12132017Headline:

Macron promet le “retour des œuvres culturelles pillées lors de la colonisation”

« La restitution des œuvres issues des pillages coloniaux n’est plus un tabou »

Louis-Georges Tin, le président du CRAN, se félicite des déclarations d’Emmanuel Macron à Ouagadougou sur le « retour du patrimoine africain à l’Afrique ».
Parmi les annonces du président français à Ouagadougou, il en est une qui constitue véritablement une rupture historique. Emmanuel Macron a déclaré : « Le patrimoine africain ne peut pas êtreuniquement dans des collections privées et des musées européens. Il doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, Lagos, Cotonou […]. Ce sera l’une de mes priorités. D’ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l’Afrique. »

Cette décision fait suite à la campagne lancée par le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) en décembre 2013. Depuis lors, le CRAN a publié plusieurs tribunes ou appels, notamment dans les colonnes du Monde, pour demander que les trésors africains pillés pendant la colonisation soient restitués aux pays d’origine.
Cette campagne a été présentée au niveau de l’Unesco et du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et soutenue activement par Jean Gervais Tchiffi Zié, le secrétaire général du Forum des rois et leaders traditionnels d’Afrique. Interpellé dans ce contexte, le président du Bénin, Patrice Talon, a formulé une demande officielle de restitution en juillet 2016. Il y a quelques jours, l’Assemblée des rois de Côte d’Ivoire a exprimé une requête semblable, transmise à l’Elysée par le CRAN.

Un enjeu de culture et de droit
Ces efforts n’ont pas été vains. La déclaration d’Emmanuel Macron répond clairement à la demande formulée. Comme l’indiquait Aminata Traoré, ancienne ministre malienne de la culture, plus de 90 % des biens culturels de l’Afrique sont en dehors de l’Afrique. Nicolas Sarkozy avait affirmé que l’homme africain « n’est pas assez entré dans l’histoire », il aurait dû dire : « Nous avons volé l’histoire de l’homme africain », ce qui n’est pas la même chose. Redisons-le clairement : le dialogue interculturel ne peut pas se fonder sur le pillage interculturel.

Ivoirematin

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