08202018Headline:

Tunisie : Hichem Fourati nommé ministre de l’Intérieur

Le successeur de Lotfi Brahem, limogé le 6 juin, a été nommé mardi par Youssef Chahed, à la surprise des observateurs de la vie politique tunisienne, qui attendaient plutôt des éclaircissements sur la crise ouverte entre la présidence et l’exécutif.

À l’issue de la réunion qui a rassemblé, mardi 24 juillet, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, et les députés de Nidaa Tounes, parti qu’il a créé, les Tunisiens pensaient avoir un éclairage sur la crise entre Carthage et la Kasbah. Il n’en a rien été.

En revanche, le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a provoqué la surprise en annonçant dans la soirée la nomination de Hichem Fourati au poste de ministre de l’Intérieur. Il met ainsi fin à l’intérim assuré depuis le 8 juin par Ghazi Jeribi, ministre de la Justice.

Une nomination de consensus
Hichem Fourati est bien connu des sécuritaires. C’est un homme de la maison qui y a fait ses premières armes en 1996 en tant que conseiller des services publics. Formé à l’Ecole nationale d’administration à Tunis, il a également été secrétaire général au gouvernorat de Zaghouan (Nord Est), en 2008, puis gouverneur de Monastir (Est), en 2011.

Chef de cabinet au ministère de l’Intérieur depuis 2015, il a eu l’occasion de côtoyer Youssef Chahed quand celui-ci était titulaire du portefeuille du Développement local en 2016.

Son nom avait fuité ces derniers jours. Le successeur de Lotfi Brahem, limogé le 6 juin, était présenté comme l’un des favoris d’Ennahda pour « sa bonne connaissance des dossiers, et sa capacité à assurer la continuité du travail ».

IL RESTE À HICHEM FOURATI À OBTENIR LA CONFIANCE DE L’ASSEMBLÉE DES REPRÉSENTANTS DU PEUPLE

Il est surtout réputé pour sa discrétion, son efficacité et son indépendance ; des qualités qui rendent sa nomination difficilement contestable, tant par la classe politique qu’au sein dfu département lui-même, où l’on considère cette désignation comme une promotion interne.

Moment critique
Elle intervient deux semaines après l’attentat de Ghardimaou et dans un moment critique qui voit la crise politique et économique se traduire par des tensions entre la présidence et l’exécutif.

Il reste à Hichem Fourati à obtenir la confiance de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), à moins que ce vote ne soit l’occasion pour l’ARP de vouloir entendre le chef du gouvernement, comme elle le souhaite depuis plusieurs semaines. Dans ce cas, la confiance accordée à Fourati symboliserait le renouvellement de celle concédée à Chahed.

 

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