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Togo: le sortant Faure Gnassingbé déclaré vainqueur de l’élection présidentielle

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Au pouvoir depuis 2005, Faure Gnassingbé a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle par la Commission électorale (Céni), selon des résultats provisoires. Le président sortant a obtenu 58,75 % des suffrages contre près de 34,95 % pour Jean-Pierre Fabre, son principal rival. Ils doivent encore être confirmés par la Cour constitutionnelle. Des résultats annoncés au sortir d’une soirée mouvementée à la Céni après la visite éclair des présidents ivoirien et ghanéen.

Le Togo a vécu ce mardi un dénouement assez surprenant à cette élection. Après trois jours de blocage à la Commission électorale, la Céni, les choses se sont accélérées dans la soirée avec l’annonce des résultats. Mais l’opposition parle de passage en force de la part du président de la Céni, Taffa Tabiou. Elle l’accuse en fait d’avoir jeté au panier le processus de vérification des résultats alors qu’il restait encore un tiers des procès verbaux, soit une trentaine de départements, à vérifier. Même le général Sangaré, le chef de la mission de l’Organisation internationale de la Francophonie, l’OIF, qui jouait un rôle de modérateur à la Commission électorale, a semblé surpris par ce dénouement. Il a d’ailleurs lui aussi quitté la Céni l’œil sombre mardi soir, juste avant l’annonce des résultats.

En fait, le général Sangaré faisait le pari, comme l’opposition d’ailleurs, que tout allait se régler dans les vingt-quatre heures après la visite des chefs d’Etat ivoirien et ghanéen, et surtout que l’on allait préserver le consensus, car Alassane Ouattara et John Dramani Mahama ont effectué une visite éclair pour rencontrer tous les acteurs de cette élection, exhorter la Céni à travailler plus rapidement en respectant les délais légaux. Et la Céni avait jusqu’à vendredi pour donner les résultats. Mais pour l’opposition, le président de la Céni, Taffa Tabiou, a confondu vitesse et précipitation. Se faisant, il a donné en quelque sorte à l’opposition un argument massue pour critiquer les résultats. On saura ce mercredi, dans la matinée, ce que Jean-Pierre Fabre, le candidat de CAP2015, chef de file de l’opposition, pense de ce dénouement et si l’opposition reconnaît ou non sa défaite.

Une démocratie loin d’être apaisée

Plusieurs enseignements sont d’ores et déjà à tirer de cette élection. Le premier, c’est que si le vote s’est déroulé de façon satisfaisante samedi dernier et dans un climat apaisé, en revanche l’étape du dépouillement, l’annonce des résultats continuent à donner lieu à des contestations et des divisions. Au Togo, la démocratie n’est pas encore apaisée.

Le deuxième enseignement, c’est que les positions politiques n’ont pas bougé depuis dix ans dans ce pays. Une opposition au Sud et notamment à Lomé incarnée par Jean-Pierre Fabre, héritier de l’Union des forces du changement (UFC) et une majorité au nord du pays symbolisée par le président sortant Faure Gnassingbé.

Mais la surprise du scrutin, c’est la faible participation notamment dans le bassin sud du pays où elle semble plus faible que le taux moyen national de 60 %. Il y a une désaffection des Togolais, on l’a bien sentie durant cette élection, pour la chose politique. Et cela pose un problème pour Jean-Pierre Fabre d’une part puisque le Sud, c’est son fief, mais aussi pour le président qui a été élu par 1,2 million de voix dans un pays de 7 millions d’habitants. On peut considérer que ce n’est pas suffisant.

Cela met en lumière la nécessité de réformes politiques profondes au Togo. Comment convaincre les électeurs de revenir vers les urnes ? Peut-être justement en mettant enfin en œuvre les recommandations du dialogue de 2006. C’est-à-dire la réintroduction d’une limitation des mandats présidentiels, d’un scrutin à deux tours, et peut-être aussi en procédant enfin aux élections locales pour redonner un sens à la démocratie à la base

RFI

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