01212022Headline:

Sanctions contre le Mali: comment Patrice Talon a-t-il osé participer à cette trahison de la CEDEAO?

Le président béninois Patrice Talon fait partie des chefs d’Etat de la CEDEAO qui ont participé au sommet extraordinaire de dimanche qui va précipiter le Mali dans le gouffre plus profond de la crise économique et sécuritaires qu’il vivait déjà. Mais dans quel objectif Patrice Talon a pu participer à ce désastre, lui qui prône l’indépendance et la souveraineté des peuples ?

Tout comme Embalo Sissoko de la Guinée Equatoriale, Patrice Talon a participé à l’isolation du Mali lors du sommet d’Accra qui a sanctionné le pays sahélien de façon plutôt dure, très dure. La fermeture des frontières et le gel des avoirs ou encore l’embargo commercial, sont quelques nouvelles sanctions imposées au Mali dans le seul but de forcer des dirigeants à quitter le pouvoir dans un pays quand même souverain.

Comment Talon a-t-il osé trahir cette confiance porter en lui par, non seulement les béninois, mais aussi plusieurs peuples d’Afrique qui voyaient en l’homme, quelqu’un qui essaie de tenir tête à l’impérialiste ? Question. « …réaliser requiert de la volonté, de l’effort, de la détermination et parfois du temps. Toute chose ayant caractérisé le parcours de ces autres nations développées », disait pourtant Talon le 31 juillet 2021 à la veille de la célébration de l’indépendance du Bénin.

Alors pourquoi ne laisse-t-il pas le temps au Mali ? Le peuple malien ne semble pourtant pas avoir appelé à l’aide contre ses dirigeants actuels, mieux, les maliens semblent même déterminés à soutenir les efforts de leurs dirigeants. Si l’idée est de permettre l’épanouissement des peuples, il faut donc tenir compte du fait que le Mali fait son chemin qui nécessite du temps pour une refondation en profondeur.

Patrice Talon devrait, comme Doumbouya en Guinée, se démarquer de ses sanctions plutôt inutile et meurtrières de la CEDEAO (des klébés de l’occident) et tout au moins tenir compte de ce que veulent les maliens. Talon devrait également écouter son peuple qui, dans les réactions, semble solidaire avec le peuple malien, et se démarquer de Mohamed Bazoum du Niger ou d’Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire qui ont déjà refourgués leurs âmes au « démon blanc » du derrière les océans. Il s’agit de travailler pour le peuple et non de voir qui n’aime pas qui et qui ne veut pas voir qui au pouvoir.

C’est révolu ces temps-là, où l’on dicte au peuple ce qu’il doit faire, même contre son gré, parce qu’un dirigeant « noir » s’est fait réprimandé ou manipulé par un toubabou parisien. « …Nous avons enfin commencé à matérialiser notre indépendance et cet élan, nous le maintiendrons », disait Patrice Talon aux Béninois il y a moins d’un an. Alors pourquoi Talon participe-t-il à couper l’élan des autres à « matérialiser leur indépendance » ?

Il est clair que même s’ils sont des chefs d’Etat et des vieux aux cheveux blancs, les dirigeants de la CEDEAO qui pensent avoir la science infuse de la gestion des peuples, n’ont en réalité, que la science infuse de l’obéissance aveugle à un maitre « blanc ». La CEDEAO ne doit pas disparaitre, mais la CEDEAO doit être réformée pour que ce ne soit pas que les dirigeants qui tranchent au non des peuples selon leurs objectifs personnels.

Melv

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