08182018Headline:

Ousmane Tanor Dieng, a annoncé son soutien à la candidature de Macky Sall pour la présidentielle de 2019 au Sénégal.

Le Parti socialiste sénégalais, conduit par Ousmane Tanor Dieng, a annoncé ce week-end son soutien à la candidature de Macky Sall pour la présidentielle de 2019 au Sénégal. Une erreur, selon Ousseynou Nar Gueye, à la tête du site d’informations Tract.sn et engagé au sein du SUD.

Le Parti socialiste (PS) sénégalais a donc décidé de « mackyller » ses futurs comptes électoraux de 2019, en choisissant de cacher sa forêt de militants derrière l’arbre Macky Sall, désormais candidat officiel du parti de Senghor à l’élection présidentielle. Ce faisant, le parti « tanorisé » – mais désormais dénué de ténors – a définitivement déserté ses responsabilités de parti historique pour au moins une génération, soit vingt ans. Et il n’est pas sûr qu’il s’en relève un jour.

Si les partis « historiques » se reconnaissent à l’aune des bourgeons auxquels ils ont donné naissance, il n’y en a que deux au Sénégal à mériter ce titre, même s’ils sont pour l’un à la remorque d’un attelage aux affaires, et pour l’autre dans une opposition qui s’escrime à rester significative : le PS et le PDS (Parti démocratique sénégalais).

Le PS a refusé de s’assumer, au nom d’un bilan présidentiel dont il serait comptable. Cette raison est spécieuse. On peut gouverner ensemble et ne point aller à la mère des batailles – la présidentielle – bras dessus, bras dessous.

Oui, le PS a joué petit bras sur cette affaire. Lui qui compte des militants, et donc des électeurs, dans tous les recoins du pays refuse de se compter pour cette fois. Mais encore eût-il fallu qu’il ne soit pas dans un gouvernement de majorité présidentielle (élargie). Le bon vocable pour désigner le compagnonnage autour de « Macky 1er » aurait dû être : « gouvernement de coalition ». Comme cela se passe dans les démocraties avancées.

ON PEUT SE PESER À DES ÉLECTIONS PUIS S’ALLIER POUR GOUVERNER

On peut se peser à des élections puis s’allier pour gouverner. Et à l’élection suivante, retourner chacun devant les (ses) électeurs. C’est ce qu’il se passe en Allemagne, où la chancelière Angela Merkel a dû bricoler une coalition après être arrivée première aux élections sans pour autant avoir remporté la majorité absolue.

C’est aussi le cas au Royaume-Uni, où une coalition gouvernementale a dû être constituée après l’élection. Ainsi, ces partis-là ne se diluent pas dans le plus fort d’entre eux et n’abdiquent en rien leurs prétentions à gouverner.

Le Premier ministre français Lionel Jospin avait également expérimenté « la gauche plurielle », laissant plusieurs ministres de son gouvernement, dont Christiane Taubira, se présenter à l’élection présidentielle de 2002. Ce qui vaudra d’ailleurs à Jospin d’arriver troisième au premier tour, derrière Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. C’est certainement ce funeste destin qui est craint au Sénégal par ceux qui nous gouvernent et aident à nous gouverner.

MACKY SALL NE PEUT ÊTRE QUE PRENEUR DE LA DÉSERTION EN RASE CAMPAGNE DES AMBITIONS PRÉSIDENTIELLES DU PS

Avec 49% aux législatives de juillet 2017, étiage le plus haut possible du camp présidentiel quand on sait que celui-ci fait le plein de voix aux élections nationales en raison de ses capacités de mobilisation (y compris financière), Macky Sall ne peut être que preneur de la désertion en rase campagne des ambitions présidentielles du PS, de l’Alliance des forces de progrès (AFP) ou encore de l’ Union pour le renouveau démocratique (URD).

Mais l’acte de décès de ces partis, qui auront eu des scores importants – parfois à deux chiffres – à des élections présidentielles passées, pourra être établi au soir du 24 février 2019. Après l’élection présidentielle, les leaders du PS et de l’AFP, qui ont empêché toute émergence de candidat dans leurs partis respectifs pourront également dire adieu à leurs prébendes institutionnelles.

Moustapha Niasse ne rempilera certainement pas pour cinq ans à la tête de l’Assemblée nationale dans le cas où Macky Sall gagnerait. Pas plus que Tanor au Haut Conseil des collectivités territoriales (HCCT). Sans parler de l’URD, désormais parti-croupion orphelin de feu Djibo Kâ [décédé en septembre 2017, ndlr].

Et si le président sortant perdait cette joute en 2019, la remontée de la pente du PS et de l’AFP, dans le giron de la future opposition, serait un véritable rocher de Sisyphe. La seule option politiquement acceptable pour le PS et l’AFP aurait été de faire comme Abdoulaye Wade, ancien ministre dans plusieurs gouvernements d’Abdou Diouf : il en était sorti opportunément pour se présenter aux présidentielles de 1993 et de 2000.

On peut se revendiquer comptable du bilan d’un président mais on se doit surtout d’être responsable envers ses électeurs, passés comme futurs.

jeune afrique

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