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Que cache vraiment la tournée éclair de Hollande en Afrique maintenant ?

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Alors qu’il a beaucoup plus à faire actuellement en Europe, où la crise grecque affole tous les dirigeants de l’Ue, François Hollande débarque en Afrique pour une tournée éclair dont tout le monde s’interroge sur l’opportunité.

C’est au pas de course, que le président français effectue son mini-périple africain du 2 au 3 juillet. En moins de 48 H, il devra visiter trois pays d’Afrique, qui plus est, ne sont pas tous dans la même sous-région. En Afrique de l’ouest, c’est le Bénin qu’il a choisi. François Hollande y est arrivé, au petit matin du jeudi 1er juillet. Visiblement, il y est venu pour décerner un satisfecit à la démocratie béninoise.

Au cours de son intervention devant les différentes composantes de la classe politique béninoise réunies au palais de la présidence, M. Hollande a salué le modèle démocratique béninois. Il s’est félicité de la bonne conduite de l’alternance politique dans ce pays, trois au total, depuis 1990. Ce constat est aussi une invite indirecte à son ami Thomas Boni Yayi à s’effacer dans 8 mois, au terme de son deuxième et dernier mandat. Le flou longtemps entretenu par l’actuel président au sujet de son départ du pouvoir au terme de son actuel mandat, a sérieusement crispé l’atmosphère politique dans son pays. En Angola dans le sud- ouest du continent où il sera ce vendredi, le président français devra s’armer de courage pour parler d’alternance politique, un mot inexistant dans le vocabulaire de son homologue Eduardo Dos Santos, au pouvoir depuis 35 bonnes années.

Apparemment à Luanda, Hollande parlera plus affaires que de démocratie, au risque de prêcher dans le désert. Malgré son monopole du pouvoir depuis l’indépendance en 1975, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (Mpla), le parti d’Eduardo Dos Santos a hissé l’Angola au rang des économies les plus prospères du continent. En 2014, il était prévu une croissance de 7,9% pour le deuxième producteur de brut du continent. De nombreux investisseurs français sont présents en Angola, notamment dans le secteur du pétrole avec le Groupe Total.

Enfin le Cameroun en Afrique centrale, troisième étape de cette brève tournée, est également sur le même registre des pays imperméables au vent démocratique que l’Angola. Ici également, François Hollande risque de parler dans les oreilles d’un sourd, car Paul Biya qui règne sans discontinuer sur ce pays depuis 32 ans, n’est pas prêt à prendre sa retraite, malgré ses 82 printemps. A l’impossible nul n’est tenu, à défaut de convaincre Biya de passer enfin la main à la jeune génération, le président français pourrait tout au moins plaider le sort de l’avocate franco-camerounaise Lydienne Yen Eyoum qui purge une peine de 25 ans de prison. Il est probable que la prisonnière recouvre la liberté quelque temps après cette visite. Autre sujet qui sera certainement au menu de cette visite, c’est Boko Haram, le groupe terroriste nigérian qui sévit aussi au Cameroun. La France apporte un soutien logistique au Cameroun dans sa lutte contre la secte islamiste. Cette coopération pourrait être renforcée.

Charles D’ALMEIDA

L’INTER

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