05262022Headline:

Mali: la France mise au défi par la junte

La « posture » des militaires au pouvoirs à Bamako « met en péril l’opération Barkhane », prévient en Une le journal Le Figaro. La posture ? Pas moins de quatre plumes de ce quotidien, dont celle d’un éditorialiste, ont trempé dans le même encrier pour développer et commenter ce défi à la France par Bamako (selon ce journal) lancé.

A commencer par un « décryptage » de la situation au Mali, où, évoquant les « dizaines de milliers de personnes » réunies lors du giga rassemblement d’il y a huit jours à Bamako, Le Figaro constate que c’est dans la rue que demeure « la seule légitimité » de la junte malienne.

Rappelant l’interview télévisée de Choguel Maïga (présenté par Le Figaro comme un « panafricaniste au souverainisme sourcilleux », et durant laquelle le Premier ministre malien a réclamé la « relecture » de l’accord de défense entre Paris et Bamako), ce quotidien présente ce texte comme « indispensable au fonctionnement de l’intervention française, et Bamako le sait », complète Le Figaro, auquel une source, évoquant le sujet délicat de l’espace aérien malien, se montre serein en signalant la conclusion de simples accords « de déconfliction » pour éviter « que plusieurs appareils se retrouvent sans le savoir dans la même zone (…) Mais Paris le reconnaît. Sans un cadre politique clair et partagé, il est difficile d’imaginer continuer l’intervention militaire », énonce Le Figaro.

« Barkhane » dans les sables
Mais au-delà de la question du survol du territoire malien, c’est bien la question de la présumée présence sur place du groupe russe Wagner qui explique ces tensions diplomatiques. Dans le doute, Le Figaro se borne à formuler que la junte « pactise avec les mercenaires russes du groupe Wagner ». En attendant, « il faut bien constater que la menace islamiste n’a pas reculé dans la région, s’étendant au contraire vers le sud, jusqu’en Côte d’Ivoire et au Bénin, admet-il. À l’heure du bilan obligé, cette longue épreuve ne se solde pas par une victoire militaire, mais bien par une défaite politique ». Alors ? Alors pour expliquer ce que ce journal appelle « le piège malien » dans lequel est ensablée la France, Le Figaro soupire : « on n’aide pas les autres contre leur gré ».

Melv

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