06282022Headline:

Mali: des habitants de Boni fuient le siège jihadiste.

Le calvaire des habitants de Boni se poursuit. Cela fait trois semaines tout juste ce mercredi 15 juin que cette ville du centre du Mali est sous blocus jihadiste. Les combattants islamistes de la Katiba Serma bloquent la route qui permet de parvenir à Boni. Ils reprochent à certains habitants de collaborer avec l’armée malienne et de ne pas respecter leurs prescriptions. De nombreux habitants ont choisi de quitter la ville, où des difficultés d’approvisionnement se font déjà sentir.

Les jihadistes de la Katiba Serma, membre du Jnim, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans, lié à Aqmi, ont permis aux habitants qui le souhaitaient de quitter Boni. Plusieurs dizaines de familles ont ainsi choisi, la semaine dernière, de fuir vers les localités voisines comme Douentza ou plus au nord à Gao ou Tombouctou. Selon des sources locales, il s’agit surtout de familles issues de communautés pastorales, confrontées à l’impossibilité de mener leurs activités, notamment de mener paître leurs animaux. 

De source onusienne, d’autres localités proches de Boni sont aussi affectées par le blocus – Banaga, Nissanata, Ella Boni, Loro, Ouro Nguerou – et confrontées à des problèmes d’approvisionnement, notamment alimentaires. « Il y avait déjà de graves difficultés avant, explique une source locale, le blocus jihadiste vient empirer la situation. » 

Les agents humanitaires et de santé ont eux aussi été contraints de quitter la zone.  

À Douentza, dernière ville accessible sur la RN16 avant le tronçon bloqué par la Katiba Serma, les nombreux bus -plus d’un millier de passagers – qui attendaient de pouvoir passer, se sont progressivement résolus à faire demi-tour. Cinq ou six véhicules seraient toujours à Douentza. Certains voyageurs ont réussi à atteindre Boni en osant emprunter, avec des véhicules plus légers, une voie secondaire. 

L’armée malienne avait procédé fin mai à des bombardements près de Boni et revendiqué une trentaine de jihadistes tués. Depuis, en dépit des sollicitations de RFI, plus aucune communication sur le cas de Boni. Des sources locales affirment que les soldats maliens et leurs supplétifs russes sont toujours présents dans le secteur.

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