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RDC : Kabila profite de l’élection de Trump pour savonner Obama/ ses propos..

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Avec l’élection du républicain Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, le démocrate Barack Obama est sur le départ. Occasion saisie par certains chefs d’Etat contestés de dire tout le “bien” qu’ils pensent de leur cousin éloigné et de son administration. Joseph Kabila, en RDC, aux avant-postes.
Les langues de certains autocrates africains au pouvoir commencent-elles à se délier avec l’élection de Donald Trump ? En tout cas, le pan du discours de victoire du 45e président des Etats-Unis qui mettait en avant une politique étrangère non-interventionniste, n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Cette « doctrine Trump » a peut-être fait exulter de joie en coulisses des régimes contestés jusque dans leur propre pays.

Derrière un masque, Kabila crache son venin sur Obama
Si des présidents africains ne se sont fendus que d’un tweet pour saluer l’arrivée à la Maison Blanche, certains régimes sur le continent ont littéralement fait leur « déclaration d’amour » au magnat de l’immobilier qui va désormais loger dans l’une des maisons les plus convoitées du monde. C’est dans ce sillage que, depuis Kinshasa, Jospeh Kabila a adressé ses « sincères félicitations » pour la « brillante élection de Donald Trump » dans un message officiel véhiculé par son directeur de cabinet.

 

Mais derrière cette politesse diplomatique, l’occasion était trop belle pour le régime en place à Kinshasa de passer un savon à l’administration Obama. Dans ses rapports de ces derniers mois avec Kinshasa, Washington a multiplié les injonctions au respect de la constitution dans la tentative pour Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat légal qui devait arriver à terme en décembre 2016 mais qui a été prolongé jusqu’en avril 2018 devant les protestations de la rue congolaise. Face à la politique de la sourde oreille de Kinsaha, l’administration Obama a lancé de timides sanctions contre des responsables congolais. Mais, dans sa virulente charge offensive contre le locataire sortant de la Maison Blanche, « l’héritier du Mzee » (surnom donné à son père) avance masqué.

L’espoir de rempiler pour un nouveau mandat avec Trump ?
C’est donc le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende qui décoche les premières flèches.

«[…] au niveau du gouvernement [..] nous avons mal vécu les dernières années de l’administration démocrate qui s’est comportée vis-à-vis de nous avec une attitude cavalière en se permettant de prendre des sanctions unilatérales au regard du droit international, totalement illégales contre les officiels congolais alors que les sanctions ne peuvent être envisagées que dans un contexte bilatéral, c’est-à-dire les Nations unies à travers le Conseil de sécurité. Il y a eu trop de liberté avec les principes du droit international vis- à-vis de notre pays par l’administration de M. Obama qui est une administration démocrate », indique le porte-parole du gouvernement dans une interview au quotidien Le Potentiel dans son édition du 09 novembre 2016.
Lire aussi : Présidentielle américaine : l’Afrique doit-elle craindre une victoire de Trump ?

Aussi, l’arrivée de Donald Trump, non-interventionniste assumé, est-elle accueillie à Kinshasa comme un changement de paradigme dans sa relation avec les Etats-Unis. « Nous espérons que ces relations seront maintenant beaucoup plus respectueuses de notre dignité et de notre souveraineté », confie encore Lambert Mende. Autant dire que le non-interventionnisme prêché par Trump signifie aux oreilles des autorités kinoises, une carte blanche de laisser-faire. La répression de manifestations ou leur refus sous des prétextes fallacieux pourrait donc se poursuivre devant l’attentisme de la communauté internationale plus encline aux déclarations diplomatiques qu’à de véritables pressions.

 

Pour le régime de Kinshasa, l’arrivée de Trump au 1600 Pennsylvania Avenue sonne comme le début de sa longévité au pouvoir (près de 16 ans déjà). D’autres chefs d’Etats africains prolongateurs de mandats pourraient s’aligner sur la même ligne.

afrique.latribune.fr

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