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Rdc: les enseignants maintiennent en partie la grève malgré l’appel des syndicats

En dépit du mot d’ordre des syndicats de reprendre les cours lundi 1er novembre, une partie des enseignants a décidé de poursuivre leur mouvement de grève en attendant la concrétisation des promesses du gouvernement. Depuis la rentrée le 4 octobre, les élèves de plusieurs écoles publiques n’ont pas entamé les cours, exigeant des améliorations de salaires et la paie des milliers de professeurs restés sans solde.

« Les enseignants sont là, nous dispatchons les élèves aujourd’hui. Pour la suite, on verra comment ça va se passer », résume Ramazani, enseignant.

À l’école primaire Lingwala III, dans le centre de la capitale, la vie scolaire semblait se rétablir ce matin, avec des élèves massés dans la cour. Ramazani distribue pour la première fois depuis un mois des listes de présence à ses collègues.

« Depuis la rentrée des classes, on venait ici, les enseignants ne touchaient pas la craie, ils restaient à côté, et les élèves jouaient, raconte-t-il. Et puis à 12h, ils rentraient à la maison. »

Dans d’autres écoles, des enseignants débarquent dans la cour, sans entrer dans la salle de classe. La grève a pour conséquences moins d’élèves dans les écoles, comme à Lingwala III.

« La plupart des parents ont retiré leurs enfants, puisqu’après un mois, les élèves n’étudiaient pas, poursuit Ramazani. La plupart des parents qui étaient souples ont retiré leurs enfants pour les écrire à l’école privée. »

Dans cette salle de classe, l’enseignant Bisaka Ilenda perçoit la liste déclarative, mais pour de simples formalités.« Il peut y avoir un incident, c’est en fonction de ça que je peux me justifier, poursuit l’enseignant. Nos autorités sont bizarres : s’il faut placer l’état salarial d’un ministre ou de n’importe quelle autorité, ça n’engage pas un débat. Mais pour payer un enseignant ne fût-ce que 500 dollars, ça pose problème. »

Les parents en colère demandent au gouvernement de « payer les enseignants »
En plein centre-ville de Kinshasa, Christian, tiré à quatre épingles, raccompagne son fils à la maison. C’est une routine depuis quatre semaines, à cause de la grève des enseignants de l’école primaire Boboto.

« Les classes ne sont pas ouvertes, les enseignants ne sont pas présents. Je crois que le gouvernement doit essayer de mettre de l’eau dans son vin. C’est bien de commencer ce processus de la gratuité, mais on vient de constater que ça ne va pas, il faut y aller progressivement », opine-t-il.

Car les revendications ont débuté avec la mise en place de la gratuité de l’enseignement primaire instauré par le président Felix Tshisékédi depuis deux ans. Auparavant, c’était aux parents de payer directement les enseignants.

Désormais, de nombreux élèves se tournent les pouces. Cette femme entourée de ses deux petites filles ne décolère pas : « Regardez ce qu’ils font de nos enfants, ils veulent qu’ils restent des illettrés. Nous avons les moyens de scolariser nos enfants. Les 170 dollars que le gouvernement paye aux enseignants, c’est insignifiant ! Nos enfants sont touchés par la grève, alors que ceux des dirigeants vont dans les écoles privées. »

À quelques mètres, à l’école primaire de la Gombe, la situation contraste. Depuis la rentrée, la grève n’a jamais eu lieu dans ce complexe scolaire géré à 100% par l’État, assure son directeur Robert Ngai-Ngai.

« Depuis le 4 octobre, vous pouvez sillonner tout le complexe de l’athénée de la Gombe, vous verrez que les cours se donnent normalement et sans interruption. Les syndicats négocient et on ose croire que dans ces négociations, l’enseignant pourra trouver gain de cause », explique-t-il.

En attendant, les négociations se poursuivent et cela, en principe, pendant encore plusieurs jours. Les grévistes disent attendre la concrétisation des promesses par le gouvernement avant de reprendre les cours, avec un retard dans les cours qui sera difficile à rattraper.

Melv sage

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