06272022Headline:

Sénégal: colère après la mort de onze bébés lors d’un incendie dans un hôpital

Pour l’opposition et la société civile, cette tragédie remet en lumière les carences du système sanitaire du pays. Le président Macky Sall a fait part de sa « consternation », et exprimé sa « compassion à leurs mamans et leurs familles ».

Le drame s’est déroulé au sein de l’hôpital de Tivaouane, structure inaugurée récemment, d’après la presse locale. Le député-maire de la ville, Demba Diop, a déclaré à Guillaume Thibault, du service Afrique de RFI, que l’incendie a été causé par « un court-circuit et qu’il s’est propagé très vite ». L’élu a également indiqué que dans leur fuite, les infirmières du service de néonatalogie « ont sauvé trois bébés ».

C’est l’oxygène qui a amplifié l’incendie, de telle sorte que personne n’a pu réagir. Cela a été très rapide.

Demba Diop, député-maire de Tivaouane

Guillaume Thibault

Devant l’hôpital, c’est la désolation pour les familles. « Jusqu’à présent, je ne suis pas montée pour constater les faits. Mon enfant a été baptisé seulement hier. Il n’avait que neuf jours. Il y avait beaucoup d’enfants et ils en ont sorti aucun. Toutes les mamans sont là, désespérées. Au moment où ils allaient sur les lieux pour ouvrir, il se trouvait que l’incendie avait déjà tout ravagé. Tous ont péri dans les flammes ! », témoigne, sous le choc, la mère de l’une des victimes.

Enquête en cours

« Cette situation est très regrettable et extrêmement douloureuse. L’enquête est en cours pour voir ce qui s’est passé » à l’hôpital de Tivaouane, a déclaré le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr. En déplacement en Suisse, il a annoncé son retour immédiat au Sénégal.

L’enquête sur cet incendie a débuté au cœur de la nuit en présence du ministre de l’Intérieur, Antoine Diome. Les équipes scientifiques ont effectué les premières constatations. Le personnel présent a également évoqué un court-circuit qui a entraîné un violent incendie, visiblement amplifié par les produits hospitaliers.

En déplacement officiel en Angola, le président Macky Sall a exprimé sur les réseaux sociaux « sa profonde compassion » aux mères et leurs victimes. Ce jeudi, la présidence sénégalaise a annoncé un deuil national de trois jours.

Les puissantes confréries religieuses, notamment tidiane, ont aussi présenté leurs condoléances, apporté leur soutien aux familles et envoyé d’importantes délégations sur place.

Le système de santé sénégalais est donc une nouvelle fois pointé du doigt. « Nous espérons que toutes les mesures seront enfin prises pour que ce genre de drame ne survienne plus, plus jamais ça », écrit la coalition d’opposition Yewwi Askan Wi dans un communiqué, rapporte notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac. Elle a aussi annoncé suspendre ses activités durant 72 heures.

Seydi Gassama, responsable de la section sénégalaise d’Amnesty International, appelle le gouvernement à mettre en place « une commission d’enquête indépendante pour situer les responsabilités et sanctionner les coupables à quelque niveau qu’ils soient dans l’appareil d’État ».

Ce drame en rappelle malheureusement d’autres. En avril 2021, quatre nourrissons avaient péri dans l’incendie de l’hôpital de Linguere, au nord du pays. Le maire de la ville avait alors parlé d’une défaillance dans le système de climatisation. Au début du même mois, une femme enceinte de neuf mois était morte à Louga (nord) après avoir attendu la césarienne qu’elle réclamait.

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