05222017Headline:

Tous les pro-Compaoré exclus des élections par Conseil constitutionnel du Burkina

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Contrairement à sa promesse de respecter la décision de la cour de justice de la Cedeao, Michel Kafando a choisi le camp des durs de la transition pour exclure tous les partisans de l’ancien régime

Le Conseil constitutionnel du Burkina Faso a invalidé le 25 août 2015, la candidature des proches du président déchu Blaise Compaoré. Durant les cinq prochaines années, ils ne prendront part à aucune élection.

C’est une pilule très amère à avaler pour les proches de l’ancien régime. Depuis le mardi 25 août, ils sont privés d’élections. Le nouveau code électoral dispose, en effet, que tous ceux qui ont soutenu un changement inconstitutionnel visant à empêcher l’alternance politique ne peuvent pas être éligibles aux prochaines élections. Cette loi qui a été attaquée aussi bien au Burkina Faso qu’au niveau de la justice internationale, notamment à la Cour de justice de la Cedeao, n’a pour autant pas fait fléchir les autorités de la transition. Pourtant, par un arrêt qui date du mois de juillet dernier, la justice sous-régionale avait rejeté le nouveau code électoral burkinabé du fait qu’il violait le principe de ” liberté de participer aux élections et d’être élu”.

A la suite de cette décision, le président de la transition, Michel Kafando, avait promis de respecter l’arrêt. Outre la justice de la Cedeao, les partisans de l’ancien régime ont également saisi le Conseil constitutionnel burkinabé. C’est dans l’attente du verdict de cette haute juridiction que plusieurs proches de Blaise Compaoré ont déposé leurs dossiers de candidature pour les prochaines élections. Parmi eux, il y a des noms bien connus comme Eddie Komboïgo, le patron du CDP, l’ancien parti au pouvoir, Djibrill Bassolé, l’ancien chef de la diplomatie, le colonel Yacouba Ouédraogo, le dernier ministre des Sports de Compaoré, candidat pour le compte de l’Union pour un Burkina Nouveau (UBN), ainsi que deux autres ministres, à savoir Toussaint Abel Coulibaly de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation ainsi que Amadou Diemdioda Dicko, ministre délégué à l’Alphabétisation. Aucun de ces pro-Compaoré ne pourra se présenter, ni pour les législatives, ni pour la présidentielle.

Le mardi 25 août, les dossiers de la quarantaine de dignitaires de l’ancien régime ont été rejetés par le Conseil constitutionnel. La décision de la haute cour n’étant susceptible d’aucun recours, on s’interroge sur la réaction des concernés. La Cedeao non plus n’a pas encore réagi, la décision de sa juridiction a été foulée aux pieds par les autorités de la transition, contrairement à leur engagement de respecter la décision de la Cour. C’est le 11 octobre prochain que les Burkinabé iront aux urnes pour élire leur nouveau président. Mais quelle crédibilité donner à ces élections futures qui ne verront pas la participation des membres de la plus grande formation politique du Burkina Faso, à savoir le Congrès pour la démocratie et le progrès de l’ancien président, Blaise Compaoré.

Charles D’ALMEIDA

 linfodrome.com

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