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Nigeria : Un attentat dans une gare fait 71 morts

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La gare routière de Nyanya à Abuja, a été hier lundi le théâtre d’une insoutenable boucherie, avec des corps en lambeaux éparpillés partout. (AFP)

Un attentat d’une rare violence s’est produit hier lundi dans une gare routière d’ Abuja. Le bilan qui est provisoirement de 71 morts, est le plus lourd jusque-là enregistré dans la capitale fédérale.

La gare routière de Nyanya, à 5 kilomètres d’Abuja, la capitale politique du Nigeria, ressemblait hier lundi à un immense abattoir à ciel ouvert avec des corps ensanglantés et des morceaux de chair éparpillés partout. L’attentat qui porte incontestablement la marque de la secte islamiste Boko haram, s’est produit à 5h45 GMT, (6H45 heure locale). C’est à cette heure justement, que la gare connaît une forte affluence. Les milliers de travailleurs qui doivent rallier leur lieu de travail, attendaient les véhicules , lorsqu’une forte détonation a été entendue. C’est une bombe probablement placée dans un véhicule stationné à côté d’un car de transport, qui a été activée.

Certains témoins ont affirmé avoir entendu une seconde déflagration après la première. Les dégâts sont énormes. La bombe qui a creusé un cratère d’un mètre de profondeur, a tué sur le coup 71 personnes, la plupart des habitants d’un quartier populaire fuyant les loyers trop chers de la capitale fédérale. C’est par camions, que les secouristes évacuaient les morts et les blessés, (plus d’une centaine) de cette gare où s’est produite l’insoutenable boucherie. Depuis l’attentat de 2011 contre le siège des Nations-Unies à Abuja qui a fait 26 tués, la capitale politique n’a plus connu un attentat de cette ampleur.

Le président Goodluck Jonathan qui s’est rendu sur les lieux, a promis de venir à bout de cette obscure secte qui sème la mort depuis 2009, année où elle s’est signalée pour la première fois. Depuis début 2014, les violences liées à la secte ont fait quelque 1500 morts. Ce n’est pas la première fois que le président nigérian promet de neutraliser cette secte. La vaste offensive menée par les forces spéciales, il y a bientôt un an, dans certaines localités du nord sanctuarisées par Boko haram, n’a pas permis d’affaiblir la secte, encore moins l’anéantir. A un an de la prochaine présidentielle, l’insécurité risque d’être le principal cheval de bataille de l’opposition contre le président sortant. Malgré un bilan économique assez flatteur, le Nigeria ayant surclassé depuis cette année 2014 l’Afrique du Sud, première puissance économique du continent, Jonathan risque de payer dans les urnes, son incapacité à endiguer le fléau de l’insécurité, un sérieux obstacle au développement des affaires chez le premier producteur africain de brut.

Charles d’Almeida

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