06302022Headline:

Tchad: après les affrontements de Kouri Bougoudi, Mahamat Idriss Deby annonce des mesures

Au Tchad, le président du Conseil militaire de transition s’est exprimé jeudi soir sur les affrontements qui ont causé la mort d’une centaine de personnes dans la nuit du 23 au 24 mai sur le site aurifère de Kouri Bougoudi, dans l’extrême nord du pays à la frontière libyenne. Dans un entretien diffusé sur les chaînes publiques, Mahamat Idriss Deby a déclaré que « ce qui s’est passé est à Kouri Bougoudi est plus grave qu’un “simple conflit intercommunautaire” » avant d’ajouter que l’État Tchadien prendra ses responsabilités.

Cette prise de parole était attendue car le président s’était rendu à Kouri Bougoudi il y a une semaine. Mahamat Idriss Déby décrit la gravité de ce qui s’est passé dans cette zone de montagnes en plein Sahara.

« Égorger des gens, brûler des personnes, c’est un phénomène nouveau qui est arrivé dans notre pays. Il y eu des morts parmi les Tchadiens, mais aussi des Mauritaniens, des Algériens, des Nigériens. Quand un brun trouve un noir, il l’assassine, et quand un noir trouve un brun, il l’assassine… C’est un conflit de race ».

Le Tchad n’avait pas de contrôle sur ce territoire, reconnaît le président tchadien qui annonce une reprise en mains. « Nous avons effectué plusieurs opérations de déguerpissement, mais malheureusement, ça a toujours été un échec. Maintenant, nous avons pris des mesures drastiques : le ministre des Finances est déjà là, le ministre des Mines est déjà là ; ils vont installer des comptoirs qui permettront de légaliser l’orpaillage. »

Avec un potentiel minier estimé à plus de 50 milliards de francs CFA par semaine, selon le chef de l’État, le site de Kouri Bougoudi passera désormais sous contrôle du service public tchadien qui installera des services sociaux de base, a ajouté Mahamat Idriss Déby.

Des services sociaux de base dans une zone hors de contrôle pendant des années
Kouri Bougoudi a longtemps été un « no man’s land », la région étant restée hors de contrôle pendant de longues années. Les orpailleurs étaient le plus souvent armés afin de se défendre en cas d’affrontements. Mais la situation semble changer depuis le drame du 23 mai, quand une simple dispute entre deux orpailleurs a abouti à la mort d’une centaine de personnes.

Dès lors, la présence de l’armée a été renforcée sur le site. Des comptoirs seront installés pour gérer l’activité aurifère, qui, selon le président du conseil militaire de transition, génère 57 milliards de francs CFA par semaine.

L’État va aussi installer des services sociaux de base. Mahamat Idriss Déby a annoncé la construction d’un hôpital et l’installation des points d’eau. Cela, car plusieurs orpailleurs ont péri de soif dans cette chaîne de montagnes, située en plein Sahara.

L’installation de tous ces services devrait permettre un retour de la sécurité à Kouri Bogoudi, voir son développement socio-économique. Puisque, a déclaré Mahamat Idriss Déby, l’État du Texas aux États-Unis, ainsi que la ville sud-africaine de Johannesburg avaient eu un passé semblable avant d’être aujourd’hui des villes prospères.

Une zone « difficile à contrôler »
Depuis une dizaine d’années, des dizaines de milliers de personnes venues de tout le Sahel s’y sont installées pour tenter de faire fortune dans l’orpaillage clandestin. Selon Jérôme Tubiana, chercheur spécialiste du Tchad, qui a eu l’occasion de se rendre dans cette région, il s’agit d’une zone très « difficile à contrôler », notamment dû à « la frontière avec la Libye ».

Melv

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