêmes quartiers, dinaient entre eux, leurs enfants fréquentaient à l’étranger dans les mêmes écoles. Bref le sort du peuple était le cadet de leurs soucis. Mobutu lui fut marié aux sœurs jumelles métissées Mama Bobi ladawa et Mama Kossia.

Ce qui déclencha dans le cœur du bon peuple une déification de sa première épouse la noire et défunte Marie-Antoinette Mobutu. Faites bien attention, les peuples par opposition à une dictature insouciante de leurs souffrances aimeraient voir les métis proches de leur quête de liberté de justice sociale et de démocratie. Au Zaïre, le peuple a eu le sentiment que son malheur ne préoccupait pas les métissés zaïrois.

Observez bien le rôle du balaie citoyen dont l’un des leaders est notre frère Serge Bambara plus connu sous le nom de scène de Smockey, figure de proue de la contestation populaire qui renversa la dictature criminelle de Blaise Compaoré. Serge Bambara, est pourtant né d’un père Bisa et d’une mère française, il dit lui-même que le balaie citoyens reste et demeure un mouvement de la société civile au service de la liberté et de la justice sociale dans un Burkina Faso, qui se veut solidaire de toutes ses composantes.

Dans le Zaïre de Mobutu, nous fumes tous témoins de l’alliance des métis avec une dictature criminelle et kleptocratique. Le marché des fournitures de viande, de liqueurs et des vins de la présidence de la république du Zaïre, fut attribué sans appel d’offre à l’entreprise d’un métis proche du président Mobutu. Figurez- vous que cette entreprise facturait au double ou au triple du prix d’achat et les factures étaient payés par le trésor public et souvent transporté gratuitement de l’étranger par les avions de l’état.

C’est ce penchant affairistes et nauséabonde qui provoque aujourd’hui encore une méfiance viscérale de certains ressortissants du Congo RDC, contre les métis comme : Gabriel Kyungu, Olivier Kamitatu, Moise Katumbi, Raphael Katebé Katoto, Samy Badibanga, Sindika Dokolo, Roger Pembo, Didace Pembé ou Jean-Claude Muyambo. L’opinion retient d’eux leurs penchants affairistes et l’opportunisme qui caractérise leurs relations quant-ils sont proches du pouvoir d’Etat. Tel est le regard de l’opinion sur la candidature éventuelle de Moise Katumbi à la présidence du Congo RDC.

Si par congolité, certaines voix s’élèvent aujourd’hui pour exiger que le candidat à la présidence de la république du Congo RDC soit de père et de mère congolaise c’est pour éviter que leurs fortunes ne leurs servent de marche pied pour arriver au sommet de l’état.

De l’autre Côté du Fleuve, au Congo Brazzaville Henri Lopes, né d’une congolaise et d’un belge. Aujourd’hui Directeur général adjoint de l’UNESCO, à Paris fut premier ministre du président Marien Ngouabi de 1973 à 1975 sans que cela ne pose un problème particulier au fonctionnement de l’état.

L’expérience des métis Angolais

A la mort du président Agostino Neto, le 10 septembre 1972 à Moscou, ils sont nombreux à voir pour la succession, des hommes de valeur qui furent aussi des compagnons fidèles du défunt comme, le premier ministre de l’époque Lopo Do Nascimento, Lucio Lara, ou encore des gens comme Paolo Teixeira Jorge et Fernando da Piedade, qui furent tous des compagnons de luttes du défunt président.

Malheureusement la plupart d’entre eux sont des métis issus d’union de pères portugais et de mères angolaises. La hiérarchie du MPLA est parsemée de métisses. En remontant aux fondateurs on y trouve de nombreux métis. Mario Pinto de Andrade, Virlato Da Cruz, Orlando de Albuquerque et Lucio Lara sont tous des métisses. Le choix du ministre des affaires étrangères, José Edouardo Dos Santos, l’ingénieur noir aux traits fins et marié à une femme russe, mère de sa fille Isabelle Dos Santos.

Ce fut un choix judicieux de prendre le Beaufils des russes face à l’opinion nationale et international et à l’Unita du Dr Jonas Mahideiro Savimbi, qui affirmait sans ambages que les métis étaient des gens de nulle part qui voulaient l’Angola comme leur trophée pour la gloire du marxisme russe décadent. «Primero os angolanos» les angolais d’abord, était un slogan de Jonas Savimbi, appelant l’ethnie des Ovimbundu, d’origine bantu à s’opposer et à s’élever contre les métis de la côte de Luanda qui constituaient la base du MPLA. Le mouvement populaire de libération de L’Angola.

Aujourd’hui les métis représentent environ 5% de la population angolaise et ont leur place à part entière dans la reconstruction d’un pays ravagé par plus de trente ans de guerre.- le plus important est qu’ils évitent de se comporter en vainqueur méprisants, car la roue de l’histoire tourne toujours et les vaincus d’aujourd’hui peuvent être les vainqueur de demain. Rien est définitivement acquit ici bas.

IV – L’expérience du Ghana avec notre frère le capitaine d’aviation, Jerry Rawlings

Né d’un père écossais et d’une mère ghanéenne de l’ethnie Ewé, Jeremiah John Rawlings est d’abord et avant tout sans complexe. C’est un détaille d’une grande importance car dans son cas il épouse totalement la cause du Ghana et de son peuple pour lutter contre la corruption et l’injustice sociale.

Les ghanéens n’ont pas encore oublié cette image d’Épinal du comité insurrectionnel composé des cadres de l’armée nationale ghanéenne qui l’assiste dans le putsch de juin 1979, dont le but est d’éradiquer la corruption de la vie publique de l’ancienne Côte de l’or pour y installer durablement la stabilité. Tel est son objectif.

Pour cela il fait fusiller 8 généraux corrompus et trois anciens chefs d’état. Grande émotion dans le pays et au plan international. C’est une césarienne nécessaire pour la vie de la mère et de l’enfant. C’est de là que va naitre la démocratie, la stabilisation économique, l’industrialisation et la crédibilité du Ghana nouveau, qui fait la fierté de l’Afrique et de la sous région Ouest Africaine.

La manière dont il est arrivé au pouvoir, la stabilisation économique et financière, la mise en place d’une constitution et une vigilance permanente pour rendre le Ghana à son peuple fait de ce métis, marié à une princesse de la maison royale des Ashantis de Kumasi, un homme d’Etat.

Notre frère Jeremiah John Jerry Rawlings, nous apprend que la démocratie ne s’impose pas de l’extérieur. Les exemples d’échecs sont sous nos yeux. Ceux qui laissent les ambassades occidentales s’impliquer dans le choix de leurs dirigeants politiques seront toujours très éloignés du réel contenu de la démocratie. Il ne faut pas changer les hommes mais le système. C’est dans le système politique que se trouve le danger fondamental qui empêche l’épanouissement collectif.

Tant que nos hommes politiques ne seront que des simples remplaçants des précédents, sans changer le système de nuisance et de médiocrité, nos pays africains n’avanceront jamais dans la voie de la dignité et nous aurons toujours la misère et la pauvreté comme destin.

C’est cela que le métis de père écossais nous a apporté par son engagement dans la vie politique de son pays. La manière de quitter le pouvoir et la vie d’ancien chef d’Etat qui est la sienne aujourd’hui reste un exemple comportemental rare dans cette Afrique ou mourir au pouvoir est devenu une règle. Dans ce cas précis un pays africain a trouvé son salut via un métis guidé par le souci du bien commun.

V – La Côte d’Ivoire et ses métis

La Côte d’ivoire n’a pas un problème particulier avec les métis issus des amours entre blancs, et noirs ou entre arabes et noirs. Ils sont obligés d’être discrets et surtout de participer à la vie nationale selon leurs compétences.

Dans les domaines des travaux publics, de l’enseignement supérieur, de la diplomatie, de la magistrature, du barreau, de la haute administration territoriale, dans les cabinets ministériels, des officines de pharmacie ou de la santé, les Pr constant roux, Henri Turquin, les Dr Henri Prévost, Paul Bonchamps Benoit et tant d’autres. Furent tous des medecins d’une grande sensibilité qui se sont plus souciés de la santé de leurs patients que de rentabilité financière.

Leur dévouement nous amène ici à nous reconnaitre dans des hommes comme le président, Auguste Denise, pharmacien de profession, métis d’origine mulâtre antillais. Il fut un compagnon indéfectible du président Houphouët-Boigny. Il fut président du conseil général de Côte d’Ivoire en 1958, il fut aussi ministre d’Etat du président Houphouët-Boigny de 1960 jusqu’en 1990.

Il faut aujourd’hui évoquer le nom de Jean-Delafosse, fils d’une ivoirienne et de l’administrateur et ethnologue français, François Maurice Delafosse, il est décédé le 6 juillet 1962, il présidait le conseil économique et social de Côte d’Ivoire. Il fut ministre dans le conseil de gouvernement de la loi-cadre et fut aussi le président de la célèbre union fraternelle des originaires de Cote d’ivoire l’UFOCI. Mais nous retenons de lui son passage à la direction de la coopérative d’achat et de vente des produits des planteurs africains. Cette fonction fit de lui un des solides défenseurs du monde paysans en Côte d’Ivoire, face aux exportateurs et autres grands comptoirs coloniaux.

Bien sûr que de nombreux métis gravitaient autour du président Houphouët-Boigny. Du Gouverneur Guy Nairay, à Raphael Saller en passant par le directeur du protocole d’Etat, Georges Ouégnin, dans les gouvernements successifs, Ange-François Barry Battesti, Jean-Claude Delafosse, Auguste Mimeront, Danielle Boni Claverie, Achy Patrick Jean-Marie Gervais Kacou, Martine Coffi-Studer, Thiery Tano, Jean-Louis Billon, Roger Banchi.

Chacun à son niveau hier comme aujourd’hui ont tous essayé d’être à des degrés divers des serviteurs de l’Etat de Côte d’Ivoire. Ce que les ivoiriens attendent d’eux : On ne leur demande pas d’être des opposants ou des crieurs publics. Mais de s’opposer à l’immoralité dans l’espace public, c’est-à-dire à ne pas croiser les bras devant tout ce qui est injuste, nocif et néfaste à la vie commune. Jean-Louis Billon, a essayé de l’être malgré les coups bas qu’il a reçus et c’est tout à fait en son honneur de n’avoir pas perdu son âme en politique.

Pour ceux d’entre eux qui sont dans les alcôves du pouvoir aujourd’hui, Qu’est ce qui explique leur silence devant tant de dérives : le rattrapage ethnique qui est sous leurs yeux est-il normal ? Les bureaux capitonnés et climatisés, la maison avec piscine et un bon salaire dans un décor de fin du monde ne leur dit rien.

Les prisons remplient jusqu’au toit de pro-Gbagbo, les concours ou les résultats donnent 95% de ressortissants du nord admis. La Côte d’ivoire coupée en deux leur convient-elle ? Ils ne répondront jamais à ce genre de question. Ils ne savent même pas que c’est dans la réponse à ces questionnements que se trouve leur propre avenir dans ce pays mutant qu’est la Côte d’ Ivoire.

«Nous on ne fait pas de politique on sert l’Etat. » disent certains. Aller s’asseoir dans un gouvernement pour se taire devant les nuisances de l’Etat contre ses propres citoyens est-elle la bonne posture en ces temps de douleurs et de désarrois? Nous voulons leur rappeler ici et maintenant l’image que l’opinion ivoirienne retient d’eux.

«S’ils étaient des ivoiriens 100%, ils allaient s’opposer à nos souffrances. Mais comme ils ont plusieurs passeports, ils gardent le silence, quand ça va se gâter ils savent déjà où ils iront. Ils ne sont pas des nôtres, ils ne tirent pas le diable par la queue comme nous.

IIs sont biens, mais un jour arrivera ou ils payeront le silence méprisant qu’ils avaient affiché face à nos souffrances. Qu’ils boivent leurs champagnes et dorment bien sur leurs deux oreilles, on verra un jour.»

Ces paroles résonnaient hier à Alger, à Kinshasa, à Maputo, à Soweto à Bissau et maintenant à Abidjan. Ceux qui disent que le métissage est une richesse ne se trompent pas. Mais quand il devient le complice d’une dictature criminelle, malfaisance et nuisible au vivre ensemble comme dans le Zaïre de Mobutu, cela est difficilement acceptable.

La méfiance, l’amertume et la vengeance s’installent alors durablement dans les cœurs et les esprits. Une barrière apparait entre leur couleur de peau et le reste de la population, ils donnent aux autres le sentiment d’être du côté de l’argent c’est leur choix ils ne peuvent que trahir. Voilà l’opinion dommageable qu’on a d’eux. Nous parlons ici de faits non contestables, venant du vécu et du quotidien entre noirs et métis dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne.

VI – L’expérience guinéo-capverdienne

La Guinée Bissau et les Iles du Cap vert avaient un mouvement commun de lutte émancipatrice fondé par notre frère l’ingénieur agronome, Amilcar Cabral. Le PAIGC, avait atteint ses objectifs à savoir libérer les deux pays du joug colonial portugais. Bien entendu dès l’indépendance acquise la coopération entre les deux pays au niveau étatique. Luis Cabral est un métis, il est le demi-frère d’Amilcar Cabral, c’est lui qui président les îles du Cap Vert effectue plusieurs visites en Guinée Bissau.

Mais la situation intérieur de la Guinée Bissau se dégrade avec le départ massif de nombreux portugais, le pays connais un net déclin économique et social dramatique. Il manque de tout y compris les produits alimentaires. La corruption croit avec la pénurie et le mécontentement gagne le peuple, qui a vite oublié les espoirs portés par l’indépendance et la fin de l’ère coloniale. Une répression s’abat sur certains éléments militaires de l’armée qui à combattue pour l’indépendance. Des témoignages d’exécutions sommaires sont irréfutables. Elles ont eu lieu sous l’administration de Louis Cabral.

Alors qu’au cap Vert, la population est largement métissée et se reconnais dans le gouvernement, il n’en est pas de même en Guinée Bissau, où les métis originaires du Cap-Vert sont nombreux dans le gouvernement et dans les milieux d’affaires, en plus grand nombre que les noirs pourtant majoritaire en Guinée Bissau.

La doctrine idéalisée par la fusion entre la Guinée-Bissau et le Cap Vert pendant les années de luttes et de guérilla contre le colonialisme portugais, l’unité forgée par le PAIGC va voler en éclat. La prédominance des métis dans le gouvernement et du parti. La division n’est pas loin et les noirs commencent par accuser Louis Cabral d’avoir trahi les idéaux de son demi-frère Amilcar Cabral.

La suite nous la connaissons Louis Cabral sera renversé le 14 novembre 1980 par un conseil révolutionnaire surtout composé de militaire noir dirigé par Joao Bernardo Vieira. L’ancien président est arrêté et son frère Vasco Cabral se refugie à l’Ambassade de Suède à Bissau.

Nous rapportons ici les événements tragiques qui ont fragilisés deux pays qui avaient tout pour avancer ensemble après une indépendance commune et une reconstruction nécessaire pour le bien être de tous. Les chemins se sont séparés pour une question sordide et mesquine de couleur de peau. Nous ne faisons que le relever ici.

VII –   Postulat de conclusion générale

Nous n’avons pas la prétention de faire ici un travail exhaustif, mais porter la plume dans la plaie est une nécessité sur ce sujet. Il n’y a qu’a ouvrir les yeux pour voir que des chinois s’installent en Afrique, certains se sont déjà mariés à des femmes noires d’autres vivent en concubinage avec nos sœurs.

Les français, les Libanais, italiens ou portugais ont laissé de nombreux enfants dans nos différents pays. La preuve sous nos yeux est : Jean-Ping, un métis fils d’un exploitant forestier chinois Charles Ping et de Germaine Anina, une Gabonaise, a été plusieurs fois ministres au Gabon, à présidé l’assemblée général de l’ONU, le conseil des ministres de l’OPEP et la commission de l’union africaine.

Il veut être président de la république du Gabon, rien ne devait l’en empêcher, et pourtant regardez les quolibets et les allusions mesquines à ses origines chinoises pendant la campagne électorale sans parler des résultats controversés du vote. Le métissage fut une grande réalité de l’amour dans l’Afrique du sud de l’apartheid. Nous devons composer avec dans cette Afrique en recomposition permanente de nos jours.

La plupart des constitutions de nos pays obligent les candidats à la députation ou à la présidence de la république d’être des nationaux descendants de père et de mère eux même issues du pays. L’Algérie va plus loin en exigeant que le candidat soit exclusivement Algérien, musulman et marié à une Algérienne. Le Cameroun, l’Ethiopie, le soudan, la république démocratique du Congo ou Madagascar ne reconnaissent pas la double nationalité.

Nous ne minimisons pas les expériences douloureuses vécus par les uns et les autres. Le moment n’est-il pas venu pour que la société africaine se fonde sur la solidarité et la dignité de tous ? Les réactions à cette question sont souvent violentes. «Tu ne vois pas comment les métis nous regardent de haut ? Ils sont pour la plupart mariés à des blanches ou à des métisses.

Regarde leurs comportements de respect et de courtoisie quand ils sont devant les blancs et regardez comment ils s’adressent à nous ! Blaise Compaoré n’est-il pas allé se réfugier en Côte d’Ivoire chez sa femme métisse franco-ivoirienne pour se faire blanchir par le contribuable ivoirien ? Réveille toi, tous ceux qui ont la double appartenance africaine et européenne privilégient toujours leur coté blanc.

Si tu observes bien, la constitution ivoirienne a été modifiée pour permettre aussi à un métis d’avoir tous les droits et de devenir un jour président de la Côte d’Ivoire. »

Nous disons à tous ceux qui se méfient ou s’opposent à la participation des métis à la vie politique que leur posture est ridicule et indécente vis-à-vis du vivre en semble. En fin un pays qui marginalise une partie de son propre groupe social s’affaiblit lui-même.

Soyons vigilant ensemble pour dénoncer les dérives malsaines que nous avons vu dans le zaïre de Mobutu. Jean-Delafosse, métisse, fut président du conseil économique de Côte d’Ivoire sans que cela ne pose de problème aux ivoiriens. Au Togo, Guy Fabre, l’actuel chef de l’opposition à la dynastie des Eyadema et fils est un métis qui parle couramment le mina sans que cela pose un problème aux autres togolais.

Au Mali Luis Nègre, fut ministre des finances du président Modibo Keita. Au Tchad. Gabriel Lisette, métis antillais fut député du Tchad à Paris. Nicolas Grunitzky de père Allemand ne fut-il pas président de la république du Togo ? Le Ghana n’est-il pas fière aujourd’hui de la gestion de John Gerry Rawlings ? Les métis doivent comprendre que ce qui pose problème aux autres c’est quand au nom de leurs intérêts particuliers ils jouent leurs propres jeux politiques en se rapprochant d’une tiers puissance au mépris du sentiment national.

Nous rappelons ici le sort de Marof Achkar, métis libano-guinéen, brillant diplomate, parlant couramment le français, l’Anglais et l’arabe, il fut ambassadeur de Guinée auprès des nations unies à New york de 1964 à 1968.président du comité spécial des nations unies sur l’apartheid. Proposé par le secrétaire général de l’ONU Mr U Tant, comme commissaire général de l’ONU pour la Namibie. Il démissionnera de l’administration guinéenne à la suite de son rappel à Conakry et du rejet de cette proposition par le président Sékou Touré.

Il commettra la faute de revenir en Guinée sur insistance de ses amis, il sera arrêté à sa descente d’avion et enfermé au camp Boiro. En dépit de tous les appels à la clémence et de l’intervention personnelle du secrétaire général de l’ONU, Marof Achkar, fut fusillé le 25 janvier 1971 sans avoir été jugé ni condamné.

Voilà pourquoi les métis doivent comprendre que les autres voient en eux des chevaux de Troie des occidentaux dans notre vie politique. Les béninois disent de Lionel Zinssou, nous préférons un mauvais gouvernement de chez nous à un bon gouvernement téléguidé de l’étranger. Les noirs pardonnent difficilement la trahison venant d’un métis. Dans la diaspora africaine d’aujourd’hui, nous avons des enfants qui par amour du pays de l’un de leurs parents feront le choix du retour. S’ils veulent s’impliquer en politique, nous leur disons ici et maintenant qu’ils évitent de couvrir les turpitudes d’un gouvernement criminel et corrompu.

Qu’ils soient proche des souffrances du plus grand nombre de leurs compatriotes. Le métissage se nourrit de partage dans l’épanouissement collectif. On ne peut pas être membre d’un gouvernement et se désolidariser de ses crimes comme certains nazis le faisaient si bien devant le tribunal de Nuremberg.

Avoir une posture morale n’est pas difficile quand on veut se mettre au service d’un pays. Nous avons le sentiment que les expériences vécus ici et là font que les noirs exigent plus d’un mulâtre que d’un blanc. Cela crée une énorme pression morale et sociale sur leurs épaules et leur donne le sentiment qu’ils ne sont pas encore acceptés ou intégrés. Ils sont rares au village de leur père ou de leur mère. On les voit rarement à nos funérailles et ils se marient entre eux. On attend alors la mort de leur père ou de leur mère pour leur reprocher publiquement le coté blanc de leur mentalité néfaste au clan familiale.

Comme vous le constater le chemin est long pour nos métis voilà pourquoi nous disons à ceux d’entre eux qui sont nos amis d’être proche de leur famille et de rester dans les milieux d’affaires que d’aller s’acoquiner avec des politiciens véreux, corrompus hautains et médiocres, qui les pousseront à la noyade dans une vie public fait de polémiques permanentes, de mauvaise foi, d’irrévérences de mépris, de coups bas et de combines mafieuses.

Dans son livre (un enfant de Poto-poto) publié chez Gallimard, notre frère Henri Lopes, qui fut premier ministre du président Marien Ngouabi, nous dit : le métis «nous a appris à devenir des être humains. D’ici et d’ailleurs et la notion dépérira dans quelques décennies, peut-être avant un siècle, il n’y aura plus de métis mais des français, des congolais, des américains, blancs, noirs, bruns. Les pur-sang  n’oseront plus se vanter de ce qui deviendra une tare. »

«La république des métis» cette petite phrase de Barnabé Kikaya Bin Krubi, le conseiller du président Joseph Kabila, est la preuve que le chemin est encore loin. Pour notre part nous disons ici que la réalité quotidienne nous éloigne du rêve d’Henri Lopez.

Dans des sociétés africaines compartimentées ou l’argent et les inégalités ont renforcé la méfiance et brisé le tissu social au point ou la solidarité collective n’existe presque plus. Les exemples positifs existent il faut s’en inspirer et rejeter les comportements négatifs qui nuisent à l’image du métis dans nos sociétés africaines en mutation.

Tel est notre constat du jour.

Merci de votre attention.

Dr Serge-Nicolas NZI

Chercheur en communication

Lugano (suisse) mail : nicolasnzi@bluewin.ch

Tel. 0041792465353

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