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Mali : La résistance s’organise, mais la peur est-là! Ce que nous savons

Depuis l’annonce des sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA contre le Mali, la junte et ses soutiens au plan national, s’organisent à divers niveaux pour faire face à la situation. Mais l’atmosphère inquiète de nombreux analystes et spécialistes, y compris maliens, pour qui, la situation sera intenable, notamment en matière de flux monétaires.

En effet, les autorités maliennes devraient lever, dans les jours à venir, un emprunt de 30 milliards FCFA sur le marché financier. Mais, les sanctions portent un coup à cet élan ; l’État malien n’ayant plus accès à la BCEAO. Selon les explications, si les autorités maliennes qui avaient senti venir le couperet ont pris des dispositions, il n’en demeure pas moins que les réserves du Trésor malien ne tiendront pas longtemps.

C’est aussi le regard de cet économiste du Centre de Recherche, d’Analyse politiques, économiques et sociales (CRAPES) et Professeur d’économie à l’Université de Bamako, Etienne Fakaba Sissoko, qui se projette dans le temps. « Aujourd’hui, les banques ne sont approvisionnées que lorsqu’elles justifient que le décaissement demandé à la BCEAO est destiné à financer les exceptions édictées dans les sanctions de la BCEAO. (…). Même si le Trésor malien a constitué des réserves de guerre, le pays ne tiendra pas longtemps en autarcie financière. Nous avons la possibilité d’un point de vue des liquidités de tenir un mois. Au-delà de deux, c’est intenable », explique le spécialiste à travers les ondes de RFI.

En ce qui concerne les alternatives qui s’offrent au Mali, Pr Etienne Fakaba Sissoko scrute : « par exemple en Guinée (Conakry, ndlr), le port n’est pas suffisamment outillé pour recevoir le trafic commercial du Mali. Donc, en cas de redirection de l’économie du Mali vers ce port-là, c’est deux à trois jours avant qu’il n’y ait des débordements (engorgements, ndlr) à ce niveau. Par rapport à l’Algérie, il faudrait passer par le Grand Nord qui échappe au contrôle de l’Etat. Et de l’autre côté, vous avez la Mauritanie avec laquelle nous n’avons même pas de routes fiables ».

Du côté de Bamako, l’on s’apprête à organiser, ce vendredi, 14 janvier 2022, un « grand meeting de dénonciation » de ces sanctions. Plusieurs appels à mobilisation ont été à cet effet lancés par des organisations. « Il est temps de montrer ce que nous sommes, des héritiers de Modibo Keita. (…). Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga lira la déclaration finale à la place de l’Indépendance », clame un des organisateurs, l’ancien député Moussa Diarra, dont les propos sont relayés par le site malien, maliweb.net.

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