10232017Headline:

Réformes de l’ONU : Pourquoi l’Afrique ne sera pas entendue ?Les raisons

Assemblée générale des Nations Unies, New York, 72ème session, Réformes, Afrique, Etats-Unis, Russie, Chine, Corée du Nord, Donald Trump, Alpha Condé, Président de la Guinée, Union Africaine, Anglophone, Francophone, Véto, Conseil de Sécurité, Deux sièges permanents, 5 sièges non permanents

Le contexte est grave. L’ONU a été créée il y a 72 ans par Roosevelt, Churchill et Staline dans le seul but d’éviter une nouvelle guerre dans le monde, spécifiquement entre les trois « grands ». Pour jouer les équilibristes, les trois se sont entendus pour inviter à la table la Chine pour faire poids avec l’URSS face aux USA, la Grande Bretagne et la France pour former les membres permanents du Conseil de Sécurité.

On peut se demander aujourd’hui pourquoi l’Afrique du sud n’a pas été retenue, parce qu’elle était en ballotage défavorable avec la France de De Gaulle farouche résistant à Hitler et lié à Churchill et pas hostile à Staline ? A deux et demi ou à trois contre deux, n’est-ce pas dans ce déséquilibre que le droit de veto est né ? On sait que Staline, fort de sa puissance militaire et de son omniprésence en Europe à cause de la situation géographique, ne voulait rien concéder.

Depuis, le droit de veto a empoisonné l’ONU. Si les cinq « grands » ne se touchaient pas mais se torpillaient, s’invectivaient par Etats et alliés interposés. La Conférence de Bandung, en Indonésie, en 1955 a créé le mouvement des Non-alignés, officiellement, des Pays non-alignés mais dans la réalité, c’était tout autre. Exemple : la Guinée était une des têtes de nœud de ce mouvement, mais elle était bien alignée derrière Moscou et Pékin. Même si le Responsable suprême de la Révolution, lors de son « offensive diplomatique » avait déclaré le contraire pour les besoins d’une nouvelle cause, il n’avait convaincu que peu de monde, les « rouges » de l’Est ne le croyaient pas et les Occidentaux, les « bleus », non plus.

Voilà que Alpha Condé, le président guinéen et président en exercice de l’Union Africaine, un autre « rouge fluorescent », il ne s’en cache même pas, réitère la demande mille fois posée mille fois éludée de l’admission du continent au sein du Conseil de Sécurité, non plus un siège, mais deux. Cette demande a été applaudie par tous les prolétaires mais a-t-elle été entendue par les « grands décideurs du monde » ? Rien n’est moins sûr, et pour cause :

L’Afrique est la troisième entité la plus peuplée de la planète, la plus riche en matières premières, la plus endettée, la plus mal gérée, la plus riche en guerre, la plus grande demandeuse d’aides militaire, budgétaire, de financement des élections, d’aides… en un mot, c’est la championne olympique en travers et en divisions. Si la demande de Alpha Condé est acceptée d’octroyer deux sièges au Conseil de Sécurité, les fissures seront plus visibles. On prévoit déjà un siège pour les anglophones et un siège pour les francophones, deux mêlées se préparent et bien malin qui dirait quoi que ce soit de potable dans ces deux mêlées.

En dehors de tout ce peu énuméré comme handicaps, on se demande si l’Afrique paie à temps toutes ses cotisations, on pose cette question puisque le Mali a mis un petit micmac de paiement d’arriérés de cotisations de l’ONU sur la place publique.

Avec le prélèvement des O,2% des importations commerciales en vue de financer l’Union Africaine, ça va être autre chose. Quel est le quota pour les membres de l’Assemblée Générale et quel est le quota pour les membres permanent du Conseil de Sécurité ? Le moins payant ne peut pas être le plus disant.

Être membre du Conseil de Sécurité signifie être détenteur du droit de veto, l’on craindrait que ce droit soit « bradé » par de nouveaux détenteurs intempestifs et sans droit de veto, siéger parmi les cinq ressemble à de la figuration.

Pour que l‘avenir de l’Afrique ne soit plus discuté à son insu, il faut qu’elle se prenne en charge, ça veut beaucoup dire qu’elle éteigne tous les foyers de guerres tribales et ethnique à son niveau, et ça veut tout dire politiquement qu’elle parle d’une seule voix et qu’elle ne face plus trop la manche. Mais le G-5 a des difficultés de financement et une campagne de demande d’aide, pour ne pas dire de mendicité, est en cours à l’ONU pour faire face à une bande de terroristes, et certains disent que les présidents des pays africains pauvres et très pauvres et endettés (PPTE), sont parmi les grands millionnaires de ce monde, ça veut aussi tout dire…

L’ONU ne s’est jamais trouvée aussi mal. La guerre froide s’est réchauffée plus que le climat avec l’arrivée de l’Uncle Donald Trump, qui, lui, ne croit pas à ce phénomène mais les « copains « Harwey, Irma, José, le mort-né et maintenant Maria, ou qui là sont en train de le cuisiner pour le convaincre par la force des choses qu’ils sont bien là.

Ensuite, la frime de Donald Trump de vouloir faire peur à tout le monde, en s’attaquant à tout le monde a fini par agacer tout le monde, à commencer par les trublions Nord-Coréens bien soutenus dans l’ombre par les Chinois et les Russes qui prônent que toutes actions entreprises contre la Corée du nord doivent être issues des résolutions de l’ONU, autant dire jamais, puisque le veto est à leur disposition et cela fait bondir Trump de colère pour produire des menaces et patatras verbaux à la pelle, mais plus il en fait, plus les Coréens balancent des pétards dans le ciel.

Les manœuvres américano-sud-coréennes pour montrer les muscles et les manœuvres Russo-Chinoises de l’autre côté de la Baltique montrent à quel point la guerre froide est en train de se réchauffer et dans ce réchauffement, l’ONU n’aura pas besoin de « néophytes » pour faire nombre et foule. Les revendications de Alpha Condé auront très peu de chance d’être examinées avec le sérieux qu’il conviendrait, à moins qu’on ne se trompe.

Moise Sidibé

apr-news.fr

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