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Mobile: l’Afrique passe le cap d’1 milliard d’abonnés mobile

carte sim operateur mobile

Si le nombre d’abonnés mobile continue de croître et qu’Internet offre des perspectives de croissance importante, les opérateurs télécoms craignent pour leur avenir.

Elles n’étaient que quelques dizaines de milliers à la fin des années 1990. Bien que la croissance des abonnés ralentit désormais, leur nombre continuera a progresser dans les prochaines années pour atteindre 1,3 milliard en 2021.

Mais l’ensemble des revenus liés à la voix, qui représente encore plus de 70% du chiffre d’affaires des opérateurs africains, devrait baisser dans les cinq ans à venir pour s’établir à environ 50%. Si beaucoup reste à faire en Afrique pour couvrir les zones rurales, l’essentielle des marges de l’industrie proviendra désormais de la consommation de données sur internet et au travers des nombreux services digitaux apparus ces dernières années.

La course aux réseaux pour capter l’essor des données

Qu’il s’agisse de services financiers, de vidéos et de musiques à la demande ou du développement des objets connectés. Appelé également Internet des objets (IoT), ce domaine concerne aussi bien des applications destinées aux particuliers, qu’aux industriels et aux services publics. « Ce sera la prochaine révolution des télécoms », estime Babak Fouladi, responsable des innovations de l’opérateur sud-africain MTN. D’après une étude publiée par l’équipementier télécom Ericsson, les connections IoT mobiles sont amenées à augmenter de 38% par an en Afrique subsaharienne de 2016 à 2022.

Pour en tirer partie, partout sur le continent, les opérateurs poursuivent leurs efforts pour améliorer leurs infrastructures. Le groupe indien Airtel a investi, notamment dans les déploiement de ses réseaux, environ 400 à 500 millions de dollars en Afrique lors de chacun des trois derniers semestres. MTN, présent dans 22 pays en Afrique et au Moyen Orient, a fait encore mieux en mobilisant entre 800 millions et 1,3 milliard de dollars.

Le décollage de la consommation de données a aussi été accéléré par la baisse du prix des smartphones. Certains sont vendus désormais entre 50 et 30 dollars. En 2021, l’Afrique comptera 929 million de connexions via des smartphones d’après Ovum. Les revenus provenant des échanges de données (hors SMS) pourraient alors atteindre 27,56 milliards de dollars contre 6,4 milliards en 2015.

Grogne des opérateurs sur l’environnement des affaires

Des perspectives alléchantes qui ne suffisent cependant pas à donner le sourire aux opérateurs africains. « La vache n’a plus de lait » a prévenu Christian de Faria, président exécutif d’Airtel. Ralentissement de la croissance économique, baisse du cours des devises africaines, concurrence des applications comme Viber et Whatsapp, les opérateurs télécoms connaissent actuellement des vents contraires et voient leurs résultats financiers se dégrader.

Lors du salon Africacom, Christian de Faria a appelé les pouvoirs publics à davantage dialoguer avec les opérateurs estimant notamment que les niveaux de taxation actuels étaient quasiment insupportables. « Nous avons besoin d’améliorer l’environnement du secteur des télécoms. Les taxes représentent jusqu’à 60% de nos revenus dans certains pays », a-t-il indiqué.

Les opérateurs pourront tabler sur le renouveau des connexions fixes, qui passeront d’environ 14 millions à 20 millions au cours des cinq prochaines années, notamment via les abonnements 4G et la fibre optique. Mais là encore, ils devront composer avec une nouvelle concurrence.

À l’image de la percée de l’opérateur d’infratstructure Liquid Telecom, qui avec le rachat du sud africain Neotel, détiendra environ 40 000 kilomètres de fibre sous gestion, principalement en Afrique australe. Un réseau dont il entend faire profiter notamment les entreprises. Autre challenger à venir, cette fois en provenance du secteur audiovisuel, le groupe Canal +. Ce spécialiste de la télévision payante compte plus de deux millions de clients sur le continent et souhaite étendre ses activités à la fourniture d’accés internet fixe dans la vingtaine de pays dans lesquels il est présent.

Il y a dix ans, c’était fun, mais aujourd’hui beaucoup moins, regrette un brin nostalgique Christian de Faria.

jeuneAfrique

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