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Retrait de pays africains de la CPI : le cri de coeur de Kofi Annan/ce qu’il veut..

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Les pays africains devraient être ceux-là même qui soutiennent la Cour pénale internationale car elle “reste la plus crédible en dernier ressort pour les crimes les plus graves”. Ces mots sont de Kofi Annan, l’ancien secrétaire général des Nations unies.
Alors qu’il accordait un entretien au journal britannique The Guardian, Kofi Annan a vigoureusement défendu la CPI, sujette ces derniers temps à de vives critiques de certains pays africains qui l’accusent de partialité et de promouvoir une justice en défaveur des gouvernants africains.

Depuis, trois pays africains ont quitté la barque de la justice internationale. Il y a d’abord eu l’annonce du Burundi, celle de l’Afrique du Sud et enfin celle de la Gambie qui ont tous notifié leur départ au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

La CPI ne supplante pas les juridictions nationales, elle n’intervient que dans les cas où le pays concerné est incapable ou peu disposé à juger ses propres citoyens. Les Africains méritent la justice autant que n’importe qui d’autre, même si leurs gouvernements ne peuvent pas toujours la leur fournir.

Un argumentaire peu convaincant

Pour M. Annan, cependant, ces prétextes émis par les dissidents ne tiennent pas la route. “Sur les neuf enquêtes ouvertes par la CPI, rappelle-t-il, huit ont été sollicitées par les Africains eux-mêmes”. Six États africains ont notamment fait part de leur propre situation à la CPI et les États africains ont voté en faveur du renvoi devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, des cas du Darfour et de la Libye.

Le Kenya reste le seul pays africain pour lequel la Cour s’est autosaisie. “La CPI s’est impliquée dans ces affaires africaines parce que les autorités nationales n’ont pas mené d’enquêtes sur les crimes massifs commis”, a-t-il expliqué.

En outre, ajoute Kofi Annan, l’Afrique n’est pas le seul domaine d’intervention de la CPI. Il a ainsi souligné qu’elle avait ouvert des enquêtes en Géorgie et concluait des enquêtes préliminaires en Afghanistan, en Colombie, en Ukraine, en Irak et en Palestine.

La justice pour les Africains devrait rester la priorité des États africains comme le suggère Kofi Annan. “La CPI ne supplante pas les juridictions nationales, elle n’intervient que dans les cas où le pays concerné est incapable ou peu disposé à juger ses propres citoyens. Les Africains méritent la justice autant que n’importe qui d’autre, même si leurs gouvernements ne peuvent pas toujours la leur fournir”, a-t-il ajouté rappelant que “la plupart des gouvernements démocratiques du continent défendent la CPI”.

Des “lacunes” à rectifier

Un plaidoyer en faveur de la Cour qui n’étouffe pas pour autant ses désaccords avec l’instance judiciaire. Il note par exemple le fait que sur les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, seuls deux – la France et la Grande-Bretagne – sont signataires du traité de Rome, texte fondateur de la Cour. Mais de son avis, ce sont justement ces “lacunes” qui doivent justifier le soutien à la CPI afin qu’elle puisse les rectifier.

“L’Afrique veut cette cour. L’Afrique a besoin de cette cour. L’Afrique devrait continuer à soutenir cette cour. C’est pourquoi je lance un appel aux gouvernements démocratiques d’Afrique pour qu’ils prennent position cette semaine à l’Assemblée des États parties réunie à La Haye (l’interview a été réalisée avant l’événement, NDLR) pour renforcer la CPI, un jalon historique pour le cheminement de l’humanité vers la justice internationale”, a conclu Kofi Annan.

Africanews

 

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