03302017Headline:

Libye : Daech a encore exécuté 49 personnes à Syrte

daech execution

une ONG accuse Daech de 49 exécutions à Syrte

L’ONG Human Rights Watch, basée à New York, accuse les djihadistes de Daech (ou groupe Etat islamique) d’au moins 49 assassinats à Syrte, son bastion en Libye.
Les victimes ont été exécutées par décapitation ou par balle pour crimes présumés de blasphème, sorcellerie et espionnage, affirme HRW dans son rapport de 41 pages. L’ONG s’est notamment entretenue avec 45 habitants ayant quitté Syrte pour se réfugier dans la ville côtière de Misrata à 240 km à l’ouest, ainsi que par téléphone ou courriel.

«Les habitants de Syrte évoquent des scènes d’horreur — de décapitations publiques, de dépouilles dans des uniformes orange suspendues à des échafaudages comme “crucifiées” et d’hommes arrachés de leurs lits par des combattants masqués en pleine nuit», indique le rapport. «Ils racontent que la police de la moralité, aidée par des informateurs, patrouille les rues, menaçant, punissant et fouettant les hommes qui fument, qui écoutent de la musique ou dont les épouses ou soeurs ne portent pas l’abaya (longue robe ample et flottante) noire».
«L’ampleur et la nature des exécutions pourraient constituer des crimes contre l’humanité»

Les 49 exécutions de Syrte ont été précédées «de procédures en grande partie secrètes bafouant les normes internationales fondamentales relatives à l’équité des procès», estime HRW. «Le meurtre de civils, de blessés ou de combattants en détention, par les membres d’une partie prenante d’un conflit est un crime de guerre, tout comme l’exécution de personnes sans procès équitable devant un tribunal ordinaire», souligne HRW. «La nature et ampleur des exécutions extrajudiciaires et autres actes pratiqués par l’EI en Libye pourraient également constituer des crimes contre l’humanité», ajoute l’ONG

«L’EI a également enlevé et fait disparaître des dizaines de miliciens libyens, dont beaucoup pourraient être morts», indique l’ONG en citant des élus locaux en exil et des miliciens de groupes opposés aux jihadistes. Les jihadistes ont en outre pillé et détruit les maisons de ceux qu’ils considèrent comme des ennemis, et ordonné la fermeture de boutiques de lingerie ou de vêtements occidentaux, selon HRW.

La vie à Syrte est «insupportable»

En outre, selon l’ONG, le groupe Etat islamique soumet la population de cette ville côtière de l’ouest de la Libye à «rude épreuve» depuis son arrivée à la fin 2014, notamment en détournant nourriture, médicaments, carburant et argent. Plus des deux-tiers des 80.000 habitants de la ville ont fui après l’arrivée de l’EI, selon le rapport.

La vie à Syrte est «insupportable» et tout le monde «vit dans la peur», témoigne Ahlam, une habitante de 30 ans citée dans le rapport. «Il n’y a pas d’épiceries, l’hôpital n’a ni médecins ni infirmiers, les médicaments manquent (…) Il y a des espions à tous les coins de rue. La plupart des gens sont partis mais nous nous sommes coincés. Nous n’avons pas assez d’argent pour partir», poursuit ce même témoin.

Le groupe jihadiste actif en Syrie et en Irak a profité du chaos dans lequel est plongée la Libye depuis la révolte qui mit fin à la dictature de Kadhafi en 2011 pour s’implanter dans ce riche et vaste pays pétrolier. Il y disposerait de 3.000 à 5.000 combattants, des étrangers pour la plupart, selon des sources françaises et américaines.

leparisien.fr

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment