06272022Headline:

Sécurité: « Faire former des soldats par une armée étrangère est une grosse erreur de nos dirigeants »

Faire former des soldats par une armée étrangère est une grosse erreur de nos dirigeants, qui n’ont toujours pas compris que l’Ouest n’a jamais envisagé d’aider l’Afrique de quelque manière que ce soit. Tout n’est que ruse et hypocrisie.

Non seulement cela met en danger leur propre sécurité et leur pouvoir en raison des amitiés qui se créent entre les militaires et les anciennes puissances qui tôt ou tard retourneront leur veste en les traitant de dictateurs, et les feront destituer par ces Judas-là, mais surtout nos responsables devraient se poser trois questions fondamentales:

Primo: Que nous a apporté l’aide militaire occidentale en Afrique depuis 60 ans?

La réponse est sous nos yeux: Encore plus de violence. Davantage de sang. Davantage de guerres. C’est un paradoxe colossal d’avoir reçu du soutien étranger et d’avoir vu les conflits augmenter considérablement au lieu de diminuer. La conclusion logique est donc que l’Occident n’est pas la solution à ces guerres, il en est LA CAUSE.

Si la France est au Mali, en RCA ou ailleurs, c’est pour le sous-sol, Et rien que. La déstabilisation de la Libye qui a conduit à l’embrasement du Mali nous restera à tout jamais en travers de la gorge, et il est temps que la naïveté et la bêtise des Présidents africains diminue un peu. L’Histoire de l’Afrique se répète et tourne en rond comme une boucle autoroutière.

Secundo: le chat apprend-t-on au chien à aboyer ?
Par quel miracle ceux qui ont grandi dans le printemps et la neige viendront nous apprendre à combattre dans la canicule de la savane et la rigueur de la steppe aride où nous sommes pourtant nés? Le chat apprend-t’il au chien a aboyer? Qui a mis dans la tête des Africains que l’Européen lui était supérieur même sur son propre terrain?

Lorsque l’empereur Éthiopien Menelik II vainquit l’Italie lors de la bataille d’Adoua en mars 1896, eut-il recours à une formation étrangère? C’est une aberration supplémentaire qui permet juste a l’Occident de renflouer ses caisses, étant donné que ces formations d’ »aide » sont loin d’être gratuites.

Tertio: quel est finalement notre joker ?

Comment veut-on bâtir le développement avec une armée qui a copié les techniques des autres et ne dispose pas de propre stratégie de défense? Si c’est la France qui vous forme, cela veut dire qu’elle connaît vos tactiques dans les moindre recoins. Vous n’avez aucun secret pour elle et en cas de conflit avec un de ses alliés, elle lui dévoilera vos techniques. Comment espère-t-on devenir un peuple puissant si nos défenses sont connues de tous? Ceci n’est rien d’autre qu’une manœuvre de contrôle et de recolonisation voilée.

La solution s’impose alors d’elle-même. Il faut développer sa propre stratégie de défense, propre aux paradigmes nationaux de chaque Etat, ou bien à l’échelle de l’Union Africaine. Etre des éternels assistés nous fait combattre avec les méthodes des autres et nous met a découvert face à notre ancien maitre puisque c’est lui qui nous a tout appris.

Le pire c’est que lorsqu’il s’agit d’Afrique, tout le monde devient un expert de la chose. La France, les USA et la Grande Bretagne incapables de résoudre les problèmes de sécurité sur leur propre sol, se proclament curieusement experts de la sécurité dans des pays qui ne sont pas les leurs. C’est une autre aberration.

Conclusion: ce n’est pas par infériorité que l’Afrique reçoit des leçons de l’Occident, mais par complexe d’infériorité. Ainsi, au lieu de développer des stratégies militaires personnelles en secret comme le font les Chinois et être imprévisibles, nos chefs suprêmes préfèrent parapher des accords dits « de coopération », qui sont en fait la preuve que l’esclave d’hier est fier de sa condition inchangée.

Et ceux qui croient à un avantage du fait du « transfert de technologie militaire », doivent savoir que non seulement un pays ne forme pas un autre à fabriquer les armes qu’il possède, mais surtout il ne lui dévoile jamais ses stratégies de combat les plus intimes. Il se contentera de dévoiler le strict minimum susceptible de repousser les assaillants, mais à aucun moment nos soldats n’auront accès aux méandres de la formation, conformément à la devise: « Un guerrier ne dévoile jamais toutes ses cartes et garde toujours un atout dans sa manche ».

C’est d’ailleurs pour ça que les voitures de fabrication chinoise peinent à s’imposer en Europe et en Amérique malgré le prétendu transfert de technologie qui lui aussi, connaît ses limites. La copie ne sera jamais un original.

L’Occident ne devrait plus perdre sa salive face aux conséquences des conflits qu’il a lui-même causé. La logique du pompier incendiaire doit disparaître. Le meilleur moyen de coopérer avec l’Afrique pour la paix, c’est de s’attaquer aux causes des conflits. Ce que l’Ouest n’est et n’a malheureusement jamais été prêt à faire. Alors c’est à l’Afrique et à elle seule de financer, de former, et de gérer ses soldats. Elle en à les ressources économiques, humaines et intellectuelles.

Melv

Comments

comments

What Next?

Recent Articles