09192020Headline:

Nigeria : Boko Haram poursuit ses attaques

boko haram

Près de trois semaines après l’espoir éphémère d’une trêve au Nigeria, la situation s’aggrave à nouveau. Les attaques se multiplient et l’armée reste impuissante.

Le Nigeria s’enfonce à nouveau dans la violence. Après l’annonce faite par les autorités nigérianes le mois dernier, de la libération des 200 lycéennes enlevées en avril par Boko Haram et d’une signature de cessez-le-feu, rien n’a changé bien au contraire.

Les victimes sont toujours entre les mains de leurs ravisseurs et les familles, elles, commencent à perdre patience et s’en prennent au gouvernement. Cette communication désastreuse des autorités n’est pas une nouveauté. Plusieurs fois depuis le début de l’année, des annonces ont été faites sans que pour autant les actes suivent, ce qui provoque la colère d’une population qui craint pour sa sécurité.

D’autant que même l’armée a été accusée de pratiquer des tortures et d’exécuter des victimes innocentes sous couvert de lutter contre Boko Haram. C’est donc une véritable défiance qui est en train de s’installer petit à petit entre le pouvoir et les nigérians et en particulier ceux qui sont directement menacés par les terroristes.

En juin dernier, le maréchal Alex Badeh avait fait une sortie médiatique fracassante affirmant «la bonne nouvelle pour les filles, c’est que nous savons où elles se trouvent, mais nous ne pouvons pas vous le dire ». Il avait, néanmoins refusé de donner plus d’informations pour ne pas mettre en péril la vie des lycéennes ou pour ne pas provoquer un départ massif des geôliers terroristes de Boko Haram avec leurs victimes. Washington avait de son côté toujours démenti cette information et affirmé avoir de très sérieux doutes.

Boko Haram poursuit ses provocations

En octobre l’armée s’était déjà ridiculisée en annonçant la mort de Abubakar Shekau la chef de Boko Haram. Ce dernier est apparu, dans le foulée, bel et bien vivant réfutant les rumeurs et annonçant par la même occasion qu’un califat islamique avait été mis en place partout où le groupe terroriste est implanté. Pour le moment et selon diverses sources il semblerait qu’au moins 80 villes et villages soient sous domination de Boko Haram, tous dans le nord du Nigeria.

« Me voilà, en vie. Je ne mourrai que le jour où Allah m’ôtera le souffle », avait déclaré le chef du groupe islamiste dans la vidéo de plus d’une demie heure avant de faire le descriptif de la loi qu’il entendait faire régner sur les territoires conquis.

Alors que les jeunes lycéennes ne sont toujours pas libérées, l’ONG Human Right Watch a tiré la sonnette d’alarme concernant les conditions de détention des otages. Selon elle, Boko Haram utilise ses prisonnières en première ligne lors des combats. Dans un rapport émis par l’organisation, plusieurs témoignages font état des mauvais traitements infligés aux jeunes filles.

Une d’entre elle qui a été retenue par les terroristes pendant près de trois mois s’est exprimée. «On m’a demandé de porter les munitions et de m’allonger dans l’herbe pendant qu’ils se battaient. Ils venaient s’approvisionner en munitions, au cours de la journée, alors que les combats se poursuivaient» a-t-elle expliqué. Outre cette utilisation des otages lors des combats, d’autres témoignages font état de viols et de violences quotidiennes.

Face à la recrudescence d’actes terroristes les autorités semblent totalement dépassées. Aucune sortie de crise ne semble désormais possible et le fatalisme gagne peu à peu le pays puisque même le président Goodluck Jonathan n’a aujourd’hui, aucune solution valable.
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