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Nigeria: Un Ivoirien employé de l’ambassade victime de Boko Haram appelle les autorités au secours

ivoirien de boko

Sur ces photos prises lors de son hospitalisation à Abuja, l’on voit l’Ivoirien victime de Boko Haram. Depuis ce temps, son état ne s’est pas amélioré, alors qu’il est aujourd’hui sans le sou. (Photo DR)

Le 25 juin 2014, alors qu’il faisait ses achats dans une grande surface d’Abuja, la capitale administrative du Nigeria, un employé de l’ambassade de Côte d’Ivoire a été victime d’un attentat à la bombe attribué à Boko Haram. Il s’en est sorti miraculeusement, mais avec de graves blessures et des séquelles qu’il gardera à vie.

Meudié Seudo Laurent était réceptionniste- standardiste à l’ambassade de Côte d’Ivoire à Abuja depuis le 2 mai 2000. Sa vie aurait pu prendre fin dans l’après-midi du 25 juin 2014. Il était un peu de plus de 16 h ce jour, l’Emab Plazza, un grand centre commercial de la capitale, grouillait de monde. A l’instar de nombreux habitants d’Abuja, le réceptionniste de l’ambassade de Côte d’Ivoire a préféré ce lieu plus sécurisé que les trois grands marchés de la ville que Boko Haram a ciblés depuis quelques jours, comme les lieux de ses prochaines frappes. Mais c’était plutôt une diversion savamment planifiée par la secte. Alors que les trois marchés de la ville étaient sous très haute surveillance, c’est plutôt l’Emab Plazza qui était la véritable cible des islamistes nigérians.

Tout s’est passé en une fraction de secondes, « j’ai entendu un bruit assourdissant et un puissant souffle qui m’a projeté. Lorsque je suis revenu à moi, ce que j’ai vu était indescriptible », affirme Meudié Seudo Laurent. L’employé de l’ambassade de Côte d’Ivoire décrit un décor apocalyptique. Sur les lieux, le spectacle est ahurissant. Dans un nuage de poussière et de fumée, des véhicules étaient en flammes, des lambeaux de chairs sont éparpillés, du sang a giclé sur des gravats de béton, le tout dans un concert de « au secours au secours ! ». Les secours n’ont pas tardé à arriver, l’Ivoirien était parmi les survivants de cet horrible carnage qui a fait plusieurs dizaines de morts. Mais dans quel état? « J’ai reçu une multitude d’éclats de bombe dans mon corps qui était complètement en sang. Ce qui me restait comme habit, était plutôt un haillon ensanglanté. Après avoir prévenu l’ambassade, je me suis retrouvé au Hassan Clinic de la capitale fédérale, où les médecins ont pu extraire une partie des débris de fer éparpillés dans mon corps. Ils m’ont dit que plusieurs autres sont restés et que d’autres interventions s’avèrent nécessaires pour extraire le reste des éclats ».

Comme un malheur n’arrive jamais seul, c’est pendant cette difficile période que le réceptionniste perd son emploi, victime d’un dégraissage du personnel de l’ambassade, le 31 août 2014. Ses droits payés, Meudié choisit de rentrer en Côte d’Ivoire pour continuer ses soins, laissant du coup sa petite, mais juteuse affaire de restauration. L’ancien réceptionniste était le patron de ‘’L’Attiéke republic’’, un maquis ivoirien, incontournable lieu de rencontres à Abuja, des Ivoiriens et d’autres Africains friands des mets ivoiriens. Avec les droits de son licenciement et sa petite économie, Meudié arrive à Abidjan pour continuer le traitement. C’est le Chu de Treichville qui l’a d’abord accueilli, puis une polyclinique de la place pour des traitements qui ont totalement épuisé ses ressources financières. Le miraculé d’Abuja a même expérimenté la médecine traditionnelle, mais le mal persiste : « Je continue de ressentir des douleurs dans tout mon corps notamment au niveau du bassin. Quant à ma main gauche, je ne peux en faire le moindre usage. » Au plan sexuel, l’ancien réceptionniste confie même qu’il ne répond plus correctement.

Un an bientôt après son retour en Côte d’Ivoire, Meudié Seudo Laurent affirme être en situation de détresse. Il s’est rendu dans nos locaux pour lancer un SOS aux autorités ivoiriennes, au ministère des Affaires étrangères son ex-tutelle et bien entendu au chef de l’Etat qu’il a eu l’occasion de rencontrer à Abuja au cours de l’un de ses séjours au Nigeria. En effet, sur l’une des photos de la rencontre que le président Ouattara a eue avec la communauté ivoirienne, on voyait le chef de l’Etat féliciter chaleureusement Meudié qui était le porte-parole des résidents ivoiriens au Nigeria. « Venez à mon secours, monsieur le président, car je n’en peux plus », a lancé le rescapé qui en plus de sa propre santé, doit également soigner sa fille drépanocytaire (SS) dont la santé se dégrade de jour en jour, faute de soins.

Charles d’Almeida

L’INTER

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