01282022Headline:

Soudan: une révolution pour rien?

Au Soudan, l’armée a repris le 25 octobre 2021 les rênes du pouvoir qu’elle partageait avec les civils depuis la chute du dictateur Omar el-Béchir en 2019. Ce qui apparaissait peut-être de l’extérieur comme un exemple de transition vers la démocratie a volé en éclats. Le général Abdel Fattah al-Burhan a décrété l’état d’urgence, dissous les autorités de transition et fait arrêter la plupart de ses membres civils.

La rue, elle, refuse de se voir confisquer sa révolution. Les Forces de la liberté et du changement, fer de lance de la contestation anti-el Béchir ont lancé un mot d’ordre de grève générale, très suivi. Les manifestations anti-coup d’État sont réprimées sans état d’âme par les forces armées. Bilan jusqu’à présent : une douzaine de personnes tuées par balle et quelque 300 blessés, selon le syndicat des médecins pro-démocratie.

Pourquoi la révolution de 2019 se solde-t-elle par ce retour à la case départ ? Le partenariat entre civils et militaires était-il condamné d’avance ? Face à des manifestants résolus qui exigent un pouvoir 100% civil, l’armée peut-elle faire marche arrière ? Comment se positionnent les puissances régionales par rapport à ce coup d’État ? Alors que les tentatives de médiation se multiplient, quel scénario de sortie de crise peut-on envisager ?

Melv Le Sage

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