04192021Headline:

Niger: attaques terroristes, les villageois de trois cars froidement liquidés

On ne sait plus quoi penser de cette région martyre du sud-ouest du Niger, théâtre régulier d’attaques terroristes souvent de masse. Le lundi 15 mars 2021, cette localité située dans la zone dite des « Trois frontières », que se partagent le Niger, le Mali et le Burkina Faso, a, en effet, été de nouveau endeuillée par l’exécution d’une cinquantaine de civils qui revenaient du grand marché de bétail de Banibangou, véritable poumon économique de toute la zone. Les villageois ont tous été froidement liquidés à l’intérieur des trois cars. Pour boire la coupe de leur forfaiture jusqu’à la lie, les assaillants n’ont pas trouvé mieux à faire que d’incendier les véhicules.

Quelle gloire y a-t-il, pour des hommes, qui prétendent combattre pour Allah, à s’en prendre à de pauvres civils aux mains nues ?

Tillabéri ! Encore Tillabéri ! Toujours Tillabéri !

Ce n’est hélas pas la première fois que cette bourgade, souffre-douleur des terroristes au Niger, connaît une attaque d’importance.

Partons seulement de 2019 :

Juillet 2019 : 18 soldats tués à Inatès suite à l’attaque de leur camp ;

10 décembre 2019, toujours à Inatès : 71 militaires tombèrent, les armes à la main, au cours d’une véritable boucherie. Une attaque dont l’ampleur avait entraîné le report du Sommet du G5 Sahel de Pau en France ;

8 janvier 2020 : 89 hommes de l’armée nigérienne massacrés à Chinagodar. Moins d’un mois après l’horreur d’Inatès ;

9 mai 2020 : Massacre de 20 civils dans l’attaque de deux villages ;

9 août 2020 : assassinat de 8 civils dont 6 travailleurs humanitaires français de l’ONG ACTED à Kouré ;

2 janvier 2021 : véritable carnage dans les villages de Tchoma Bangou et Zaroumadareye où 100 paisibles citoyens sont fauchés par les balles assassines des terroristes ;

21 février 2021 : 7 agents électoraux périssent le jour du second tour de la présidentielle nigérienne après que leur véhicule eut explosé sur une mine artisanale.

Arrêtez le massacre !

Ce décompte macabre, loin d’être exhaustif, montre à quel point la région de Tillabéri est mise sous sa coupe par les djihadistes, principalement par l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) qui y fait à peu près tout ce qu’il veut.

Ni l’état d’urgence, qui y prévaut depuis 2027, ni l’interdiction de circuler à certaines heures, encore moins la grande offensive menée par Barkhane et les armées coalisées ne sont parvenues à couper définitivement les multiples bras tentaculaires de cette pieuvre qui se régénèrent presque aussitôt.

Lors du récent Sommet du G5 Sahel tenu les 15 et 16 février dernier à N’Djamena, le président français, Emmanuel Macron, et ses homologues africains ainsi que toute la hiérarchie militaire s’enorgueillissaient des coups décisifs portés à l’abominable hydre qui conserve toutes ses capacités de nuisance, comme on vient de le voir.

C’est dire donc que la lutte contre le terrorisme, notamment dans la bande sahélo-saharienne, s’apparente à un travail de Sisyphe.

C’est à se demander si finalement on viendra un jour à bout de ce péril sécuritaire qui fragilise nos États et annihile leurs efforts de développement économique et social.

A moins que ces attaques récurrentes contre des civils ne soit que des actes de désespoir face à la montée en puissance des armées locales. Poussant ainsi les groupes armés à la tactique de la terre ensanglantée sur leur chemin de la débandade.

Alain Saint Robespierre

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